‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 162 sur 230 · De l'étal fébrile che^ les vieillards (Vpir p · texte numérisé non relu

De l'étal fébrile che^ les vieillards (Vpir p

342 ALGIblïll; CË^iTIIALË de UAUSES NERVEltSES

moDJe lobain>; on pourra croire que de celle combinaison dfivra Fésulter une ascension liyjierpyrélique dp la courbe: il n'en est rien cependant. Ou bien la courbe restera slatioiiimire, ou, le plus souvenl, si j'en juge d'après des observations plusieurs fois renouvelées, elle subira une dépression insolile. La production d'une telle dépression dans le cours d'une pneumonie jusque là régulière nous a plusieurs Tois cooduil à examiner le cœur avec soin et à reconnaître l'exislence d'une péritardite qui sans cela nous eût compléleinent éebappi!\ La /i/eurèsie diaphyagmalir/iie, lepneumothorax par perforatinn, la pèrilnnitp Ir/iumatique, ce/lf (jui résulte de la perforation, IVlia/iffleiiienl interne, délerminenl ainsi en général, du moins raornenlanémenl, l'abaissement de la température centrale. A la vérité, ce n'est pas là un résultai constant, mais c'est un résullat assez habituel. Ajoutons qu'en pareil cas, l'algidité centrale peut parfois persister ou progresser jusqu'il la mort, tandis que d'autres l'ois, elle (ait place bienlM & une élévation excessive de la lerapéralure.

Quoi qu'il en soit, ou ne s'étonnera plus de voir l'irritation plus ou moins violente des grandes séreuses, et en particulier du péritoine, déterminer de tels effets si l'on se porte aux résultats de l'expérimentation. On savait déjà qu'un coup porté sur la région épigastrique, que l'ingestion d'une boisson froide (i), le corps étant en sueur, peuvent déterminer la mort subite, apparemment par le mécanisme de la syncope.

Or. M. Brown-Séquard a démontré que l'excitation des ganglions semi-lunaires a, en effet, pour conséquence de produire une syncope. Suivant lui. l'excitation de ces glanglions se transmet au bulbe, par la moelle épînière, puis se réflé-

i. Voycï sur re sujet l'inltTeiSBnt mémoire Je M. A. Gi.érnnl : Sur Us accidenU qui peuvent saccéiler à l'im/eglion des hoisaviin feuiilfs {Aimalei d'hygiène, t. XXXVII, Pnri». 1842).

ALGIDITÉ CE?4TRALE DE CAUSES NERVEUSES 343

chit sur les nerfs pneumogastriques, qui, irrités à leur tour, déterminent l'arrêt du cœur dans la diastole. Portée moins loin, cette excitation du grand sympathique pourra déterminer une diminution permanente de la force du cœur^ et ainsi se produira une sorte d'état lipothymique plus ou moins durable, avec abaissement permanent de la température (1).

C'est sans doute par un procédé analogue que la plupart des grandes commotions du système nerveux se traduisent d'abord par un état lipothymique avec algidité centrale, suivi ou non de réaction-

Magendie a démontré par des expériences dont M. Cl. Bernard a donné le confirmation (Leçons^ etc. , I, p. 267) que toute irritation vive des nerfs périphériques, telle que celle produite par exemple par l'écrasement d'un membre, a pour effet de déprimer la pression cardiaque ; les recherches de Mantegazza nous ont appris, qu'en pareil cas, il se produit un abaissement de la température centrale (2).

A la suite de certaines lésions traumatiques de la moelle, M. Brown-Séquard a observé un collapsus profond, une suspension complète des actions réflexes, et le passage de sang rouge dans les veines. En même temps, il y avait abaissement de la température centrale. Le même mécanisme peut être invoqué pour expliquer l'état lipothymique, qui, suivant la remarque d'un bon nombre de cliniciens (Abercrombie, Portai, Watson, Grisolle), marque le début de l'attaque apoplectique par hémorragie ou ramollissement, et qui, d'après mes observations, s'accompagne d'un abaissement réel de la température des parties profondes.

1. Voyez : Brown-Séquard. — Archives de médecine, 1856, l. II, pp. 400-484. Lectures on Physiology and Pathology, p. 159. — Bcrnslein. Hezstillstand, durch Sympafhicus Reizung [CentralhlaH , 1863, n» 52 ; ibid., 1864, n« 16.) — Eulenburg und Guttmann. PathoL des sympathiais, {Ai*ch. filr Psychiatrie, 1869, 1- hefl. II Bd.)

2, SchmidVs Jahrb., 1867, I, 153.

tir coLuPsrs

Nous venons de passer pii revue les principales circons-i tances dans lesquriUes se produit rabaissemenl de la tempéra-^ Uire cpnlrale. Or, en général, lorsque cette dépression llier-1 inique s'opère brusquement, elle se tniduit. h l'extérieur, j un refroidissement df la surface du corps et par un cortègi d'autres symptômes alarmants. LVnsemble de ces symptôme! a été désignt^ sous le nom de eoUapiux, par MM. Thierfielderï et Wunderlich {!), auNquels on doit une remarquable étudi sur ce point de clinique parmi nous trop négligé (2). Mais \> syndrome collnpsus peut sr produire aussi dans des cas oîl lail température centrale reste normale, ou même s'élève au-des-^ NUS du taux normal, et suivant que l'un ou l'autre de ( divers se présentent, le pronostic et les indications lhérapeu*fl tiques se trouvent siuguliérement modifiées. Tantôt, en effet, J le collfipsus est le présage à peu jirés certain d'une terminai- " son fatale, tantôt il est l'indice d'une situation fort alarmante sans doute, mais que les ressources de l'iirt bien dirigées pourront peut-Ctre mener à bonne fui. Tantôt enfin, le rollapsus n'est que l'exagération de phénomènes qui s'observent presque toujours à un certain degré, lorsque certaines maladies fébriles se terminent par une défervescence rapide et de hou aloi.

Vous voyez immédiatement, par ce simple exposé, jusqu'à quel point l'étude du collapsus doit intéresser le clinicien, puisque toutes les fois que cet encliaînement de symptômes

1, ArchiBfSr fh>,si»!. llellt.. IV Jalirg., 2 llofl. Il S. Dans l'cxcrllrnl artirlc C/iateiif du Noiipeiiii ii

chlru}f)ie pmliques {i, VI. IJ^GÎ, p. SW.) M, llirU «■ I

<|Mi a'atincbc H l'c'iii'lf ilii colUp'iiis,

GOLLAPSUS DANS U PNEUMONIE LOBAIRE 345

s'offire à lui, il y a un problème à résoudre, un pronostic à établir, un ensemble particulier de moyens thérapeutiques à mettre en œuvre ; ajoutez que le temps presse, car les accidents du collapsus peuvent conduire rapidement à une issue f&cheuse.

Ce genre d'accidents s'observe très communément dans les cas les plus divers chez les vieillards et les individus affaiblis par des maladis antérieures ou par Talcoolisme. Mais c'est surtout quand il survient dans le cours des maladies aiguës, fébriles, que le collapsus mérite de fixer l'attention : c'est dansées circonstances que nous voulons l'étudier avec vous, et cherchera en déterminer les principaux caractères.

Supposons qu'il s'agisse, par exemple, de la pneumonnie lobaire et choisissons un cas bien accentué. Jusqu'au 6'' ou 7* jour tout s'est passé suivant les règles; la pneumonie est intense, mais son évolution s'est montrée régulière ; la température est à 39 ou 40° et les phénomènes extérieurs de l'état fébrile sont bien développés. Brusquement, dans l'espace de quelques heures, la scène change, la physionomie s'altère, les yeux sont excavés, les joues, le nez pâles et glacés. Les extrémités sont froides et cyanoses. Le corps est couvert de sueurs froides. Il y a une grande prostration des forces, parfois même du délire. L'impulsion du cœur est faible et irrégulière, les bruits paraissent sourds et éloignés, ; le pouls est filiforme, tantôt accéléré, tantôt ralenti. La respiration rapide et profonde.

Quelle est, en pareil cas, la signification de cet appareil de symptômes si alarmants ?

Ici l'examen de la température centrale va nous fournir des indications précieuses.

1° Si, dans le temps même où les phénomènes extérieurs d'algidilé se produisent, la température centrale se maintient

3W coi-Ufsrs ET ALr-riint' CE^TRALK

ù un taux élevé, ou ml^itie s'élève jusqu'au niveau des tempéralures h jperpyré tiques, la mort est rertaine. C'est déjà l'agonie qui commence. Bientôt le doute ne sera plus possible ; le pouls s'accélérera encore, et le rftie laryngo-tracliéal ne tardera pas à paraître.

2° Si au contraire, en raéme temps que tes symptômes du collapsus se sont manifestées, la température centrale s'est abaissée notablement ou est descendue ra^rae jusqu'au tauv normal ou au-dessous, la situation du médecin est plus difficile car tantôt c'est encore la terminaison fatale qui se prépare et qui surviendi-a dans un court délai ; tantôt, au contraire, au bout de quelques heures, la convalescence va commencer, et un pronostic grave, porté inconsidérément, pourra recevoir

lai le démenti le plus formel. 11 faut ici prendre en considération très sérieuse les inilicalions fournies par les autres phénomènes qui accompagnent l'abaissemeut de la température centrale.

Si le collapsus n'est que l'exagération des symptômes ordinaires d'une défervescence de bon aloi, en m^me temps que la température centrale s'abaisse, les mouvements de la respiration et les pulsations artérielles se ralentissent et se régularisent, le pronostic est favorable en pareil cas, alors même qu'il serait survenu quelque symptôme inquiétant, telle qu'un délire intense parexeniple (1).

Si, au contraire, la température centrale s'abaissant, la fréquence du pouls et des mouvements respiratoires persiste ou même s'accroît, la situation est des plus graves. Bientôt, quoi qu'on fasse, l'agonie va s'établir. Et, tandis que tout à l'heure nous avons été conduit il porter un pronostic favorable malgrt' l'apparition d'un délire violent, ici nous devrons maintenir le pronostic grave, alors nif^me que la déferves-

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