‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 161 sur 230 · AFFECTIONS DES SÉREUSES ET ALGIDITÉ CENTRALE · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DES SÉREUSES ET ALGIDITÉ CENTRALE

Parmi les affections du cœur lui-même s'accompagnant d'une diminution de la température centrale, je puis vous citer comme exemple un fait de rupture du cœur avec épanchement de sang dans le péricarde que nous avons observé ensemble dans cet hospice. Une vieille femme qui, un matin, dans son dortoir était tombée en syncope, fut amenée immédiatement à rinfirmerie, où nous la trouvâmes plongée dans un état lipothymique, lequel persista à peu près toute la journée. Une seconde syncope survint vers le soir, et la mort eut lieu tout-à-coup. Pendant cette longue période lipothymique intermédiaire aux deux syncopes, les battements du cœur étaient faibles, fréquents, irréguliers, le pouls presque insensible, et la température rectale était de 36 degrés.

Vous n'ignorez pas que, dans les cas d'asystolie liés à une affection organique du cœur, il se produit de temps à autre des accès caractérisés par la faiblesse et l'irrégularité de l'impulsion cardiaque, la cyanose, et l'algidité extérieure. Nous avons vu plusieurs fois, pendant ces accès, la température centrale s'abaissera 33, 36 degrés, et l'accès passé se relever bientôt jusqu'au taux norma\. Dans le péricardite^ dans Vendocardiie aiguës^ ainsi que nous l'avions annoncé dans nos premières études (1), on observe aussi quelquefois un abaissement notable de la température centrale. Il en est de même dans la péritonite. Les observations de M. Wunderlich ont confirmé pleinement les résultats que nous avions obtenus à cette époque.

Il pourra paraître singulier, au premier abord, de voir des phlegmasies qui occupent parfois une très large surface, toute l'étendue d'une grande membrane séreuse, déterminer un abaissement de la température centrale. Rien n'est plus réel cependant. Ainsi, une péricardite se surajoute à une pneu-

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