‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 131 sur 230 · SYMPTÔMES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

SYMPTÔMES GÉNÉRAUX

urique: j'ai moi-même examiné le sang dans trente-cinq cas de rhumatisme articulaire chronique, sans jamais y trouver la moindre trace de ce principe.

Dans un cas rapporté par Bocker, l'analyse chimique a fourni des résultats très intéressants. Ce fait est cité comme un exemple de goutte, mais il pourrait bien appartenir au rhumatisme noueux : car les extrémités des os étaient gonflées^ ce qui n'a point lieu dans la goutte. Le sang et les urines ont été examinés, et l'on a trouvé dans l'excrétion urinaire une diminution notable de la proportion normale de phosphate de chaux ; dans le sang, au contraire, il existait quatre fois plus de phosphate de chaux qu'à l'état normal. Il parait que le taux normal de l'acide urique n'était pas augmenté : du moins l'auteur garde le silence sur ce point.

B. Au point de vue de la réaction générale et de la marche des accidents, il y a lieu de reconnaître deux formes essentiellement distinctes.

Dans le rhumatisme articulaire chronique à évolution mpw/e, il s'agit habituellement de jeunes sujets, âgés de seize à trente ans ou de femmes en état de grossesse ou depuerpéralité; les émotions morales, l'impression vive du froid,peuvent exercer aussi une certaine influence.

On voit, en pareil cas, un grand nombre de jointures prises à la fois. Les rétractions musculaires sont plus prononcées; les douleurs sont très intenses ; la rougeur, la tuméfaction sont assez vives, et l'afiFection est moins mobile que dans le type opposé.

Les symptômes généraux sont ceux du rhumatisme articulaire aigu ou subaigu ; il y a une élévation marquée de la température, une accélération évidente du pouls, et dessueurs abondantes. C'est surtout dans les cas de cette espèce qu'on rencontre les affections cardiaques.

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Ou pniirrail adiiicllre ici que k; rliumalisme d'abord aigii,1 il pris iiltérieuremeulla forme chrouique : celte opinion sou- i tenuppar divers auleurs peut élrc vraie dans quelques cas. M. le D' Bail m'aprésenlé un malade cliez lequel le» arlicu-^ I lalions iDélacarpo-phalaiigiennes furent envahies dans le] cours d'une attaque de rhumatisme articulaire aigu : il en rè-ij sulta une déviation des doigts vers le bord cubital delamaïa; J v,i cet homme, aujourd'hui rétabli, porte encore cette défor- J mation caractéristique du rliumaUsme noueux.

Noui! croyons toutefois qu'il s'agit ici, le plus souvent, d'un 1 rhumatisme chronique d'emblée, mais doullamarche présente 'j quelques-uns des caractères de l'état aigu.

Aprôs un certain temps, il se développe nue fièvre remit- | tfute, qui ressemble à la Gëvre hectique : ou voit ensuite se | manifester une série d'exacerbations suivies parde longs inler^ J valles de rémission.

Dans les i^as de ce genre, la maladie dure babituellemenl moins longtemps. -Vprès deux, trois ou ([uatre ans, les jointures cessent presque complètement d'étpc douloureuses, elles choses en restent là. Quelquefois même, quand les iléformatîons se sont produites, elles cessent d'exister. Nous avons observé nous-mêmes des faits de celte espèce qui sont malheureusement très rares. C'est ainsi que chezunefemme atteinte d'abord d'un rhumatisme suhaigu fébrile affectant les épaules el les articulations métacarpo-phalangiennes, la rétraction spasmodique des doigts se manifesta trois mois après le début delà maladie : la déformation consécutive persista pendant une année entière, puis le malade guérit.

Dans le rhumatisme chronique à évolution /<?n/e, il s'agiten général de sujets plus ftgés, ayant de quarante à soixante ans: on rencontre souvent cette affection vers l'époque de la méno-

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