‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 43 sur 230 · HÉMATOLOGIE PATHOLOGIQUE DE LA GOUTTE · texte numérisé non relu

HÉMATOLOGIE PATHOLOGIQUE DE LA GOUTTE

de plus en plus ; ils augmentent en nombre sans rien perdre de leur durée ; ils finissent enfin par se toucher, par se superposer ; ils deviennent en quelque sorte subintrants, pour nous servir d'un terme emprunté à l'histoire des fièvres paludéennes ; enfin, le malade est en proie à des douleurs presque continues, avec des alternatives de rémissions et d'exacerbation.

A ces symptômes permanents correspondent des lésions permanentes, d'abord du côté des jointures, puis dans les organes intérieurs ; c'est dans la goutte chronique qu'on trouve surtout ces affections viscérales, profondes, qui sont en général la cause déterminante de la mort. Au reste, quand la maladie se prolonge, on voit à la fin survenir cet état cachectique qui termine volontiers toutes les grandes maladies constitutionnelles ; c'est alors que se développent les hydropisies, l'anémie et le marasme; c'est alors que le malade tombe dans un état d'atonie presque com[)léte et que la nature ne semble plus répondre aux moyens thérapeutiques qu'on peut opposer aux progrès de la maladie.

Après avoir formulé ces notions préliminaires, nous allons aborder directement l'histoire de la goutte, en commençant par l'élude des altérations anatomiques qui en sont le cortège obligé : et comme dans cette affection générale Tétat du sang semble dominer toute la situation, nous allons tout d'abord attirer votre attention sur ce point capital.

Hématologie pathologique de lv goutte.

Depuis l'époque où Scheele découvrit l'acide lilhique, que nous appelons l'acide urique aujourd'hui, beaucoup d'auteurs ont supposé que dans le cours de la goutte ce principe pouvait se développer dans les liquides de l'économie. WoUaston fut le premier à démontrerque les lophus de la goutte étaient coni-

Chakcot. Œuv. compl. t. vu. Mal. des Vieillards. 4

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