‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 212 sur 230 · CHORÉE VULGAIRE S · texte numérisé non relu

CHORÉE VULGAIRE S

relever, c'est la lenteur relative des mouvements, la variété peut-être moins grande des grimaces, la marche essentiellement chronique. Âlten... a 71 ans; lachorée a débuté il y a 12 ans. — Cour... a le môme &ge ; la chorée a paru à 60 ans. — Ces deux exemples mettent hors de doute la longue durée de la chorée chez les personnes avancées en âge.

Le p'onosiic, en général, n'est pas grave, en ce sens que la vie n'est pas compromise ; mais il Test en ce sens que la maladie est incurable. M. Charcot déclare n'avoir vu signalé aucun cas de guérison. Il ne faudrait pas croire non plus que toujours le pronostic soit relativement bénin. M. Charcot a vu une vieille femme, dont les mouvements étaient excessivement exagérés, succomber dans un état typhoïde avec une élévation notable de la température centrale. — Dans un autre cas, bien que les mouvements fussent circonscrits à une moitié du corps et comparativement modérés, la maladie a été grave dès le début. Elle s'est compliquée d'un délire maniaque, et la mort a eu lieu également avec une élévation brusque de la température. La plupart des vieillards affectés de chorée ont paru à M. Charcot, être dans un état de démence plus ou moins prononcé.

Vétiologie semble différer quelque peu de l'étîologie de la chorée des enfants. Chez les vieillards, il ne paraît pas y avoir de relation entre la chorée et le rhumatisme. On ne rencontre non plus chez les vieilles choréiques aucune des formes du rhumatisme articulaire chronique, qui s'observent si fréquemment dans les hospices. Enfin, dans les autopsies qu'il a pratiquées, M. Charcot n'a pas constaté de lésions du cœur.

La chorée, chez le vieillard, paraît être une maladie émotionnelle, comme le sont tant d'autres névroses du genre des chorées. Chez Cour.., lachorée est survenue « à la suite de

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chuseft donlje ne saurais parler, dil lu malade, sans verser des larmes. » — Chei! AU... la chorée est survenue dans les conditions suivantes : Son mari, aliéné, étail à Bicétre depuU plusieurs années ; elle avait l'habitude d'aller lui rendre visite toutes les semaines, parce qu'elle l'aimait beaucoup, l'n dimanche, en arrivant à l'hospice, elle apprend que son mari a été transféré en province. Elle en éprouva un vif chagrin et quelques jours après la chorée débutait.

Tout récemment, M. Charcol a observé un cas de chorée chez un homme ftgé. Elle s'est développée, il y a dix ans. dans les circonstances suivantes : Cet homme, qui est proprié- Ijiire, eut une violente discussion avec un de ses locataires ; deux heures après, la chorée débutait par les membres supérieurs. Elle se généralisa en quelques jours, l'endant deux années, les raouveraenls ont été si violents que tout sommeil était impossible. Aujourd'hui, ils sont moins forts, mais on observe, en outre, une anesthésie avec parésie du côté droit. L'emploi, à dose élevée, du bromure de potamnm. chez cel homme, n'a procuré qu'un peu d'amendement.

M. Charcot a insisté ensuite sur la nécessité de ne pas confondre la chorée vulgaire chez les vieillards, avec un autre étal pathologique qu'on désigne quelquefois sous le nom de chorée sentie et qui n'est autre chose que le tremblenteitt xénile. ( Voir p. 576 ). M. Charcot fait voir plusieurs malades atteintes de ce tremblement et signale les différences qu'il y a entre la chorée vulgaire et le tremblement sénile (I),

1. LcfOQ résumée par Bol-rneville cl publiée dans le Progris médical. 1878, n- 10, p. 177.

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