TREMBLEMENT SÉNILE
N'avez-vous pas la voix cassée, le menton épais, l'esprit mince ? Enfin, tout n'est-il pas ravagé par la vieillesse, etc., etc.
Comme on le voit, il n'est pas du tout question ici du tremblement. Dans la pièce « Comme il vous plaira » un des personnages de Shakespeare, Jacques compare, on s'en souvient le monde à un théâtre. Les hommes et les femmes sont les acteurs. Les actes de la pièce répondent à sept âges ; le sixième à la première vieillesse ; le septième à l'extrême vieillesse « qui vient finir celte histoire pleine d'étranges événements. C'est la deuxième enfance, état d'oubli profond ou l'homme est sans dents, sans yeux, sans goût, sans rien. » 11 n'est fait dans ce passage, de même que dans le précédent, aucune mention du tremblement. Ce n'est pas d'ailleurs seulement sur ce point des choses de la médecine que Shakespeare s'est montré un peintre fidèle, mais sur bien d'autres, assez nombreux pour qu'un médecin anglais, le D' J. C. Bucknill ait pu en faire un livre plein d'enseignements même pour les gens du métier (1).
Si nous passons maintenant en revue les opinions des médecins, nous constatons qu'un certain nombre d'entre eux ont adopté le préjugé des gens du monde. Parlant des modifications qui surviennent du côté du système musculaire dans la vieillesse, L. Fleury dit « que l'on observe souvent le tremblement sénile (2). » Dans un article consacré au tremblement (3), nous lisons que « l'affaiblissement des parties qui en est le résultat (de la vieillesse) donne presque constamment lieu au tremblement » et qu' « il est rare de voir un vieillard qui ne tremble pas. »
Toutefois, il est juste de reconnaître que beaucoup de mé-