LÉSIONS ARTICULAIRES DANS LA GOUTTE
dans les parties profondes et à la périphérie. A Texamen microscopique de ces îlots, faits sur des tranches minces, la matière tophacée se présentait sous deux aspects différents. Tous les grands Ilots et un certain nombre des petits, étaient constitués par une masse amorphe grenue, tout à fait opaque. Les petits Ilots, au contraire, dont quelques-uns n'étaient pas perceptibles à l'œil nu, résultaient pour la plupart, de la réunion de fines et longues aiguilles cristallines qui s'agrégaient en rayonnant autour d'un centre commun, de manière à donner l'image d'une aigrette, de certaines algues, d'une pomme épineuse, etc. Au centre de ces agrégats de cristaux, on rencontrait souvent un petit noyau de matière amorphe. On trouvait enfin, disséminés ça et là, dans l'épaisseur de la substance intermédiaire du cartilage, dans l'intervalle des deux espèces d'îlots dont il vient d'être question, des cristaux articulaires en tout semblables aux précédents^ mais complètement isolés, ou bien réunis seulement au nombre de 2 à 4. L'acide acétique concentré dissolvait très rapidement et complètement, sans effervescence, les masses de matière, grenue aussi bien que les amas de cristaux, ceux-ci toutefois un peu moins rapidement que celles-là. Peu de temps après la dissolution des îlots, on voyait se former, dans les points mêmes qu'ils occupaient auparavant, de nombreux cristaux de formes très variées, mais qui nous ont paru pouvoir être rapportés pour la plupart, à l'une quelconque des cornées cristallines que peut revêtir l'acide urique.
Les dépôts de matière tophacée et les amas de cristaux, siégeaient toujours exclusivement dans l'épaisseur de la substance intermédiaire du cartilage; on ne les rencontrait jamais dans l'intérieur des cellules. Celles-ci ne nous ont pas paru présenter d'altérations, alors même qu'elles étaient pour ainsi dire enveloppées plus ou moins complètement par un amas de matière tophacée. Nous verrons bientôt par l'analyse du
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fail que nous rapporlons aujourd'hui, que notre opinion a 616 totalement modlKép à cet égard, et que nous avons toujour? vu, dans ce cas au moins, que la matière amorphe siégeait dans les cellules et que \ei cristaux aciculaîres libres prenaient sur elles leur point d'implantation (voir /ïj. 19).
M. Garrod {op. cit.) donne de la disposition des cristaux dnas les cartilages une descriplion qui concorde pleinement avec celle de Budd et la nAtrc; il prouve en outre ce fait d'une importante capitale :
Que r inflammation goutteuse est invariablenii-nC aecoinjmyiu'e du dépôt d'un sel spécial (urate de soude), i/u'elle a,parcelà mfme, un rarartère spécifique et diffère entièremertt des autres affections articulaires.
Le dépôt d'urales a lieu dès les premii^res atteintes de lu goutte articulaire, et M. Garrod rapporte re\emple d'un goutteux, qui n'a éprouvi' iju'une seule attaque, dans une seule Jointure, au r/rus orteil, et où l'on put constater le dépôt caractéristique dans les cartilages. (Obseuv. IX).
L'élude microscopique des lésions articulaires de ce maliide dont nous avons rapporté l'histoire, nous a montré les particularités suivantes qui ne diffèrent pas pour les parties essentielles des faits que nous venons d'analyser.
A la surface des cartilages, se trouvait une couche assez épaisse, opaque h la lumière directe, blanche fi lu lumière réfléchie. Examinée h un faible grossissement sur des coupes verticales, celti- couche était limitée d'un cùté, par la surface du cartilage, et de l'autre, pénélrail dans la profondeur sous forme d'Ilots régulièrement disposés les uns auprès des autres comme des festons. Chacun de ces gros Ilots examinés à un grossissement de 200 diamètres (PL, 111. flf/. 18, v) donnait naissance à des houppes soyeuses de cristaux fins et allongés. Dans les grands Ilots ou entre eux, on voyait des masses opaques plus petites (//y. 18 N) qui servaient aussi