‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 210 sur 230 · TREMBLEMENT SÉNILE · texte numérisé non relu

TREMBLEMENT SÉNILE

mouvements. Dans chacune de ces variétés, il existe une certaine uniformité, les mouvements qui la caractérisent se reproduisant à peu près dans un ordre régulier.

M. Gharcot signale ensuite une autre variété, celle-là un peu plus complexe. Outre le tremblement de la tête, on note une trémulation intéressant la lèvre inférieure et le menton qui est branlant. C'est ce que les enfants, qui se moquent des vieillards, — cet âge est sans pitié, — appellent « faire la bouche de lapin » pour employer les expressions même de Tune des malades.

Le tremblement envahit quelquefois les mains. Pourtant, nous le répétons, c'est à la tête qu'il prédomine; il n'est pas spécial aux personnes ftgées,puisqu'on l'observe parfois, avec tous ses caractères, ainsi que l'ont noté divers auteurs et nous-mêrae, chez des individus qui sont encore jeunes ; diverses circonstances et principalement les contrariétés, les émotions, donnent lieu à des exacerbatîons de ce tremblement.

Il importe de ne pas confondre le tremblement sénile avec les spasmes rhythmés des muscles du cou, lesquels éclatent dans les mêmes conditions que le tremblement sénile. En pareille occurrence, la tête tourne toujours de gauche à droite ou de droite à gauche. Ces spasmes, dont notre maître a fait voir un curieux exemple l'an dernier, diffèrent du tremblement sénile en particulier, parce que celui-ci est plus rapide, moins régulier, se complique fréquemment soit de mouvements alternatifs de flexion et d'extension, soit de mouvements de la mâchoire inférieure.

Le tremblement sénile succède souvent à des émotions morales et se développent subitement. Afin qu'on puisse mieux se rendre compte de la vérité du tableau tracé par M. Gharcot et que nous avons essayé de reproduire fidèlement, au moins dans ses principaux traits, nous allons résumer en quelques

ÎS80 MAIADIES NEHÏEt:SES DES VIEIl.URDS

mots les observations des malades <\uc M. Charcot a présentées.

CasI, — Mag..., 70 ans : tremblement prédominant i la t*to, ayant débuté subitement pendant la guerre, consécutivemeol & une peur causée par la vue d'un grand nombre de fédérés que l'on fusillait sous ses fenêtres. Les mains sautent parfois rjuand elle travaille à la coulure ; quelquefois les jambes et le tronc tremblent.

Cas M. — Ki..., fi8 ans: tremblement de la tête surtout et du bras droit, survenu en 1871, à la suite d'une frayeur causée par la vue d'uni; « bombe » qui tua ô ou 6 personnes en éclatant. Le tremblement se compose de mouvements de latéralité, de Qexion et d'extension de la tête.

Caalll. — Hen...,82 ans : tremblement intéressant principalement la m&choire inférieure. Cette femme prétend que sa maladie s'est développée brusquement, après une émotion vÎTe occasionnée, pendant la guerre, par la mort d'un de ses neveux qu'elle vit tuer sous ses yeu\. Aussitrtt elle fut prise d'un tremblement général et tomba dans une sorte de léthargie. Lorsqu'elle revint à elle, le tremblement avait diminué, et s'était circonscrit. Peu A peu, depuis lors, il est devenu plus inU-nse. Les contrariétés l'augmentent. La langue est respectée, la parole normale. H y a, chez celle femme, un léger tremblement des pouces qui l'empêche d'entilerson aiguille. Elle tremble plus de la main droite que de la gauche. Rien du ciKé des jambes.

CasIV. — Blon.,., 71 <ins : tremblement limité à la lêle qui fait alternativement oui i-t tton. Ce tremblement a paru en 18C9, & la suite d'une peur déterminée par un accident de voilure : elle faillit être écrasée. Quinze jours après, son mari s'aperçut de son tremblement : » On dirait, faisait-il remarquer,'que tu dis toujours oui. » Quant k elle, elle ne s'était aperçu de rien. Le tremblement s'est aggravé progressivement et davantage de-

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