‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 146 sur 230 · Beriin. KUn. Wacb · texte numérisé non relu

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leurs, si vous plongez un cartilage incrusté d'urate de soude dans une dissolution de carbonate de potasse, vous constaterez une action dissolvante rapide : si vous le plongez, au contraire, dans le carbonate de soude, à peine obtiendrezvous un effet appréciable dans le même espace de temps.

Ainsi la potasse serait, à pnori^ plus efficace que la soude ; cette dernière base est cependant utile chez les goutteux dans les cas où il existe une affection hépatique, suivant Garrod (1).

Mais il est une substance encore peu connue, la lithiney qui parait remporter à tous égards sur la potasse et la soude.

Cette base, qui a été découverte, en 1817, par Arfwedson, existe dans plusieurs eaux minérales, à Carlsbad, à Vais, h Vichy, à Baden-Baden et à Weilbach, où il existe une source nouvelle qui a reçu le nom de Natrolithionquelle^ et qui renferme une forte proportion de cette substance.

L'analyse spectrale a permis à MM. Bunsen et Kirchoff d'en constater la présence dans le lait et dans le sang de l'homme. Ce n'est donc pas une substance étrangère à l'organisme, et si la potasse existe dans les globules, la soude dans le sérum, lalithine se trouve aussi, quoique en faible quantité, dans le liquide nourricier de l'économie.

Ce nouvel agent répond à toutes les indications dont nous îivons parlé. Son action diurétique est très manifeste; elle rend l'urine fortement alcaline et dissout avec énergie l'acide urique. Sous ce rapport, elle est bien supérieure à la potasse, car l'urate de lithine est le plus soluble de tous les urates.

Garrod s'est livré à l'expérience suivante : dans trois solutions contenant, la première, 5 centigrammes de carbonate

1. Antérieureinenl à la publication du traité de M. Garrod, M. le docteur Galtier-Boisàièrc avait déjà appelé l'attention sur la plus grande intensité de Taction dissolvante de la potasse, comparée à la soude dans le traitement de la goutte. (De la Goutte, Thèse de Paris, 1859, p. 11^.)

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de lilliine ; la spconde, 5 cenligrammes de carbonate de polasse; la troisième, 3 centigrammes de carbonate de soude, pour 30 grammes d'eau, jetez des fragments d'un nii^me cartilage imprégné d'nrate de soude. Au boni de ijunranlebuit heures, la tithinei a opéré une dissolution complète: la polasse a exercé une action très légère ; la soude donne un résultat complètement nul.

L'urate de lithine esl donc évidemment le plus soluble de lous les urates.

Quel sera le mode d'action des alcalins sur le sang dans la goutte'? Ils n'ont aucun pouvoir pour amoindrir la formation d'acide nrique ; ils ne sauraient pas non plus le dhnoudre, comme on Ta prétendu, car il eviste à l'état d'urale de soude. Mais, en rendant les tissus alcalins, ils peuvent s'opposer à la formalion des dépiits : d'ailleurs, les carbonates de litbiuc et de polasse pourraient dissoudre les dépôts déjft formés, ce que ne peut faire le carbonate de soude. Au reste, leur influence serait inutile, s'ils n'avaient pas en ini^me temps une action diurétique.

Voilà ce que dit la théorie : interrogeons maintenant l'expérimentation thérapeutique.

ï,es alcalins, surtout la potasse et la litliine, administrés Ji petites doses, à doses 1res diluées, car l'action de l'eau esl très efficace, et surtout administrés pendant un long espace de temps, ont une action remarquable sur la goutte. Ils en éloignent les paroxysmes, ils dissolvent quelquefois et réduisent les dépôts déjà formés, et donnent auxjointures plus de mobilité.

l.e carbonate de lithine s'administre à la dose de 2.^ à .^0 centigrammes dans les vingt-quatre heures. Je l'ai prescrit moi-même jusqu'à la dose de 40 centigrammes, sans produire sur l'estomac aucun effet fâcheux.

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