‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 32 sur 230 · DÉFAUT DE RÉACTION CHEZ LES VIEILLARDS · texte numérisé non relu

DÉFAUT DE RÉACTION CHEZ LES VIEILLARDS

Aussi les désordres les plus graves se traduisent-ils par des symptômes peu accentués : ils peuvent même passer inaperçus, et c'est dans Tâge sénile qu'on observe le plus grand nombre des maladies latentes (1).

Messieurs, ce point de vue est assez important en pratique pour mériter d'être mis en relief : je vais donc vous en signaler quelques exemples appropriés.

Laissons de côté, pour le moment, Tétude des signes physiques, dont Timportance est d'ailleurs si grande à tous les égards ; oublions les difficultés que présentent l'auscultation et la percussion chez les sujets âgés ; nous aurons plus tard l'occasion d'y revenir. Occupons-nous seulement de ces phénomènes de réaction sympathique, dont l'absence souvent absolue est bien faite pour nous étonner.

Prenons d'abord pour exemple l'une des affections les plus fréquentes dans cet hospice ; nous voulons parler de la gravelle biliaire, qui détermine habituellement chez l'adulte des phénomènes généraux d'une si grande intensité. Vous connaissez le tableau formidable de la colique hépatique, qui se présente avec un cortège de symptômes effrayants qu'il est impossible d'oublier, lorsqu'une fois on en a été témoin. Eh bien ! vous apprendrez avec surprise que chez le \ieillard, il est souvent difficile de reconnaître ces symptômes amoindris ; c'est tout au plus si nous trouvons un peu de pesanteur à la région du foie, quelques vomissements, un peu de jaunisse, parfois du délire, des symptômes cérébraux, plus aptes à nous induire en erreur, qu'à nous éclairer sur la nature de la maladie (2).

1. « A un Age avancé, les orjranos semblent vivre et souffrir isolément, leur

sphère d'activité parait plus restreinte On

ne devra jamais oublier que dans un Age avancé, les lésions les plus graves peuvent coïncider avec un petit nombre de symptômes légers, presque insignifiants. «(Grisolle. Traité de la pneumonie. U^ édit., p. 425).

2. « A rinfirmerio de la SalpMrière. on fait peu d'autopsie^; sans rencontrer

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