HYPOTHÈSE D*UNE LÉSION CÉRÉBRALE
une lésion limitée étroitement dans les parties antérieures de la capsule et par conséquent les troubles de la sensibilité y feraient défaut.
C'est donc ailleurs encore, plus haut dans l'hémisphère, c'està-dire dans Técorce grise ou les parties immédiatement sousjacentes du centre ovale, qu'il conviendrait de chercher la localisation de la lésion organique supposée.
Une lésion corticale suffisamment étendue et profonde, localisées dans le tiers moyen des circonvolutions médianes (frontale et pariétale ascendantes), a pour conséquence nécessaire une monoplégie brachiale ; cela est aujourd'hui suffisamment établi pour qu'il ne soit pas nécessaire d'argumenter à ce propos, mais il importe de remarquer que l'existence d'une monoplégie pitre^ c'est-à-dire sans participation, à un degré quelconque, du côté correspondant, soit des muscles innervés par le facial inférieur, soit de la langue, soit du membre inférieur, survenant à la suite d'une lésion corticale, est véritablement un fait rare. A peine pourait-on réunir une dizaine de cas de ce genre dans la collection de plus de 230 observations que nous avons rassemblées, M. Pitres etmoi, dans nos travaux relatifs à la question des localisations cérébrales corticales '. Or, dans le cas de notre malade, et c'est là un fait qu'il conviendra de mettre en valeur un instant, il est expressément relevé, qu'à aucune époque de l'afTection, même au début, iJ la face, ni la langue, ni le membre inférieur n'ont présenté le moindre degré de paralysie ou môme de parésîe. Dès l'origine, je le répète, seul le membre supérieur s'est montré atteint.
J'ajouterai qu'une lésion corticale suffisamment accentuée pour provoquer une paralysie aussi complète et aussi durable
1. Charcot et Pitres, Etude critique et clinique de la doctrine des iocali' salions motrices dans Vécorce des hémisphères cérébraux de P homme, {Revue de médecine, 1883, no^ 5, 6, 8 et 10.)