‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1- (volume 2)Chapitre 55 sur 166 · DIX-SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DIX-SEPTIÈME LEÇON

De risolement dans le traitement de l'hystérie *

SoMUAiRE. — Détails rétrospectifs sur une petite épidémie d*hystérie. Le traitement doit comprendre deux points. — A. Traitement psychique ou moral : 1* Eloignement du lieu où s*est développée l'hystérie; 2« Séparation respective des personnes atteintes; 3o Suppression de toutes visites 4e la part des parents ou amis.

B. Traitement médical : 1« Modifier la diathèse, s'il en existe une ; le rhumatisme, par exemple; 2o Ëlectrisation statique ; 3« Hydrothérapie méthodique.

Influence prépondérante de Vlsolement, — Exemples. — Le traitement a été adopté et non inventé en Allemagne et en Angleterre.

Messieurs,

Avant de revenir au sujet principal de nos études actuelles, je crois utile de vous donner des nouvelles de ces trois enfants d'une même famille que je vous ai présentés le 19 décembre dernier. Je n*ai pas Tintention de vous retracer à nouveau l'histoire de cette petite épidémie d'hystérie, développée sous Tinfluence des pratiques du spiritisme; vous en trouvey rez tous les détails consignés dans une précédente leçon. l\ me faut seulement relever quelques particularités propres à vous remettre en mémoire l'état de ces enfants, à l'époque où ils furent présentés, afin que vous puissiez mieux juger aujourd'hui les modifications qui se sont produites chez eux, sou^:

f . Leçon recueillie par M. Gilles db la Toihette {Pi ogres médical, 28 fé- Trier 1885;.

ENSEMBLE TnÉRAPEUTIQUE ?3Î>

rinflusnce des mesures que nous avons prises et du Iraîlement que nous avons institué.

La famille, je viens de vous le rappeler, se compose de Irois ^ enfants : deux garçons et une fille. C'est chez celte dernière, âgée de treize ans et demi, que TafTection a débuté, le 28. août 1884, à la suite d'une séance de spiritisme, qui s'était prolongée de neuf heures du matin à sept heures du soir, et dans laquelle Julie avait joué le rôle actif de médium. A la fin de la séance, étaient survenues chez elle des crises convulsives, qui ^ se renouvelèrent 15 à 20 fois par jour, jusqu'à l'admission de toute la famille à la Salpôtrière, le 9 décembre 1884. C'est qu'en effet, les deux frères avaient suivi le mauvais exemple que leur donnait leur sœur aînée et, le 15 novembre, le plus jeune des deux, François, âgé de onze ans, six semaines environ après la fameuse séance de spiritisme, qui, du reste, jne ,j^ ^ / al'avait nullement impressionné, était pris d'une crise hystérique délirante, alors qu'il était encore cloué au lit par une at- ^ / *• taque de rhumatisme. Deux jours plus tard, le 17, l'aîné des garçons, JacqueSy avait à son tour des crises délirantes avec hallucinations.

A partir de cette époque, les trois enfants ne peuvent plus se rencontrer dans la maison sans avoir des attaques. La fillette commençait, ses frères suivaient son exemple, et cela plusieurs fois par jour ; la situation n'était donc plus tenable. C'est alors que les parents nous prièrent d'intervenir et que nous leur proposâmes de prendre leurs enfants dans notre service, ce qu'ils acceptèrent.

La proposition que je faisais aux parents contenait ellemême une série de considérations thérapeutiques que je dois

â40 INSUFFISANCE DU BROMURE

mainlenant vous exposer. L'admission à rhospice me permettait de réaliser :

. •'-♦^ Uéloignement des malades du lieu où leur maladie s'élait

déclarée ;

Vabsence du père et de la mère devenus eux-mêmes très nerveux, et dont la présence devait, d'après mon expérience , antérieure, déjà ancienne sur ce point, enrayer tout traitement; — La séparation respective des trois enfants.

La fillette, en effet, fut placée dans une des salles de femmes de notre Clinique ; les deux garçons s'en furent dans Tunique salle d'hommes que nous possédions à cette époque. L'isolement respeclif des trois malades n'était donc pas tout à fait complet : nous avions tout au moins supprimé la cohabitation. Telles devaient être, à mon sens, les conditions fondamentales du traitement : les parents consentirent à ne voir leurs enfants qu'avec mon autorisation, et je crus pouvoir leur annoncer que, vraisemblablement, dans quelques mois, nous pourrions les leur rendre complètement guéris.

Voici quel était le côté moral ou psychique du traitement proposé ; nous comptions, bien entendu, mettre également en œuvre le traitement me(/<ca/ proprement dit : les enfants qu'on nous^ confiait étaient tous les trois p&les et anémiques, nous devions donc leur administrer les reconstituants parmi lesquels les amers et les ferrugineux tiennent la premièn^ place. On pouvait également chercher à modifier la dia« thèse rhumatismale, très accentuée tout au moins chez Tun d'eux.

Pour ce qui est des agents qui s'adressent particulièrement à l'état hystérique, nous comptions mettre en œuvre le traitement par Vélectrisation statique^ qui nous rend journellement, dans ces cas, de grands services, & défaut surtout de V hydrothérapie méthodique^ notre établissement hydrothéra-

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