FRÉQUENCE DE L*HYSTÉRIE MALE
disais tout à Theure quUl y a quatre ou cinq ans M. Klein, dan» sa thèse, avait réuni 80 cas d*hystérie chez l*homme ; voici qu*aujourd*hui M. Batault qui prépare, dans noire service, un travail spécial sur ce sujet, a pu rassembler 218 cas du même genre dont 9 appartiennent à notre clinique *.
L'hystérie m&le n'est donc pas, tant s'en faut, très rare. Eh bien ! messieurs, si j'en juge d'après ce que je vois chaque jour parmi nous, ces cas-là sont bien souvent méconnus, même par des médecins très distingués. On concède qu'un jeune homme eSëminé puisse après des excès, des chagrins, des émotions profondes, présenter quelques phénomènes hyslériformes ; mais qu'un artisan vigoureux, solide, non énervé par la culture, un chauffeur de locomotive parexemple, nullement émotif auparavant, du moins en apparence, puisse, à la suite d'un accident de train, d'une collision, d'un déraillement, devenir hystérique, au même litre qu'une femme, voilà, paraît-il, qui dépasse l'imagination. Rien n'est mieux prouvé, cependant, et c'est une idée à laquelle il faudra se faire. Cela viendra, comme pour tant d'autres propositions qui sont aujourd'hui établies dans tous les esprits à Télat de vérités démontrées, après n'avoir rencontré pendant longtemps que le scepticisme et souvent l'ironie.
Il est un préjugé qui, sans doute, contribue beaucoup à mettre obstacle à la diffusion des maladies relatives à Thystérie chez l'homme : c'esl l'idée relalivement fausse que l'on se fait en général du tableau clinique de celle névrose chez la femme. Chez le mâle, en effet, la maladie se présente souvent comme une affection remarquable par la permanence et la ténacité des symptômes qui la caractérisent. Chez la femme, au contraire, — et c'est là sans doule ce qui semble faire la différence capitale entre les deux sexes, pour qui ne connall pas à fond la maladie chez la femme, — ce que l'on croit ôtre le trait carac-
!. E. BatauU, Coninbution à Vétude de Vhystérie chez thomme.