MODE DE PRODUCTION DES DÉVIATIONS
douleurs. Elles seraient le résultat d'attitudes prises instinctivement par les malades (Trastour).
Pour moi, je professe une opinion diamétralement opposée. Dans la majorité des cas, ces déformations sont le résultat de contractions musculaires spasmodiques, et pour ainsi dire convulsives. Elles se produisent par une sorte d'action réflexe, dont le point de départ est dans les jointures affectées.
Je n'insisterai pas longuement sur ce sujet. Les arguments que j'ai autrefois exposés, renforcés de ceux de M. Crocq, me paraissent avoir péremptoirement démontré que c'est bien ainsi que les choses se passent.
On peut invoquer à cet égard :
1° La forme même des déviations; ce sont dos attitudes manifestement forcées ;
2* La résistance que les malades opposent à ces rétractions spasmodiques, et qui, tout en demeurant impuissante à les prévenir, suffit pour prouver qu'elles sont involontaires ;
3° L'apparence générale de ces déviations, qui est bien en rapport avec l'idée d'un spasme musculaire : ce sont, en effet, des déviations- d'ensemble, alors même que les jointures mises en jeu ne sont pas toutes affectées ;
4** Enfin, la présence de ces mêmes déformations dans des cas où les jointures ne sont nullement affectées ; on ne peut alors invoquer que la contraction spasmodique des muscles.
Ainsi, dans la paralysie agitante, dans l'atrophie congénitale du cerveau, dans l'atrophie des muscles interosseux, on voit quelquefois les membres prendre des formes qui sont de tout point semblables à celles qu'on observe dans le rhumatisme articulaire chronique.
Il serait d'ailleurs impossible de nier l'existence des causes accessoires à côté de cette cause fondamentale des déformations rhumatismales. Le poids des membres, la laxité plus ou
2ii UnsES AIH^ESSOIRES
ou moins grande des ligaments, contribuent pour une jinrl pins ou moins grande à la production de ces déviations ; mais ces diverses conditions sont insurtisantes pour déterminer de pareils effets sans le concours de la rélraclion musculaire. Ne voyons-nous pas, daas certains cas d'hydartlirose, une laxilé énorme des ligaments des genoux se manifester sans qu'il se produise de déformations consécutives? Le membre reste, au contraire, dans un état de flaccidité complète.
Les déformations que nous venons de décrire ne sont pas, — nous l'avons vu, — exclusivement propres au rhumatisme. Cependant, l'altération des jointures, les craquements, l'hydarthrose, lesankyloses ceiluleuses et la rigidité consécutive des jointures, la symétrie des lésions, distinguent les effets du rhumatisme chronique de ceu\ que produisent la paralysie agitante et divers(?s autres maladies. Mais la goutte donne lieu aux mômes contractions spasmodiques et aux mêmes déviations, Cuilbert avait insisté sur ces rétractions musculaires dans son Tmiie de la Goutte.
Cependant, la présence des tophus, qui accompagnent en général ces sortes de déformations chez les goutteux, est un caractère vraiment spécifique. Chez les rhumatisants, on voit quelquefois des nodosités percer l'enveloppe cutanée; mais la partie mise à nu est de l'os, et non pas un dépôt tophacé, comme dans la goutte.
Symptômeis généraux ; marche de la maladie.
A. V hématologie , l'étude chimique des sécrétions n'ont jusqu'à présent donné que des résultats négatifs.
Musgrave dit que le sang est couenneu-x; il l'est effectivement dansles formes aiguës, mais on n'y trouve jamais d'acide