‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 105 sur 230 · ARTHRITE SCROFULEUSE · texte numérisé non relu

ARTHRITE SCROFULEUSE

sur les carlilages diarthrodiaux, des ulcérations centrales, taillées abruptement comme avec un emporte-pièce, et des ulcérations périphériques. Il n'y a pas de bourrelets osseux, ni d'ankyloses celluleuses, mais on trouve une raréfaction très prononcée du tissu osseux. Mais ce qui caractérise essentiellement cette arthropathie, c'est l'existence d'une couche de tissu conjonctif qui recouvre le cartilage diarthrodial dans toute son étendue ; cette membrane peut aisément se détacher des surfaces sous-jacentes, et l'on trouve alors le cartilage dont les cellules ont subi dans les chondroplastes la dégénération graisseuse. Cette membrane est souvent pénétrée d'arborisations vasculaires, qui s'avancent parfois vers les parties centrales ; il est probable que les cas de vascularisation des cartilages, qui ont été signalés par certains auteurs, s'expliquent de cette manière. J'ai pu constater ces lésions chez les sujets frappés depuis longtemps d'hémiplégie ou de paraplégie, surtout aux parties qui restent découvertes, lorsqu'il existe une déformation articulaire.

Vous savez que certaines de ces altérations se trouvent combinées avec celles de l'arthrite déformante, dans le cas où les articulations sont condamnées à un repos absolu. Au reste, il faut reconnaître que c'est là une question importante, mais encore peu étudiée et qui réclame de nouvelles recherches.

2* Arthrite fongueuse ou scrofuleuse, — Les recherches de M. Ranvier (1) établissent que l'arthrite fongueuse se sépare profondément de Tarthrite sèche, même au point de vue des lésions élémentaires. C'est ce que démontre Tétude des lésions qui caractérisent cette maladie. Pour ce qui concerne les os et les cartilages, dans l'arthrite déformante, il y a proli-

1. Ranvier. — Des altérations histolofjiques du cartilar/e dans les tumeurs blanches. Paris, 1866.

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féralion des éléments cellulaires; dans Fiurtfarite fosgc^use, au conirmre ; ces éléments sont frappés de mort et solnssent la dégénératton graisseuse, comme on le voit dans les os et les cellules de cartilages. D'ailleurs, à une époque plus avancée de la maladie, la distinction s'accuse de la naanière la plus évidente : Tarthrite fongueuse donne lieu à des végétations des os et des membranes synoviales, avec destracfîon et résorption des cartilages ; puis survient la carie ou la nécrose des os, et en dernier lieu, on voit se former des abcès périphériques qui entourent Tarticulation malade.

Fig. 14. — Seetùm perpendiculaire à la surface du cartilage diartkrodial du fémur^ cheM un enfant aiteint d'une tumeur blanche (d'après M. Rautibr).

Les capsules de la surface contieniient chacune une petite masse constituée par Âes granulations accumulées dans les corpuscules cellulaires. Cest là

raltération du cartilage au début de raffcction.

Il existe cependant des analogies entre ces deux affections. Dans certains cas d'arthrite scrofuleuse, il y a prolifération active des éléments du cartilage ; mais ce phénomène est secondaire. 11 se produit quelquefois aussi des stalactites osseuses, mais elles sont très vasculaires (Billroth) ; elles diffèrent profondément des stalactites épaisses, à bords mousses, ayant la forme de gouttes de suif et généralement peu vasculaires, qui caractérisent Tarthrite déformante. Ainsi les lésions élémentaires de ces deux affections diffèrent les imes des autres; mais il existe des cas mixtes oîi elles peuvent se trouver réunies.

3"" Passons maintenant aux arthropathies syphilitiques. Il est extrêmement probable que sous cette dénomination, on a

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plus d'une fois décrit les rhumatismes, soit aigu, soit chronique, chez les sujets syphilitiques; car ces deux dîathèses sont loin de s'exclure réciproquement. Cependant, quelques particularités cliniques et l'influence décisive du traitement spécifique, dans certains cas où le prétendu rhumatisme traînait en longueur, ont conduit quelques médecins, parmi lesquels nous citerons Babington, Boyer et H. Lancereaux (1), à penser qu'il existe réetlemeut des arthropalhies spéciales, relevant directement d'une infection vénérienne.

Fig, 15, — Seelion d'wi cartilafie aouiltur, perpendiculairement à la êurfaee nrlicalaire (d'iprèi M. ConMc).

p. Surface articulaire.

G, n Qroupe do cellules cartilagineuses înnitrées et liérissées de criataux

■oyeiu d'uratede soude. o. Capsule cartilagineuse normale, contiguS k dca cristaux forméa dans la

lubilance foadamealale du cartilage. (Grossissement de 300 diamètres.)

M. Lancereaux, auquel on doit un travail approfondi sur cette matière, s'est attaché à décrire avec soin les lésions articulaires de la syphilis. 11 en distingue deux espèces : 1" les ar/Aro/KKAiei5eco»rfai>ei', qui ont les allures du rhumatisme articulaire aigu ou subaigu ; 2° les arthropalhies tertiaires, qui

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