ARSENIC
L'un de^ premiers effets de Teraploi du médicament est souvent de réveiller les douleurs, et de les exaspérer dans les jointures habituellement et plus profondément affectées. Quelquefois même, la rougeur et le gonflement se manifestent là où ils n'existaient pas, et Ton peut être obligé de suspendre momentanément le traitement. Mais, en général, la tolérance s'établit au bout de quelques jours, et Ton peut alors progressivement élever la dose. Il est avantageux, je le crois du moins, d'administrer l'arsenic sous forme de liqueur de FoAvler à la dose de deux à six gouttes, et suivant la méthode anglaise, c'est-à-dire peu de temps après les repas.
En France où l'arsenic a été prescrit à l'intérieur, il a été également employé sous forme de bains, par M. Guéneau de Mussy et par Beau. J'ai fait moi-môme usage de ce mode de traitement, à l'hôpital Lariboisière, en 1861. M. Ducom, pharmacien en chef de cet établissement, a bien voulu se livrer à l'analyse de l'urine des sujets que j'avais soumis à la la médication arsenicale, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur. Dans le premier cas, on a constaté la présence de l'arsenic dans les urines, après un court espace de temps. Dans le second, les résultats ont été constamment négatifs. 11 parait donc assez probable que ces deux méthodes n'agissent point de la même manière sur l'organisme, même en admettant qu'elles soient l'une et l'autre également efficace pour combattre la maladie, ce dont je serais disposé à douter.
11 y a un autre médicament que j'ai employé, dans les cas de ce genre, avec des résultats analogues à ceux de l'arsenic. C'est la teinture ammoniacale de gaïac^ qui produit d'abord une exaspération des accidents locaux, puis une amélioration notable : la mobilité des jointures reparaît, quelquefois, au bout d'un certain temps et le malade éprouve un soulagement manifeste.
Charcot. O^uv. compl. t. vu. Malad. des Vieillards. 19
L'iodure (le potassium noté quelquefois prescrit avec suc- ' ces contre le rhiimalîsiiie chronique.
Chez les sujela chl orotiques ou diibililës, le fer, Thuile ila ' foie de morue, peuvent avoir indirectement une influenoe utile, en modifiant l'étut générnl.
Les niojTus liifau\ lesphis usités sont les vésicatoires, le* liadigeonnugf^s avec la teinture d'iode, et le caulère actuel (pointes de feu). Ce dernier moyen est surtout utile dans la forme partielle du rhumatisme chronique.
Quant aux eaux minérales, on a conseillé le Mont-Dore, Lumalou-l'Ancien, Vais, Nt-ris. Plombières ; la plupu-t contiennent de l'arsenic ; est-ce il celte circonlancc que sérail due l'efficacité qu'on leur attribue ?
Nous sommes loin d'avoir épuisé la longue liste des reraô-" des qui ont été préconisés contre le rhumatisme chronique par divers auteurs, ou que nous avons expérimentés nous-mêmes. Nous avons cherché k meltre en lumière les moyens thérapeutiques qui nous ont paru doués de l'efficacité la plus réelle : mais, il faut en convenir, le rhumatisme chronique estuneafFeclion que toutes lesressources de la médecine, dans lamajorité des cas, ne parviennent pas à guérir.