TÉNACITÉ DES STIGMATES
lérisiique de Thyslérie, c'est Tinslabililé, la mobilité des symptômes. Dans l'hystérie, dit-on alors, en se fondant naturellement sur des observations prises chez la femme, les phénomènes «ont mobiles, fugaces et la marche capricieuse de Taffection €st fréquemment interrompue par les coups de théâtre les plus inattendus. Eh bien ! messieurs, celle mobilité, cette fugacité n'est pas, tant s'en faut, je vous l'ai montré par de nombreux exemples, un caractère univoque de la maladie hystérique, même chez la femme.
Oui, même chez elle, il y a des hystéries aux phénomènes durables, permanents, extrêmement difficiles à modifier et qui résistent quelquefois à toute intervention médicale. Et les cas de ce genre sont nombreux, très nombreux, s'il est vrai qu'ils ne constituent pas la généralité. C'est un point sur lequel je vais revenir. Mais, pour le moment, je me contente de vous faire remarquer seulement que la permanence des symptômes hystériques chez l'homme, leur ténacité empêchent souvent de les reconnaître pour ce qu'ils sont. Les uns, en présence de phénomènes qui résistent à tous les modificateurs thérapeutiques, croiront, je suppose, s'il existe des troubles sensoriels avec crises nerveuses simulant plus ou moins la crise comitiale, à une lésion organique en foyer, à un néoplasme intracrânien, ou s'il s'agit d'une paraplégie, à une lésion organique spinale. D'autres reconnaîtront volontiers et même affirmeront qu'il ne peut être question, dans ces cas, d'une altération organique, mais simplement d'une lésion dynamique ; mais en présence de symptômes dont la ténacité ne se concilie pas avec le schéma, qu'ils ont dans l'esprit, de l'hystérie, ils penseront qu'il s'agit là d'une maladie spéciale, non encore décrite, et qui mérite une place à part.
Une erreur de ce genre me paraît avoir été commise par MM. Oppenheim et Thomsen (de Berlin) S dans un mémoire qui
\,Arch, de WestphaL Bd. XV. Heft 2 et 3. Charcot. Œuvres complètes, r. m, Système nerveux, il