‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 188 sur 230 · REIN GOUTTEUX · texte numérisé non relu

REIN GOUTTEUX

y est opaque et épaissie ; la surface du rein est rugueuse et granulée. Sur une coupe, on voit que la diminution de volume porte sur la substance corticale, si étroite que les pyramides touchent presque la surface de Torgane.

Cet état du rein s'accompagne quelquefois pendant la vie, mais non constamment, d'une hydropisie limitée et peu considérable, qui n'est jamais générale et abondante, comme dans la maladie de Bright. La quantité de l'urine n'est pas diminuée, mais elle est, au contraire, normale ou accrue. Elle est pâle, et contient de Y Albumine, mais en petite quantité. L'acide nitrique et la chaleur y font naître un léger précipité, qui peut même n'être pas appréciable, dans l'intervalle qui sépare deux attaques de goutte, pour reparaître au prochain accès. Les sédiments de l'urine y sont relativement enpetite quantité. De l'épithélium plusou moins altéré, des cellules de pus, des dépouilles granuleuses [waxy casts) des tubes urinifères, forment dans l'urine, un dépôt blanchâtre quelques heures après l'émission. Qu'il survienne alors une attaque aiguë de goutte ou une irritation bronchique, et l'on trouvera dans l'urine des urates en grande abondance.

Tels sont les caractères anatomiques et cliniques sur lesquels s'appuie le docteur Todd pour différencier la néphrite chronique des goutteux de la maladie de Bright aiguë et chronique. Il est certain que les caractères différentiels donnés par le docteur Todd sont le fruit d'une observation exacte, que l'œdème est rare et limité, que l'albumine, quand elle existe dans l'urine, est peu abondante, que les reins sont ordinairement atrophiés, endurcis et granuleux à leur surface ; mais d'un autre côté, cet état du rein et les symptômes qui en résultent peuvent s'observer, dans d'autres maladies que la goutte, et de plus, nous verrons bientôt, par l'analyse d'une observation M M. Garrod et par la nôtre, que les reins de goutteux peuvent présenter anatomiquement toutes les lésions

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lie la maladie de Bright (néphrite albumioeusp, dcsquamma livi' ou parcnehymaU'Ujn')- Aussi croyons-nous que la diâUûO* lion ôLablie par Todd ne peul èlre admise dans les lermes oCbi it l'a posée, Quunl aux dépôLs d'urale de soude dans le reio*, l'nuleur que nous analysons les a noLés deux fois, mais sans.' paraître leur attacher une grande imporlanee. dans une d» CL's observations et dans une autre qui lui a été communiqué»' parle docteur Ceeley. Notons, en passant, ce fait remarquai c'est que deux des malades de Tood sont mort subitemenl, avec des symptûmes urémiques très évidents.

C'est au docteur Carrod qu'appartient l'honneur d'avoir mîft en relief, dans son bel ouvrage sur la goutte (1), la forme spé-^ ciale des dépota d'urate de soude, dans le rein. En 1849, damt l'examen des reins d'un goutteux mort d'une autre maladie, rencontra, dit-il, un dépôt crayeux considérable. 11 apparaii sait sous forme de raies disposées suivant la direction dcsi tubes des pyramides ; la papille de chaque cône présentait àà petits points blancs dus h cette matière. La substance corticala montrait aussi quelques-uns de ces dépôts. Il a eu depml l'occasion d'examiner plusieurs reins de goutteux, offrant les mêmes lésions, notamment ceux de ces observations 4, 3, 6 et8.

L'examen microscopique des dépôts blancs linéaires, ajoute le docteur Garrod, y montre une structure cristalline consistant en prismes d'urate de soude. Leur composition est constamment la même; l'analyse chimique y démontre de l'urale de soude semblable à celui des dépôts des cartilages articulaires. La murexyde, avec sa belle coloration purpurine, prend naissance par la réaction de l'acide nitrique chaud et de l'ammoniaque sur eux, et l'addition d'un acide fait cristalliser tes rbombes d'acide urique.

1. Gnrrod. — Oa i/oiil and rlieiimatic goiil. Londun, iMdO, el î- liilil. 1RC3, p. 236 c^ siiivnnlca, chait^ea in Ihe kiilne/fs Qf froali/ iiilifecisj

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