‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 205 sur 230 · Il a' Bgil (les rfiflf toril m nodosi, il'Hpberrten · texte numérisé non relu

Il a' Bgil (les rfiflf toril m nodosi, il'Hpberrten

deux autres formes du rhumatisme articulaire chronique, les altérations de l'arthrite sèche; c'est un fait dont je me suis assuré maintes fois par la dissection. Les cartilages diarthrodiaux subissent l'altération veWétique, puis ils disparaissent et Ton trouve à leur place une couche éburnée. Les surfaces articulaires s'élargissent dans tous les sens par suite de la formation d'ostéophytes qui reproduisent à peu près, en les exagérant, leur forme et leurs contours naturels. Les tumeurs pisiformes qu'on rencontre, suivant la description d'Heberden, au voisinage de la seconde articulation phalangienne, ne sont autres que les tubercules osseux qui existent normalement & Textrémité inférieure de la deuxième phalange, du côté dorsal; seulement, le volume de ces tubercules s'est considérablement accru, par l'apposition de couches osseuses nouvelles. Il n'existe pas de traces de dépôts d*urate de soude, soit dans l'épaisseur des cartilages diarthrodiaux, soit au voisinage de la jointure, dans les parties molles (p. G 10).

Arthrite sèche» — Le processus qui détermine les lésions dont il s'agit a pour caractère principal de donner naissance à des productions organisées nouvelles, telles que franges etvillosites synoviales, corps étrangers articulaires, bourrelets osseux etc., pendant que d'un autre côté et simultanément, il raréfie les extrémités osseuses et tend à détruire les cartilages diarthrodiaux; de plus, à moins de circonstances étrangères, il n'aboutit jamais à la formation du pus. Ces caractères avaient été déjà parfaitement saisis par Lobstein, Colles et Adams; mais ils ont été particulièrement mis en lumière par MM, Deville et Broca, dans leurs études sur l'arthrite sèche. Ces études ont été complétées, à certains égards, par les travaux de plusieurs médecins qui, à l'examen des lésions faites à l'œil nu, ont ajouté le contrôle des observations microscopiques. Parmi les travaux de ce genre nous citerons ceux de Redfern {Edimb^ monthly Journal, iSA9), H. Meyer MuUer' s Archiv, 1849), Zcis Nova acia acad, Leop, CaroL, XXIII), C. 0. Weber {Virchoufs ArcAtv., janvier 1858, p. 74), et ceux plus récents de MM. 0.

860 NOTES SIB U GOCTTE

Ranvier (Thèses de Paris. i865|. Cornil (Traduction des i:V^ ment» de pathol, interne de N if mftfer, p. ÎSSB, t. lit vX V'pi^dj (./oc. ciU).

C'est par la surFacu du carlila^i; articuluint <.-L par la inciuhrane synovialo que les aUémliaos paraisseoL débuUrr, Ccllu-ci devient rouge, vivement injectée, et d(i sa surface interne I»^ tent des prolongements villcux qui se terminent quelquefgîs par unt! petite masse arrondie supportée par un long pédicule. Dans l'épaisseur de quelques-unes de ces petites massei:, no distingue, à l'aidu du microscope, des cellules plus ou moin» nombreuses qui ne différent pas des celluleiî ordinaires du cartilage. C'est là le premier vestige, et pour ainsi diri.', l'vlat embryonnaire des corps étrangers qui, plus tard, pourront acquérir un volume considérable, s'ossilier, perdre le pédicule qui les attache à la membrane synoviale et devenir ainsi libre» dans la cavité articulaire.

La destruction du irartilage sv fait suivant un mécanisme dont les diverses phases ont été minutieusement étudiées. Ln ehoudroplastes s'hyperlropbient et il se forme, dan;: leur intérieur, de nouvelles cellules cartilagineuses; en même lnrn[i:« la substance fondamentale homogène devient striée, se fendille, et se trouve enfm divisée en une inTmité de lanières oj librilles dont l'ensemble rappelle ladispositiondes lilsduvelours d'L'trechl, Rendues libres, par suite de cette désagrégation de la substance fondamentale, les capsules mères s'ouvrent et versent les cellules qu'elles renferment dans les sillons qui séparent les librilles. Celles-ci s'isolent de plus en pins, s'atrophient et disparaissent; ou encore, elles se détachent complètement et tombent dans la cavité articulaire où elles subisseul, comme les cellules, la dégénérescence granuleuse ou muqueuse.

Mis a nu par suite de la destruction du cartilage d'encroûtement, l'os présente une surface lisse, luisante, comme ébumée; au-dessous, le tissu osseux parait raréfié, friable, imbibé de sang. Mais en même temps, des végétations ou stalacliles otsetufi se sont formées au pourtour des têtes des os ou des cavités

de réception, dans le voisinage du cartilage diarthrodiai. Ces productions adhèrent très intimement à Tos sur lequel elles sont comme greffées. D'abord molles, faciles à entamer par le scalpel, elles ont l'apparence cartilagineuse; plus tard, elles sont ossifiées, et alors, elles présentent une texture spongieuse et comme vermoulue. On a maintes fois constaté d'ailleurs que les procédés suivant lesquels l'ossification s'opère dans ces stalactites ne diffèrent pas notablement des procédés de l'état physiologique.

Ces altérations dont nous n'avons fait qu'indiquer les traits les plus généraux, sont communes aux diverses formes du rhumatisme articulaire chronique. Seulement, souvent à peine accusées et comme à l'état rudimentaire dans le rhumatisme généralisé à évolution rapide, elles acquièrent parfois, dans ces formes lentes et particulièrement dans le rhumatisme partiel, une extension énorme. Il suffira de se reporter au chapitre VII (p. 243), pour reconnaître jusqu'à quel point elles diffèrent des lésions de l'arlhropathie goutteuse (p. 618-621).

Rhumatisme noueux. Causes. — Une cause que les malades atteints de rhumatisme noueux accusent le plus souvent, c'est l'action prolongée du froid et de l'humidité combinés ; par exemple, le séjour habituel et de plusieurs années dans des chambres mal éclairées dont les murs laissent suinter Teau. Ce genre de cause a été invoqué par les trois quarts environ des malades questionnés à ce sujet par M. Trastour et par moi, à l'hospice de la Salpôtrière. Un fait intéressant, c'est que l'apparition de la maladie a lieu souvent plusieurs années après que les sujets ont cessé d'être soumis a cette influence (p. 625).

Arthrite rhumatoide et scwfule. — La scrofule est un fonds sur lequel l'arthrite rhumatoïde se développe fréquemment ; il n'est pas rare de voir les malades, atteints des diverses formes de cette dernière affection, porter au cou des cicatrices caractéristiques. A la Salpétrière, les femmes qui, par suite des difformités qu'occasionne le rhumatisme noueux, restent confinées au lit

Charcot. Œuv. com. t. vn. MaL des Vieillards. 36

ynjws SUR i

pendant plusieurs anni^«!), succombenl habilueili'ment à Ib lufipr ciiliiiatioii du poumon. Sur llWflujpts alTectéfl de rbumatismi' goutteux, M. FuIIpf {loc.ril., p. 'AM) i-n u compté 23, eoviron 1 sur S.ayautcu un fr^rc, un<<»Burou UDasceadanldiroct, atteint de phthisto pulmondir? (p. fiait).

Arfhrilt: rhumalfiuU et rhumaiitme blrnnoirkagitjuc. — Dis exemples du mAme fçonrtt nul éifi rapportés par Broodhunt (Rpynolds, Syttcm of cUniral Mediriaf, l.l, p. 99:1. Loodoo. IHfifi), Trou9!ieau(CIini'/m^rfica(«. t. III, p.375). et Lorain (.fdû» médieah, 38 décembre IBeH, p. «Il ,018) (p. CS6). (Voir p. 491).

HhvmalUme noueux et gTùueue. — M. Todd (Praticai remartt m fioul, «te., p. 418) a rapporté plusieurs exemples de rhimalitnie nouriix t\6\v:\op]y<- pcnilanl le cour» d'une grotn-ut.i'ai rencontré des faits an&lo(;ues. IVaprê:« mes ol)iM>r\uIîon:<, lu maladie se prépare pendant la grossesse et ûclate avec Itiutti: intonsilô peu après l'accoachemont (p. fiSiV

Kpotjm d'apfmrition du rkumalUme artirulnirt rAniiiii/w

tu f'-mm'-. ^ Il y a uhfz les femme* di-ux pi-riodes di- la \'tr nu le rhumatisme articulaire chronique généralisé éclate de préfé i-ence : la premi^rede ces périodes s'étend do vinglà trente an*. la seconde de quarante à soixante ans. La maladie est rare chii les très jeunes sujets ; je Tai cependant observée chez, un gar (■on flgé de quatre ans et chez un autre i;arçon Agé de dix ans dans CCS deux cas, elle présentait une intensité exceptionnelli et avait jnodnit des dérormations très proni>ncées. J'ai nol< j'iiérédité dans li cas sitril. Il est certain ({ue le rhuniatismi noueux l'sl beaucoup plus cojiiinim chez, la reniiiH' i]iic v\ivl'homme ; opposition bien (ranchêe avec ce que l'on sait de 1: gouHe (p. «i7V

fipxxemhlanrp, de,* lésion* d'iiu let formcn aiguë* et chronique du rh>imiiHim\f urtimtaire. — Suivant MM. Masse {Zeilchr, fv Kàiion. iiwd.. Bd. '.'y, p. 1{H\, Kussmaul (Arehic. fur J'hytiolog-

NOTES SUR lA GOUTTE BBS

Heilk XI, 4, 1852), et Garlt (in Fôroter, Handb, der patholog, AnaL Leipzig, 1863, p, 1000), le tissu des extrémités articulaires des os subit, dans rarthro-rhumatisme aigu, des altérations qui y révèlent Texistence d'un travail phlegmasique : MM. Ollivier et RaQvier (Compt. rend, de la Soc. de biolog., Paris, 1865-1866, p. SOI) ont fait voir, d'un autre coté, que dans cette même maladie, les cartilages diarthrodiaux présentent souvent en plusieurs points Thypertrophie des chondroplastes avec prolifération des cellules et la segmentation de la substance fondamentale dont il a été question à propos des altérations produites par Tarthro-rhumatisme chronique (p. 620). 11 y a donc lieu, même au point de vue des lésions anatomiques, d*établir un rapprochement entre les formes chroniques et la forme aiguë du rhumatisme articulaire (p. 629-630).

Rhumatisme noueux et migraine. — 11 faut citer la migraine parmi les affections qui paraissent avoir une certaine relation avec le rhumatisme noueux; sur 30 femmes atteintes de cette dernière affection, 12 avaient éprouvé autrefois des migraines intenses. Presque toujours celles-ci disparaissent au moment où se déclare la maladie articulaire. La relation dont il s'agit avait été signalée déjà par M. le professeur Trousseau {Clin, méd.^ 1. 111, p. 3G2). La néphrite albumineuse n'est pas très rare dans les périodes avancées du rhumatisme articulaire chronique généralisé; mais elle est là beaucoup moins fréquente que dans la goutte chronique (p. 630).

Rhumatlême noueux et iritis. — J'ai vu trop souvent Viritùf se développer chez des sujets atteints de rhumatisme noueux, et alterner avec les exacerbations des arthropathies, pour ne pas reconnaître qu'il existe entre ces deux affections une certaine connexité.

Sur les maladies de l'œil dans le rhumatisme articulaire chronique, consultez: Bennett (Clinic. lectures, 2^ édit. , 1858, p. 914), Watson {On the principles^ etc. , t. I, p. 342), FuUer (On

QOIt NOTEîl SIR LA UUttTE

ffout, rhevmat. goût., etc., 1836. p. 377. V Cornil (Mêmoirt m

U» tùlncidencei, *s\e.tloc. cit.) (p. 63ft*31).

Dont rfftUdetakatini à haute dote data lei fonnet aigu ft, niaigiif* et ctironi'iue» du rhumatitme. — Des obsen'ations chlit<]uei asser. nombreuses me porlvnt &u contraire à pen&er (]aeretiipliH des akalint A Haute dote n'eal pas applicable seulement à Is ^o^ lue aii^ul! du rhumatisme articulaire. J'ai vu souvent radmînis- Iration Journalière de 23 à 30 grammes de bicarbonate de soude, maintenu*! pendant plusieurs semaines, être suivie de bons eSeb dans la forme subaiguë de la maladie et aussi dans sa forme rlironique ^éot^ralisée. au momeut de ces exacerbations taw t[uécs par un appareil fébrile quelquefois assez pmooncé, qui e<emblent indiquer une tendance vers l'état aigu. Même dans les cas du dernier K^nrc, malgré l'administrai ion du hicarbonalf de soude A dost^s aussi devise» et ausat longtemps maintenues, je n'ai jamaift vu survenir d'accidents capables d'inspirer 1»

)indre inquiétude ; et eu particulier, je n'ai jamais observ' que les malade» présentassent des sympt<ïmes indiquant, soit une tendance aux hi^morrha^ies, soit une anémie profonde. Je n'ai jamais prissent lu liicarhonale de potasse en pareille cir constance et j'ignore si son emploi serait aussi facilement supporte (p. 031).

Rhumiiliime noueux cl teiuiure d'iode. — Dans plusieurs casdi' rhunmfiiimr uoiieiir, M. Lasègue a administri;, avec succi's. la teiiiliii-e d'iode. La dose prescrite était élevée progressivemeDl de H A 10 gouttes par jour à o i\ li grammes pendant le repas, en prenant pour excipient un peu d'eau sucrée ou, de préférenci', du vin d'Kspague. La médication doit être continuée pendant plusieurs mois. Sous sou iniluence, il n'est jamais survenu aucun des accidents du l'intoxication iodique. {Are/in: géitfir. de médecine, 1850, L II. p. 037.>

t'mphi de l'ai-xeiiic. — L'emploi de Cni-tcnic à l'intérieur dansle rhumatisme articulaire chronique, a été surtout préco-

nisé, en Angleterre, par Jenkinson, Bardsley (Médical Reports^ London 1807), Kellie (The Edinb, médical and surgic. Journal y 1808, t. IV), J. Begbie (id, , n« 33, Ma,, 1858), Fuller (On rheumatism^ etc,, 2* édit. London, 1860, p. 362); en France, par MM. N. Guéneau de Mussy (Bullet. de thérapeutique, t. LXVII, 1864, p. 24) et Beau (Gaz, des hôpitaux, 19 juillet 1864). J'ai moimême expérimenté cette médication sur une assez grande échelle à Thospice de la Salpôtrière; comme M. Garrod, j'ai vu Tarsenic produire quelquefois une amélioration notable et d'autres fois, échouer complètement. Il ne m'a pas été possible jusqu'ici de déterminer les conditions de la réussite ou celles de l'insuccès. Je crois pouvoir dire toutefois que l'arsenic reste sans effet ou se montre même nuisible, surtout dans les cas très invétérés de rhumatisme noueux et lorsque la maladie s'est déclarée dans un âge avancé. J'ai observé que l'un des premiers effets de l'emploi du médicament est souvent de réveiller les douleurs ou de les exaspérer dans les jointures principalement affectées. Les choses vont même quelquefois si loin, que la rougeur et le gonflement se manifestent là où ils n'existaient pas et qu'on est obligé de suspendre momentanément le traitement. Mais, en général, la tolérance s'établit au bout de quelques jours, et l'on peut alors élever progressivement les doses. 11 y a, je crois, avantage à administrer l'arsenic sous forme de liqueur de Fowler à la dose de 2 à 6 gouttes, deux fois par jour et suivant la méthode anglaise^ c'est-à-dire peu de temps après les repas (p. 638-639).

Nodosités d'Beberden, évolution. — Relativement aux nodosités d^Heberden, je puis ajouter, en me fondant sur mes propres observations, les détails qui vont suivre: Ainsi que le fait remarquer M. Garrod (p. 617), les arthrites se développent souvent, dans cette forme du rhumatisme articulaire chronique, sans occasionner d'autre inconvénient qu'un léger sentiment de gêne dans les parties affectées. Cependant, de temps à autre, il se produit des espèces de paroxysmes pendant lesquels les jointures deviennent douloureuses, chaudes, et paraissent tuméfiées

S66 «OTKR son I.* finllTTE

|itiis que de coutume, en mi''nie tempt> que la peau qui les recoovru prend une coloration i-oii(;g plus ou inoint* pronoiicviv — Ces paroxysmes coexistent ou alternent souvent avec tlt-s donleurs muaculaires rhumatntdes, elnn p^rtinilier &vt*c le liinibago. - Certaines névralgies, et surtout la sciatitjue, la mi^niine. i'asllime uatarrbal avec exaeerbation^ périodiques, st- rooroii' 'nt assex fréquemment, chez les sujets qui portent les nottoail^H dont il s'af^il. — ' Il est parfaitement exact que ces nodosité constituent parfois une maladie de famille et qu'etlon rolnridral ivont, chez un même individu, avec l'arthrite rhumaloïdc occupant une grande articulation, telle que celle de l'r-paule du do la hanche {morbm cot»- x-'itHit). pur etemple. {Voyez plii' lioulp. SSftOtl*. fi."jll-6o"),

Viiexiilence de In lilhiate bitiairi', d" lu (jrawHf iiri^ur ft det» fioiilli; — l.'obKorvation clitilque di^montre que la HthioM Hjiairf coexinlu assez fréquemment avec \a t/mvellr. uriiyur et It tjoullif. Slockhardl [DecholeliIhU. Lipaiœ, 183*) et Fabcr ont *i- Kualé depuis longtemps la présence de l'acide urique dans ce^ Inin» eaicuU biliaires-, Frerichs(A7i>iift dfr Min-krankli., Bd. 11. S. 474, BraUDSchweig, 18C1) aurait rencontré un fait du méat genre. Peut-être ces calculs provenaient-ils de sujets goutteux. Un n'a pas oublié que dans les expériences de Zalesky, chez li's animaux dont les uretèrts ont été liés, la bile e^t chargée d'urale de soude, qui, dans la vésicule du fiel, se<tépare sous forme coqcièle (note, page 329 du Traité de Garrod et p. 100 de ce volume).

— Sur la relation qui existe entre la lithiase biliaire et la goutte, consultez : Prout {tor. cit.): — U. Budd (On ditfoseï of Ihf livrr. Lnndon. 1852, p. 300, 369) ; — Henoch (fCtinik d*r Un- Irnleihu'KronkhHleti, Hfi édit. Berlin, 1803, p. I"i0), — Hariev yjniindkp, il* pathologij, etc. London, 1803) ; — Willeniin ll)*t enliqun hépatique*, etc. Poris, 1802) (p. ft">9).

Tophui ft calcult d'acide lithique. — « Je ne me rappelle pa« ». n dit Brodie, « avoir vu un seul goutteux atteint de concrétions Arthritiques, communément appelées tophns, qui fui en mAmp

temps sujet aux calculs d'acide lithiquc. Ces concrétions sont composées d'acide lithique combiné avec la soude ; et si cet acide est sécrété dans les articulations, il ne peut pas Têtre dans les reins. » {Malad. des organes tirinaires, Paris, 1845, p. 278). (p. 661).

Néphrite goutteuse. — Les symptômes de la néphrite goutteuse se manifestent quelquefois de très bonne heure dans la goutte chronique d'emblée. Chez un malade dont Thistoirc a été rapportée par M. Traube (de Berlin), dans une de ses cliniques (Berliner klinisch. Wochenschr.^ 27 nov. 1865, n<^ 48), les signes de Taffection rénale ont été constatés un an à peine après les premières manifestations de la goutte articulaire. Un fait du même genre a été observé par M. Holland {Médical Notes ^ etc. London, 1839, p. 133). (p. 664).

Goutte et urémie. — Voyez la note page 524. L'indication de plusieurs exemples d'urémie observée chez des sujets goutteux a été donnée à la page 275 (voy. la note) ; un fait du même genre, remarquable à divers égards, se trouve consigné dans les Médical Notes and lieflections de H. Holland (/oc. cit.) (p. 065.)

Goutte et diabète. — La notion d'une connexité plus ou moins étroite entre le diabète et la goutte ne semble guère remonter au delà d'une quarantaine d'années. Scudamore, loin de pressentir cette affinité, soutenait au contraire que les deux affections dont il s'agit se rattachent à des causes tout opposées. En 1828, un auteur allemand, Stosch (de Berlin), a signalé dans son Iraité du diabète l'existence d'un diabète métastatique survenant après la cessation de la goutte, et il cite à ce propos, deux observateurs anglais, Whytt et Fraser (W. von Stosch, Versuch einer Pathologie und Thérapie des Diabètes mellitus. Berlin, 1828). — Quelques années plus tard dans sa Pathologie (t. VI, p. 607), Neumann mentionnait la goutte parmi les causes du diabète secondaire. — A une époque encore plus rapprochée, Prout faisait remarquer, en plusieurs endroits de son bel ouvrage {On ihe Nature and

l ?(»)TES SL'H lA GOUTTE

Trealemeiil of ttomac/i and rénal D'uemet. 5* 6dit. LondoD, 4844, p. 25, 3â, 34. 211), qu'il n'esl pas rare de voir coïnciderlf! (liabétD, soilovec la gravelle urique, soit avi^c In poultc «infirmée ; en pareil cas, suivant lui, la glycosurie reste If plu» *"uvent lateate pendant longtemps, cl ellf- n'est rt-marqu^p qui' lorsque les sympti\raes vulgaires du diabt^li^, en particulief la polyurie, se sont ouvertemiMtldéclar<^a. — En Frauct-, M. Rtyr a di>puis Inagtenips appelé l'attention de ses i^lèves sur erlte relation qui existe entre la gpavelle urique, la jîoulte et le disr hèle. On peut consulter entre autres, à cet égard, la Ihtee de H. Contour (Paria, 18W, p. 49). et les leçons de M. Claude Bernard pour 1855, " Nous devons savoir reconnaître ", dit l'^minenl pliysiologiste, dans une de ses leçons, » ce qu'on pourrai! appeler des diob^len allemont», c' est-il-dire dos diabètes sp siiceédanlpar accès avec les syniptùines d'une antre maladie. p1 particulièrement avec des accès de goutte ou di' rhumali-tmi-. Oa voit (pielquefois des malades goutteux présenter loul A coup des symptAincs diabétiques, et les urines se chaîner Ar sucr(4, c'esl-A-dire la goutte se changer en un accès de diab^le. M. Rayer rite «n certain nombre de ces cas, et moi-mAme. j'm connais un qui est très caractérisé, » {Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine, cours du semestre d'hiver 185.1-1855. Paris, 1853. p. 4591. M. Marchai (de Calvi) est revenu en 1850 (Ciiiou médicale, 1851!, n" 29) sur cette question, dontil a bien compris toute l'importance et plus tard, il en a fait l'objet d'une étude suivie, dans ses remarquables Rechercher sur ti-t nrfidrnis diabcti'jues (Paris, 18U4, pp. 39, 40, 283, 409.)

D'après cet observateur distingué, il existe nn diabète relevant de la diathèse urique ou de la goutte. Cette conclusion e^^t conforme au\ observations antérieures et A la réalilé des choses. Mais on pourrait peut-éire reprocher à M. Marchai (de Calvi) d'avoir un peu trop étendu le domaine de cette forme de diabète et celui de la diathèse urique en général. Les remarques qu'il présente à cet égard ne sauraient guère s'appliquer qu'aux classes les plus favorisées de la société, du moins CQ France, Il existe un rapport entre le diabète et la goutte uù

la gravelle urique, cela est incontestable; mais la fréquence de cette relation varie singulièrement suivant le terrain sur lequel on s'est placé pour observer les faits. Ainsi le professeur Griesinger, qui a étudié le diabète chez des sujets appartenant à toutes les classes, n'a rencontré que trois goutteux sur deux cent vingt-cinq diabétiques {Siudien ûber Diabètes^ in Archiv. fûrphysioL Heilk., 1859, p. 16). Au contraire, le docteur Seegen, qui exerce la médecine aux eaux de Carlsbad, et dont les malades appartiennent par conséquent aux classes aisées, a rencontré trois cas de goutte sur trente et un cas de diabète. (Seegen, Beitrâge zur Casuistik der Meliturie, — Virchow's Archiv. Bd. XXI, Bd. XXX, 1864.)

Il est rare de voir la goutte ou la gravelle urique et le diabète confirmé coexister dans le même temps, chez le même sujet, mais ces deux affections alternent ou se succèdent. Il est de règle que la gravelle ou la goutte ouvrent la scène ; puis en

général, leurs symptômes s'effacent au moment où le diabète

apparaît. M. Rayer avait déjà remarqué que la goutte se change en diabète et M. Garrod, dans un article récent a dit en propres termes : « Quand le diabète apparaît, la goutte cesse. » (Reynod's System of Médecine. London, 1866 t. I, p. 825.) — Le pronostic peut se montrer quelquefois aussi grave en pareil cas que lorsqu'il s'agit du diabète ordinaire; la méliturie goutteuse, en effet, elle aussi, provqque de temps à autre le développement des phlegmons de mauvaise nature, des accidents gangreneux, de la phtisie pulmonaire, etc. Je suis porté à croire cependant, d'après ce que j'ai observé, que cette forme du diabète se distingue le plus souvent par sa bénignité relative ; le régime et l'emploi des amers, de l'iodure de fer, combiné avec l'usage des eaux alcalines, en triomphent en général aisément. Je pourrais citer des faits dans lesquels la guérison obtenue par ce traitement a coïncidé manifestement avec le retour de la gravelle ou des accès de goutte. J'ai vu cependant plusieurs fois les deux ordres] d'affection coexister sans s'amender mutuellement. Il est un fait d'un certain intérêt au point de vue pratique, et qui mérite d'être relevé particulière-

370 XITES SUfl U UOl'TTE

ment. La f^lycofiurie uriqut; ou ^outteui^e, suivant la r^manpie de Prout, reste souvent latente : il est donc iin|icirt3nl dV'xaoïiner de temps à autre les urines des sujets affectés dv goutte ou de gravelle urique, afin â'y rechercher la présence du sucre.

Jn ne doit pas se borner à envisag;er les rapports entre la goutte et le diahète clieï un tnéoie sujet; il faut len rochercb^r encore nhez. les divers membres d'une rai^me famille. On (tenl voir un père goutteux et diabétique engendrer un llls qui pT«- «'niera seulement les symptômes de la goutte; j'ai rencontré m sujet goutteux dimt le p^re, diabétique, n'avait jamais eu la goutte. J'ai observé la combinaison suivante : Hfre (brasseur nt distilla(nur) diabi^tique, mort phtisique & l'àgc de quarantehuit ans. — 1" flls (même profession) : Traces de scrofule; rhumatisme articulaire aigu vers l'ftge de trente ans; obésilé; dial>éte & l'âge de cinquante ans; il vit encore aujourd'hui. — 2' lils (môme profession'* : Accès de goutte d<>pui« l'Age Je vingt-cinq ans; obésité k trente-cinq ans, puis diabète, MorI 4 la suite d'une affeetioR cérébrale. — 3» flls : Tempérament lymphatique, goutte & trente ans; puis obésité; diftliéto. Mort i\ la suite d'un accident traumalique. — l' lils : Exc^s alcoi^ ques, obésité. Mort des suites d'une cirrhose du foie. — o* fils : kératite scrofuleuse, goutte; obésité il trente-cinq ans; diabète. Mort phthisique 4 l'âge de quarante-huit ans. — tî' enfant, une fille : Quelques accès de douleurs articulaires vagues et siégeant dans la jointure métatarso-phalangienne des gros orteils. Obésité remarquable.

U y a évidemment une corrélation plus ou moins intime entre ces divers états pathologiques se reproduisant ainsi, à divers degrés, chez tous les membres d'une même famille.

Voici l'indication de plusieurs faits relatifs au diabète urique ou fjfiulleux. — Bence Jones (On mlf.rmilllng Diabètes, ond on fymb'fe of old âge, in Med. cAir. J'rantactiont, 1855, vol. XXXVI, p.40a : poulie, niilhrax,diab''te). — Billiard, de Corbigny (Haietle dfi hâpitmiT. 1852, p. 212 : goutte, diabète, phtiiie, filt goutteux).— Kucbenmeister (Gmijftifrç'* Z''i/*cAr., Ed. IV. p. 438jet Marchai fdo Caivi), /oc. ci/., p. HT : goutte, diobèiey furonclei

ItOTBS SUR U GOUTTE 571

gangreneux) ; - Marchai de Calvi {loc. cit., p. 154, fait de M. Ménestrel : goutte^ diabète, phlegmon diffus). — Charcot (Leçons sur les maladies des vieillards^ etc., 3* fascicule, Paris, 1867 : goutte, diabète; retour des accès de goutte après la cessation du diabète, (i) (p. 665-668).

Insuccès des opérations chez les goutteux, — Les opérations, celle de la cataracte, par exemple, réussissent mal chez les gout^ teux, suivant W. Budd (Library of medicinn, t. V, p. 213); les phlegmasies prennent souvent chez eux, d'après Prout, un caractère adynamique. Il s'agit ici surtout de sujets atteints de goutte chronique et cachectiques. Dans ces mêmes circonstances, les pyrexies présentent une gravité exceptionnelle. Le typhus, en particulier, serait constamment mortel, d'après Schmitdmann (Observât., t. III, p. 379) et Murchison (A Treatise on continued Fevers, etc. London, 1862^ p. 227). La syphilis, au dire de S. Wels (Practic ? Observations on Goût. London, 1854, p. 87^ est grave chez les sujets atteints de goutte ; elle prend volontiers le caractère scorbutique.

Lorsque la goutte est récente et qu'il n'existe pas d'état cachectique, les maladies intercurrentes sont loin de prendre aussi habituellement une tournure grave, et les choses se passent à peu près comme dans les conditions ordinaires. On peut consulter à ce propos plusieurs faits rassemblés parScudamore dans son Traité de la goutte (p. 677).

Ligature des uretères. — Sur la ligature des uretères chez les oiseaux.— Galvani avait déjà pratiqué la ligature des uretères chez les oiseaux, et remarqué quelques-unes des altérations viscérales qui sont la conséquence de cette opération. C'est ce dont témoigne le passage suivant, rappelé par E. du Bois Reymond dans les Archiv, von Reichert (1865, p. 408), à propos des recherches de M. Zaleski : « Devinxi... uretères vivente pujlo (in « quod in volatilibus actu filo instructo post anum profondo ex

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