‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 187 sur 230 · ÉTAT DU REIN CHEZ LES GOUTTEUX : HISTORIQUE · texte numérisé non relu

ÉTAT DU REIN CHEZ LES GOUTTEUX : HISTORIQUE

se rencontrait parfois, dans Turine des goutteux, qu'ils fussent ou non hydropiques et que de sa présence coïncidait avec une remarquable diminution de l'urée et des principes salins de l'urine (1). La néphrite albumineuse a été observée également chez les goutteux, par Bright, Blackall, Anderson. Leurs observations sont analysées dans le chapitre du livre des maladies du rein^ de M. le professeur Rayer qui traite des rapports de la néphrite albumineuse avec la goutte. Il s'agissait, dans ces cas, des formes chroniques d'albuminurie, dont on a voulu faire, dans ces dernières années, en Angleterre, une espèce spéciale, comme nous le verrons bientôt.

M. Rayer a décrit, sous le nom de néphrite goutteuse (2), une altération du rein plus directement liée à la goutte et qui coexiste avec la gravelle urique ; c'est le dépôt de petits grains jaunes ou rouges, composés d'acide urique fixés dans la substance corticale et tubuleuse du rein et dans les calices.

M. de Castelnau a, le premier, signalé la seconde forme de dépôts qu'on trouve dans le rein, dans un mémoire sur la goutte et le rhumatisme, inséré dans les Archives de médecine en 1843 (3). A l'autopsie du malade qui fait le sujet de l'observation remarquablement bien prise de M. Castelnau, on trouva les deux reins malades ; le gauche, atrophié, présentait sa membrane fibreuse adhérente, la substance corticale réduite kl millimètre 1/2 d'épaisseur, jaunâtre, comme si elle avait une tendance à la transformation graisseuse ; la substance tubuleuse était remplacée par une masse graisseuse ; les bassinets très dilatés contenaient du pus ; leur muqueuse était blanche et épaisse. Le rein droit plus volumineux que le gauche, quoique restant bien au-dessous du volume normal du

1, Scudamore. — A Treatrîse, etc., fourth cdith.^ p. 313. London 1823, cité par M. Royer, dans son Traité des maladies du rein, t. II, p. 540.

2, T. II, p. 42.

3, 4^chive8 ffénérc^les de rnédeçine, 4* série, \, Ht, p. 28^,

i.'ÎS ÉTAT m- REIN CHEZ LES r.OUTTEI'X : nisToniotE

roin, ôgaleitimt envahi par la rti^généressence graisseuse, ron-

tenait flpul des dépflls salins.

" Tous lesrrtnestubuleiixqui restent renferniPiit dnnd^piitx (/e mntihv blanche, romme de l'i^maU, en tout semblable ù tellf des articulatiorL'i ; cette matière est partout dixposi-e en stries très fines qui affectent la direction des tubes winifèret tti aernblent fitre contenus dans ri?itérieur de ces tubes eiix-mêmes : ce n'est (pie dans des points très rares qu'on la irouve; soiiM ta fomie de gramilntions amorphes infiniment petites toujours du m(^ine blane éclatant. » l-a substance corticali?^ n'en renfermait pas. Dans les ^él]e\ion^; fort judicieuses qui suivent, M. de Castetnau signale la différenee des dépAts qu'il a observés avec ceux qu'a décrits M. Rayer, Dans les cas de M. Rayer, en effet, ce sont des grains routes corn] ses d'acide urtque, Ijindis que dans l'observation de Mtelnau, ce sont des lignes d'un blanc éclatant chimiquenii conslituées par de l'urate de soude. (L'analyse en avait faîte par M. Laroque, pri'iparateur il l'Ecole de pharmacie). son! ce*" di^piMs, chiraiqui-ment idenliques à ceux des articulations qui appartiennnent en propre à la goutte, ce sont eux qu'ont observés plusieurs fois les auleurr; anglais MM, Cœley Todd et Garrrod, et dont nous rapporlons nous-mêmes un exemple.

Le docteur Todd, dans ses Leço»s .'Utr quelques maladies dex organes tirinnirp s [\ I, consacre un long chapitre à l'étal du rein dans la goutte, et il s'efforce d'établir qu'il y a constamment une forme parliculif-re de néphrite chronique qu'il appelle le rein goutteux, yoîi/y kydnet/.

Le rein goutteux A(.' Todd est petit, dur atrophié, réduit h la moitié ou au tiers de son volume primitif. La capsule fibreuse

. Robert Bentley Todd. — Clin. L, ans ami drupsiea, London, 1851, in-

en

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