CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Traitement de la goutte
A. Comidérations générales. — La goutte est une maladie héréditaire constitutionnelle, priraitivement chronique, malgré ses manifestations aiguës.
Mais la goutte est quelquefois aussi une maladie acquise, tantôt par des écarts de régime, tantôt par d'autres causes ; c'est là une sorte de génération spontanée.
On peut en conclure que les modifications hygiéniques ont droit ici à la première place, et que les agents thérapeutiques ne viennent qu'en seconde ligne. C'est là d'ailleurs, ce que l'expérience a depuis longtemps démontré.
Nous ne prétendons point que la maladie soit radicalement incurable ; on possède des exemples deguérison spontanée, mais l'art n'est pas encore parvenu à reproduire avec certitude, les procédés de la nature.
Toutefois, il existe des moyenspropres à jimoindrir les effets du mal, et à en éloigner les paroxysmes ; c'est sur l'ensemble de ces moyens que repose le traitement de l'état constitutionnel dans l'intervalle des accès.
Mais nous avons une mission plus humble, quoique fort utile, à remplir. Les manifestations périodiques, les paroxysmes de la goutte, soit aiguë, soit chronique, sont accompagnées de souffrances exquises et presque insupportables. Peut-on supprimer ces crises de douleur, ou tout au moins en diminuer l'intensité, en abréger la durée ? c'est là ce qui constitue le traitement du paroxysme de la goutte. Occuponsnous d'abord de ce dernier point.
B. Traitement des accès de goutte aiguë et chronique. — Il s'agit ici d'un traitement en grande partie palliatif.
CiiARcoT. (JKuv. oompl. T. VII. Malad. des Vieillards. i8
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Quelques médecins voni même jusqu'à proscrire tous les moyens de soulagement comme dangereux el pernirieux. C'est l'école de Sydenham, qui se place au point de vuelhéologique. " Dotor acerrimum naUtrw pharmnaim, » disait le grand maître. — " La goutte est le meilleur remède de la goutte, 11 a dit Mead. — " Patience el flanelle, n disait CuUen.
Les partisane de l'expectation s'appuient sur le peu d'efficacité des remèdes connus, sur le danger de leur upplicjition. et surtout sur le soulagement éprouvé par le malade après raccès. Maison peut répondre à leurs arguraeuts que l'inertie des hommes instruits ouvre la carrière au\ empiriques. Le médecin s'éloigne du goutteux ; les charlatans s'emparent de lui. ils arrivent avec des moyens de soulagement dont l'efTet est presque instantané el qui, s'ils produisent quelque- Cois de graves uccidenls, sont souvent sans aucun danger réel. Tels sont l'élixir de Reynolds, la liqueur de Laville, le vin d'Anduran, les pilules de Lortîgue, etc., elo.
Or, il parait établi que ces prétendus spécifiques doivent pour la plupart leur efficacité à la présence du riili:hi<fue. Le rôle du médecin est donc d'étudier attentivement les propriétés thérapeutiques de cet agent redoutable, qui tantôt procure au malade un immense soulagement, sans aucun dommage, et t^intôt détermine de graves accidents, qui peuvent entraîner la mort. Personne, du reste, pas même ses ennemis les plus acharnés, ne conteste sa puissance. 11 fait disparaître, comme par enchantement, l'inflammation goutteuse et la douleur terrible qui l'accompagne. Son action, à cet égard, est presque comparable à celle du quinquina dans les fièvres intermittentes; et c'est là encore un des caractères différentiels qui séparent la goutte du rhumatisme articulaire. Dans la forme aiguë de cette dernière maladie, M. le professeur Mouneret avait déjà démontré l'înutihté du colchique : et dans les formes diverses du rhumatisme chro-