Lnnccrcaui. — Trailé de la'Syphilil, 1866, p
190 CARACrÉIES AHATOIIOOES DU RHDMATISIfS
se rapprochent de certaines fonnes du rhumatisme chroniqne ; ces dëroièrea sont les seules qu'il ait été possible d'étudier au point de vue anatomique. Elles débutent dans le tissu ceilolaire sous-synovial et dans le lissu fibreux, et sont caractérisées par la formation d'un néoplasme qui r^pelle absolument les tumeurs gommeases par sa texture et son aspect extérieur.
Dans les cas observés par H. Lancereaux, il n'y avait pas d'altération de la synoviale, cependant les cartilages diarthrodiaux étaient érodés.
Fif. W.—RepréHntaaon,enparlifehématiqii«,d»ladùaoliUieii dttvratm qui ineruitent tme eetlttk tartUagineuae, tout tix/Uunee de Paeide adtique (d'après M. Cornil).
c, Capsule carUlaglncu9c hérissée de cristaux libres.
c', Mfime capsule : les crisiaux sont dissous, et il se forme d'autres cristaui d'acide urique.
c", Capsule dont la membrane apparaît, tandis que la cellule rcsl« encore incrustée.
c"'. Toute la cellule est claire, sauf un petit noyau central.
4" Arthropatbies goutteuses. — Les lésions de l'arthrite déformante présentent assez de ressemblance avec celles de la goutte pour qu'il soit souvent facile de les confondre au lit du malade ; mais, au point de vue anatomique, il n'en est plus de même. On ne trouve jamais la moindre trace d'un dépôt d'urate de soude, soit dans les affections articulaires qui relèvent du rhumatisme, soit dans les autres arthropathies que nous venons d'énumérer.
ARTHROPATHIES GOUTTEUSES 191
L'infiltration uratique du cartilage est donc le caractère fondamental de la goutte articulaire ; en outre, il n'existe ici aucune autre lésion constante du cartilage. 11 n'y a point de segmentation de la substance fondamentale, et de prolifération des cellules, de telle sorte que, si les deux altérations se rencontrent simultanément, il y a évidemment juxtaposition des deux maladies ; elles ne se transforment jamais pour se confondre (1).
On peut considérer les lésions articulaires de la goutte commme le résultat de la présence d'un corps étranger à l'intérieur des tissus : tandis que les lésions du rhumatisme, au contraire, répondent à de véritables altérations des éléments histologiques. Aussi lorsqnoa traite par l'acide acétique un fragment de cartilage enlevé aux surfaces articulaires d'une jointure envahie par la goutte, on voit se dissoudre les cristaux d'urate de soude dont les cellules sont infiltrées ; cellesci reprennent alors leur aspect normal.
Nous croyons avoir établi : 1** l'unité des diverses formes cliniques du rhumatisme articulaire chronique au point de vue de l'anatomie morbide ; 2** l'existence d'une relation incontestable entre les altérations de l'arthro-rhumatisme aigu et celle de l'anthro-rhumatisme partiel ou chronique ; 3° l'existence d'une séparation tranchée, toujours au point de vue anatomique, entre l'affection qui nous occupe en ce moment et les autres arthropathies d'origine constitutionnelle.
Messieurs, dans le cours de cette exposition, une question a dû bien souvent se présenter à votre esprit. Les altérations que nous venons de décrire ont-elles un caractère spécifique ?
1. Charcot et Corail. — Contribution à Vétude des altérations anatomiques de la goutte. {Mémoires de la Société de Biologie, 18(>i. Voir aussi plus loin dans ce volume).
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En d'aulres termes, sont-elles exclusivement propres à la diathèse rliumuliiiiiiule ?
Pour ne parler que de re ([ni fonreme le rliumatismft arliculaire rlironiqui;. nous avonn élé conduits à adraetlpe,m*nu' au point de vue purement anatomique, des distractions Iranl'hées entre leslt'sions articulaires qu'il détermine, et celles qui résultent de la goutte, la scrofule et la syphilis.
Il importe cependant de reconnaître que les lésions élémentaires donl l'eusemble constitue l'arthrite déformante peuvent se rencontrer également dans des cas où la cause rhumatismale ne saurait être invoquée. Ainsi dans \' arthrite fongueuse, la prolifération (ii>s «ipsules et la segmentation du tissu fondamental du curliluge peuvent se [iréseuler çà et là sous l'inlluence du travail inflammatoire qui, à un moment donné, s'empare des divers tissus. La raréfaction et la condensation du tissu osseux aux extrémités articulaires, la foi^ mation d'osléophjles et de liourrelets osseux au pourtour des cartilages diarthrodiaux, se rencontrenLaussi, comme ou sait, dans des atTeclions articulaires qui sont étrangères au rhumatisme. C'est donc l'altéralion simultanée di's diverses parties de la jointure, suivant le mode que nous avons déjà indiqué, et l'extension que ces lésions peuvent acquérir sans se compliquer de suppuration, qui constituent à nos yeux le raraclère analomiçue de cette maladie.
Mais on est amené ici à se demander si une irritation complètement étrangère à la cause interne qui détermine le rhumatisme, — un coup, un choc, par exemple, — peut produire dans une jointure les diverses altérations de l'arthrite déformante.
11 est certain, messieurs, que dans ces conditions on peut rencontrer toutes les lésions que je viens de décrire. Mais en pareil cas, elles se Hmiteul presque toujours aune seule articulation ; et même ici, n'est-on pas autorisé ii faire intervenir