‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 19 sur 230 · HISTORIQUE DE LA PATHOLOGIE SÉNILË · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DE LA PATHOLOGIE SÉNILË

Fischer enfin, qui remonte à 1766 (1), la plupart des ouvrages médicaux du siècle passé, qui se rattachent d'une manière spéciale à Tâge sénile, ont une allure surtout littéraire ou philosophique ; ce sont des paraphrases plus ou moins ingénieuses du fameux traité deSenectute de l'orateur romain.

Il était réservé à Pinel de signaler cette lacune, sinon de la combler ; cependant, à l'époque où il écrivait son Traité de médecine clinique^ l'hospice de la Salpêtrière avait déjà reçu l'organisation qu'il présente encore aujourd'hui ; le pénitencier qui en faisait autrefois partie avait été supprimé, l'infirmerie avait été fondée, et l'on ne transportait plus à l'Hôte 1-Dieu les femmes malades, au risque de les voir expirer en chemin (2). Mais Pinel ne pouvait songer à restreindre ses études à un point limité de la science. Des vues bien plus ambitieuses s'étaient emparées de son esprit ; il s'agissait pour lui d'embrasser la pathologie dans son vaste ensemble et de créer la Nosographie philosophiqtte^ en appliquant à la médecine la méthode de l'analyse, suivant le langage un peu emphatique du xviii* siècle. Aussi les différences qui séparent la pathologie sénile de la pathologie ordinaire sont-elles bien rarement signalées dans ses travaux, bien qu'il ait passé la plus grande parti de son existence médicale dans les hospices consacrés à la vieillesse.

On doit à Landré-Beauvais, l'un des élèves et des successeurs de Pinel à la Salpêtrière, la première description spéciale qui ait jamais été tracée d'une affection que nous rencontrons à chaque pas dans nos salles, bien qu'elle n'appartienne pas exclusivement à la vieillesse (3). Je veux parler du

1. Floyer. — Medicina Gerocomica. Londini, 1724. — Fischer. Tractalus de senio. 1766.

2. Pinel. — Traité de méd. clinique. Paris, 1815. Introdiictiuii, p. xiij.

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