SES DEUX PÉRIODES
do Part, et qui donnent naissance à des infirmités déplorables.
Nous aurons à décrire en premier lieu les arthropathies qui résultent de cette affection, en second lieu, les symptômes qui se rattachent à Tétat général.
ARTHROPATHIES.
A la première période, les phénomènes articulaires, si Ton lait abstraction du siège qu'ils occupent, ne diffèrent en rien de ce qu'ils sont dans le rhumatisme aigu ou subaigu. On constate dans les jointures affectées, la douleur, la rougeur, la tuméfaction et la chaleur, qui caractérisent aussi le rhumatisme aigu ; seulement les accidents offrent ici une moins grande intensité et sont infiniment moins mobiles. Notons d'ailleurs qu'il n'y a point d'œdème ni de desquamation, comme dans la goutte.
Mais à cet ensemble symptomatique, un nouveau phénomène vient souvent se joindre même dès Torigine, phénomène qui, dans la forme aiguë, est loin de se manifester au même degré : nous voulons parler de la rétraction spasmodique des muscles, qui produit une attitude singulière, et quelquefois permanente, des membres affectés.
A la seconde période, des désordres permanents se sont développés. La tuméfaction s'est emparée des parties molles, pour produire tantôt des hydarlhroses, tantôt des épaississements de la synoviale et du tissu sous-séreux ; elle s'est emparée aussi des parties dures, et c'est alors qu'on voit se produire des ostéoïdes, ou corps étrangers, rares dans certaines jointures, plus communs dans d'autres ; des bourrelets osseux qui déforment des tôtes des os ; enfin des subluxations des extrémitésarticulaires.
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La douleur, soit spontanée, soit provoquée, s'établit alors eo permanence ; elle peut occuper rarliculalion elle-même, le corps des os ou les muscles voisins, sous formes de crampes douloureuses.
C'estalors qu'on constate les craquements dus&l'éburDaUoD des surfaces osseuses, si i 'articulation conserve encore une cerlaine mobilité ; mais souvent aussi la rigidité qui résulte de l'aokylose celluleuse, de la rétraction des tissus fibreux, se faitscntir en ce moment. Enfin Ton voit alors paraître les déformations osseuses, suivant certaines lois, certaines règles qui seront étudiées plus loin.
Voyons maintenant quelles sont les jointures affectées de préférence. Nous avons ditque les petites articulations étaient le siège de prÉdilfction de la maladie. Les jointures plus volumineuses ne se prennent que plu» lard, et même, dans le cas d'envahissement général, l'épaule el la hanche sont souvent respectées. Mais il faut ajouter ici que les extrémités supérieures sont presque toujours atteintes les premières : il en est toul autreraentdans la goutte, où les extrémités supérieures ne sonl en général alTeclées qu'en second lieu.
Le mode d'envahissement du rhumatisme noueux offre aussi descaraclôres particuliers. La symétrie est ici la règle, ainsi que l'a fait remarquer Budd ; cette observation a été confirmée parHomberg, elj'en ai moi-même vérifié l'exactitude. On sait que la goutte est loin de suivre rigoureusement une règle pareille. Remarquons toutefois que, dans quelques cas exceptionnels, le rhumatisme chronique est asymétrique : el la rareté du fait nous engage à le signaler. On voit alors un seul côté du corps être frappé d'abord: puis aune époque ultérieure, les lésions articulaires se généralisent.
Il existe une distinction non moins tranchée eiilre la goutte et le rhumatisme noueux, par rapport aux parties qui sont affectées en premier lieu. Dans la goutte, c'est le gros
MODE d'envahissement 235
orteil : dans le rhumatisme noueux, ce sontle plus souvent les articulations métacarpo-phalangiennes de Tindexetdu médius qui sont envahies les premières ; et cela des deux côtés à la fois, conformément à la loi de symétrie que nous venons d'énoncer. N'oublions pas toutefois que le début par une grosse jointure est ici beaucoup plus fréquent que dans la goutte, et que ce fait à lui seul peut souvent venir en aide au diagnostic. Nous allons vous présenter d'ailleurs quelques chiffres à cet égard.
Le début a eu lieu par :
1" Mains et pieds seuls, petites jointures 25 fois.
— — — gros orteil 4 fois.
2* Mains et pieds en même temps qu'une grosse
articulation 7 fois.
3" Une grande jointure d'abord ; plus tard les
doigts , 9 fois.
Examinons maintenant le mode de succession des arthrites, dans le rhumatisme noueux. Le plus souvent, elles se développent de la périphérie au centre : les doigts sont d'abord affectés puis le coude, puis l'épaule. Mais cette succession régulière ne se rencontre guère que dans le cas où l'évolution de la maladie se fait lentement. Chez les jeunes sujets de seize à trente ans, on voit souvent au contraire cette affection se généraliser d'emblée : chez les sujets plus âgés, de quarante à soixante ans, elle suit la marche progressive que nous venons de signaler. Dans le premier cas, la maladie présente une évolution rapide ; dans le second, elle marche lentement. Il n'y a cependant rien d'absolu sous ce rapport, car souvent, à l'époque de la ménopause, on voit les symptômes débuter brusquement, et l'affection prendre d'abord les allures d'une maladie aiguë.
Il nous reste à signaler les déformations des membres qui
23f) PREMIER TYPE
sont la conséquence de re travail morbide. Elles sont surtout prononcées chez les jeunes sujets, lorsqu'il existe des douleurs spasmoiliqueu, et des rétractions musculaires trts prononcées. Il ne s'agit point ici des déformations des jointures elles-mêmes, mais des atlitudes vicieuses qui résultent du changement de rapports qui s'est opéré entre les diverses parties du membre.
Ces difformités sont presque toujours identiques : elles reconnaissent des lois régulières. Pour ce qui concerne les extrémités supérieures, elles peuvent (Mres ramenées à deux types principaux, avec les dérivés secondaires.
Dans l'un et l'autre type, la main est dans une pronalion plus ou moins exagérée. C'esl lii un cH^a^•f^^e qui leur est commun; ils diffèrent sous beaucoup d'autres rapports. Nous allons en donner une description succincte.
Premier type. — C'est celui qu'on rencontre le plus souvent. Il est caractérisé :
{' Par la flexion k angle obtus, droit, ou même aigu, de la phalangette sur la phaluugine :
2* Par l'extension de la phalangine sur la phalange ;
3' Par la flexion de la phalange sur la têle des métacwpiens.
4° Par la flexion, à angle moins obtus, des métacarpiens et du carpe sur les os de l'avant-bras ;
S" Dans un grand nombre de cas. il existe une inclinaison en masse de toutes les phalanges vers le bord cubital de la main, puis une déviation en sens inverse des phalangines sur les phalanges. La première de ces deux lésions est souvent l'une des premières déformations qui signalent le début de la maladie.
Ce type peut offrir deux variétés. Dans la première, la plupart des caractères que nous avons décrits sont conservés ;