‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 38 sur 230 · CHALEUR DES PARTIES CENTRALES · texte numérisé non relu

CHALEUR DES PARTIES CENTRALES

staiit raôrae où la surface extérieure du corps offre tous les indices d'un refroidissement considérable, la chaleur centrale se maintient à un degré très élevé ; la thermométrie axillaire, il est vrai, ne permet pas de constater toute l'intensité de cette réaction (1): mais dans le rectum, il existe une température de 40 à 41 degrés, ainsi que j'ai eu maintes fois l'occasion de le constater moi-même.

Cette brusque élévation de la température, au début des maladies, correspond assez exactement à ce que nous observons chez l'adulte, et, sous ce rapport du moins, le vieillard ne le cède en rien aux sujets d'un autre âge. Mais cette rapidité de Tinvasion ne se rencontre que dans certaines maladies ; il en est d'autres où la chaleur fébrile s'accroît d'une manière lente et graduelle ; et, pour rester dans le domaine de la pathologie sénile, nous citerons comme exemples la broncho-pneumonie et la fièvre catarrfaale. Il est rare, d'ailleurs, dans les affections de ce dernier type, de voir la température s'élever au même degré que dans la pneumonie lobaire; nous aurons bientôt l'occasion de le démontrer. Voyons maintenant quels sont les caractères de lu réaction générale dans cette phlegmasie, que nous avons choisie pour type des affections fébriles de la vieillesse.

Le frisson a marqué le début de la maladie, qui suit, h partir de ce moment, une évolution régulière. C'est

dans rintervallc, le Iheriiiomètre perinel <lo constater qu'il existe souvent une upyrexie complète. La mort a lieu presque toujours à la suite de ces accidents. M. Cornil a publié, dans les Mém. de la Soc. de Diolog. (18(35) plusieurs cas de ce j^enre recueillis dans mon service. On sait que Monneret avait déjà signalé Texistence d'une fiè\Te à type rémittent ou intermittent dans les afTcctions du foie. (Arc h. de méd.j 1861.) 1. Il existe presque toujours, en pareil cas, une différence de quelques frac-

CHALEUR UKS PAHTIES CENTRALES 'H

alors (ju'il devient intéress^int d'en épier avec une iittention î^crupuleuse les progrès journaliers, et de constater, à l'aide de la tliermométrie, les moindres oscillations de la chaleur animale ; car dans la majorité des cas, elles correspondent avec une grande exactitude aux diverses phases de la maladie.

In amendement momentané succède habituellement au frissson initial : la température s'abaisse quelquefois de plus d'un degré, et le malade éprouve un bien être relatif. Mais c^st là un calme trompeur, et le soir même ou le lendemain matin, la maladie reprend sa marche. La température remonte à 40 degrés ; lorsqu'elle s*y maintient pendant plusieurs jours, on est autorisé à penser qu'il s'agit d'un c<is sévère ; lorsqu'au contraire elle tend à s'abaissser progressivement à 39 degrés ou même un peu au-dessous, le pronostic est relativement favorable. Les chiffres ({ue nous venons d'indiquer correspondent à la température observée le soir, car la fièvre, dans la pneumonie (même lobaire), n'observe pas une marche rigoureusement continue ; il y a des réraittences quotidiennes qui s'expriment, tous les matins, par une différence thermométrique d'un demi-degré eu moyenne. Mais, dans la pneumonie catarrhale, ces oscillations !<^ont bien plus fortement accusées ; elles se traduisent par df's écarts d'un degré, d'un degré et demi, et quelquefois davantage. Si vous songez en même temps que dans cette dernière affection la température s'élève lentement, p<ir degrés successif, et n'atteint presque jamais les chiffres qu'on observe dans la pneumonie lobaire, vous comprendrez aisément que la seule inspection des tracés thermométriques peut i^ouvent permettre de distinguer entre elles ces deux maladies, dont le diagnostic différentiel est parfois assez difficile.

Nous avons placé sous vos yeux quelques exemples de ce

lion-. d«.' d<^pr^é, quelquofois d'un di»{cr'S entre la tomptrutniv de rjiis^cllr cl folle cfn rectum.

32 COIRBES DE TEMPËRATl'RE DA.NS LA PXEIXO.ME

genre, dont plusienrs onl (^léjrecupillis dans nos salles, lin simple coup d'œil vous fera siiisir les différences que nous cherchons à faire pi'ssiirlir.

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COL'UBES de TUPBRATL'HB dans L4 PHKUHOniE-' 33

Jour*. 3 15 6 7 8 9

Fif. 8. — Pneumonie lotmire, rhez un enfant de 3 Guéri !ioii. (Ziems!>gk.)

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Fiff. i. — Pneumonie lohairc. chez iin hommo dp !1S i ;\Vi;\DrHLir,ii, filé pnrArTKEv).

CiAHCOT. Œnvr. compl. t. vn. Malad.deêVieillards.

34 COURBES DE TEMPËDATURE DANS U TNEUllOniE

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Fia. *■ — Pneumonie iobairc, chci une Tumme de '% uu. G uf ri son. (Cn.\ncoT.)

La juxtaposition de ces courbes de température vous pei^ met en même temps de comparer les tracés ol^niift cbei l'adulte el l'enfant, dans la pneumonie soit lobùfe, soit calarrhale, avec cen\ qu'on recueille chez le vieillard; il suffit d'y jeter un coup d'œil rapide pour en saisir la parfaite analogie (l).

Parmi les tracés que nous avons rassemblés ici, il en est deux qui sont destinés à mettre en relief l'influence exercée sur les oscillations de température par les agents thérapeuliqucs. Dans k premier de ces deux tableaux, vous voyez l'adminislralion de la digitale à haute dose amener, à deuK re^ses diffiérentes, un al>aissement notable de la tempéiatiire. Ce ph(;nom6ne, qui n'a jamais lieu spontanément h

imrs DIS mdiumeiits 35

ceUe époipie de la maladie, peut également être provoqué par le tartre stibié ou les. émissions sanguines. Hais cette défervescence n'est le plus souvent que temporaire, et chaque fois que radministrstion du médicament est suspendue, vous voyea la température s'élever de nouveau.

Fig. 6. — Pneumonie lobaire traitée par la digitatc, rhcz iincrcmmc lia 71 iin«. Mort. (Ciiarcot).

Le second tableau vous montre les effets du rhum administré en potion à la dose de 120 grammes. Pendant la première période de la maladie vous vojez la tempénilurv s'abaisser lentement, mais d'une manière progrrssivt' sous l'influence de ce médicament, pour se relever aussitrtl qu'il cesse d'être administré ; la maladie reprend ensuite son cours naturel, et se termine par la guérison. Mais c'est là un siyet

36 EFFirS DES MéDICAMERTS

sur lequel nous aurons sans doute à revenir plus longuemenl dans le cours de ces conférences.

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La persislanre d'une tcmpéniturp élever, s;inïi oscillations diunii's bien nianiut'os, pendanl un certain nombre de jours, roiislitiic un caraclère clinique iniporlant de la pneumonie lobairr. .iminiit daux Vâgcscitilc. Chez l'adulte, nous pouri-ions ciler plusieurs aireclionf (les fièvres éruplives et le lypbus e\antliématique, par e\cniplp^, qui partagent ce raractèrc. Nous ne le retrouvons ffu^re que dans l'crysipèie, chi'/, les vieillards, s'il faul sVii rapporler àoeque nous observons Il la Salpi>trii''re. A^lssi l'imporlaiire clinique de ce feit ne saurait l'Ire evigérce. snrloul lorsc^u'on songe aux difficultés que présente baliitnellenient l'auscultation de la poitrine dans l'âge sénile. On parvient en effet chez plusieurs

DÊFERVESCENCE 37

malades à formuler le diagnostic d'une inflammation pulmonaire par la thermométrie, longtemps avant que Toreille soit parvenue à saisir les signes stéthoscopiques qui en révèlent l'existence.

Il nous reste à signaler les particularités que fait reconnattre chex les vieillards l'exploration thermométrique dans la période de déclin de Tétat fébrile, ou, comme on dit en Allemagne, pendant la défervescence. Tantôt labaissèment de la température qui signale le retour à l'état normal s*accomplit par degrés successifs pendant un espace de trois ou quatre jours : c'est le cîis de la fièvri». catarrhale, de la broncho-pneumonie; tantôt, au contraire, il s'opère brusquement, et dans l'espace de douze, vingt-qualre, Irente-six ou quarante-huit heures, on voit la température baisser de un à deux degrés et même plus. C'est ainsi, du moins, que vont habituellement les choses dans la pneunumie lobaire, si l'issue doit être favorable. Souvent celle ohute rapide du mouvement fébrile est précédée d'une brusque élévation de la température qui s'accompagne» d'une exaspération plus ou moins prononcée et souvent fort inquiétante des symptômes. C'est ce qu'on appelait autrefois du nom de perturbation critique. Notons enfin (pie dans la défervescence, la température descend parfois au-des^ous du taux normal, s'y maintient pendant quelques heures, parfois pendant un jour entier, pour re[)rendre ensuite définitivement le niveau qui correspond à l'état de snnté j)arfaite. Le but est alors dépassé, si l'on peut îiinsi dire : niîiis nous n'avons wx que rarement, chez les vieillards, cet abaissement de la température au-dessous du taux normal

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