SUGGESTIONS DANS LA CATALEPSIE
ainsi que nous Tavons fait voir, M. Richer et moi ^ Or, c*es( encore au sens musculaire qu'il faut rapporter les phénomènes qui se produisent, quand on actionne par rélectricité les ^yers muscles faciaux de Texpression, suivant les précieuses indications deDuchenne (de Boulogne). Si, chez notre sujet, nous déterminons, par exemple, la contraction de Torbiculaire supérieur des paupières (muscle de la colère, D. de B.), vous voyez le visage se charger de colère ; en même temps le bras droit se place dans une attitude d'agression, le gauche dans une position de défense. Si, au contraire, c'est le muscle grand zygomatique (muscle du rire, D. de B.) qui est excité, Texpression de la physionomie et l'attitude générale correspondante qui se dessinent, sont celles du rire. Ces phénomènes, d*aiUeurs, que je me borne à vous indiquer sommairement, je vous ai, je le répète, depuis longtemps déjà, appris à les connaître'; mais ce sur quoi j'appelle en ce moment tout spécialement votre attention, c'est la façon dont chaque impression ainsi éveillée par l'intermédiaire du sens musculaire, reste en pareil cas limitée à elle-même, sans difiTusion, fixée, pour ainsi dire, pendant un temps qui n'a de borne que la durée môme de l'action musculaire qui maintient les membres dans Tattitude expressive artificiellement produite.
Nous arrivons maintenant à la troisième phase, dite somnambulique^ qui seule nous occupera dans nos études d*aujourd'hui. Il s'agit seulement ici d'un état d'obnubilation, d'engourdissement mental plus ou moins accentué. Cette fois encore, sans doute, le réveil déterminé par la suggestion reste
i. J.-M. Cliarcot and P. llichcr, Ao/e on certain fuels of cérébral aul*^tnatism, etc. Suggestion by the muscular sensé. {Journal of Nervouê and mental Disease. Vol. X, n« 1. january, 1883.) — Voir aussi Bertrand : Deux lois psijcho'phijnotogiques. [Revue philosophique ^ p. 244, 245, no 3, mars 18S4 ; — Bourneville et P. Ileynard, Icon.phot. de la Salpétriére, 1879, Ilf, p. 149^.
'2. J.-M. Charcot, Lezioni cliniche, loc, cit,j p. 103.
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partiel ; mais le nombre des éléments mis en jeu est moins limité que dans le cas précédent, et souvent il se produit une diffusion des phénomènes psychiques provoqués, assez étendue pour qu'il se manifeste une certaine tendance à la reconstitution du moi. Aussi voit-on alors, assez fréquemment, Tinjonction, la suggestion devenir Toccasion d'une certaine résistance, de la part du sujet. Il cède, dans tous les cas, et se soumet, pour peu qu'on insiste. Toutefois ce n'est pas toujours sans discussion préalable. Ajoutons que les mouvements en rapport avec les idées suggérées sont, en conséquence, souvent très complexes ; ils n'ont plus ce caractère de précision mécanique qu'ils présentaient dans la forme précédente et ils prennent au contraire, jusqu'à faire illusion, les allures d actes volontaires, plus ou moins prémédités.
D*ailleurs, dans cette période somnambulique, tous les sens sont ouverts et l'on peut dire même que, si la conscience est déprimée, la sensibilité aux impressions communiquées se trouve, au contraire, exaltée. Il devient facile, par conséquent, d'entrer en relation, par des procédés très divers, avec la personne hypnotisée. Lui présente-t-on avec insistance un objets la simple vue de celui-ci réveillera en elle un certain nombre d idées en rapport avec la nature de l'objet, et ces idées s'objectiveront en quelque sorte fatalement, sous la forme d'actes correspondants ; ou bien encore si, par des gestes significatifs, on figure dans Tespace soit un objet, soit un animal, cet animal, cet objet imaginaires, prendront aux yeux de l'hynoptisée une existence réelle au point de mettre enjeu la série correspondante d'idées et de mouvements : enfin, et d'une façon plus parfaite encore, la suggestion pourra s'effectuer à Taide de la parole, soit seule, soit, mieux encore, associée aux gestes.
En voilà assez. Messieurs, pour vous rappeler d'une façon
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très générale quels sont, dans la période somnambulique, les grands caractères des phénomènes de la suggestion hypnotique, et comment, dans ce domaine, notre puissance ne rencontrera guère de limites ; car, en réalité, nous pouvons faire varier notre action, presque àTinfini. Aussi ne vous élonnerez-vous point de voir qu'en inculquant à un sujet somnambolisé ridée d'un état morbide, par exemple de Tioipuissance motrice d'un de ses membres, cette paralysie se réalisa en effet, objectivement, s'ofirant ainsi à nos investigations cliniques.
J'ajouterai, et c'est là un point qui nous intéresse au premier chef, que cette paralysie que nous aurons faite par voie de suggestion, nous pourrons, à notre gré, en modifier le degré, les caractères mêmes jusqu'à un certain point, la défaire enfin, également par suggestion. On prévoit aisément, d'après cela, que Tétude de ces paralysies artificielleoQent provoquées puisse être appelée à éclairer d'un jour nouveau l'histoire du groupe tout entier des paralysies psychiques.
Après ces préliminaires, procédons à la démonstration des faits. Cette jeune fille hystérique, la nommée Greuz.. ., que j'ai fait placer devant vous, présente du côté gauche une hémianesthésie complète, très régulière ; au contraire, il n'existe du côté droit aucun trouble appréciable de la sensibilité. Nous pourrons donc de ce côlé observer aisément les perturbations subies par la sensibilité, dans ses différents modes, pendant l'évolution des troubles de la motililé que nous allons provoquer. Je vous ferai remarquer en passant que cette jeune malade n'ayant été soumise encore que quatre ou cinq fois aux pratiques de Thypnotisme, il ne saurait être question chez elle de cette espèce d'entraînement qui se produit d'ordinaire chez