‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 50 sur 230 · inrrod. — On dont, p, ?li. Londres · texte numérisé non relu

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DÉPÔTS d'iîRATE de SOUDE 57

se forment les dépôts, d'après M. le professeur Rouget; aussi, la boue blanchâtre qu'on rencontre parfois dans les articulalions goutteuses n'est que de l'urate de soude, provenant de la desquamation épithéliale.

Nous savons enfin que les ligaments eux-mêmes participent quelquefois à cette incrustation. Mais ce n'est point encore là que s'arrête le processus pathologique ; il peut aller plus loin et envahir les parties étrangères à l'articulation ; les tendons, les bourses synoviales peuvent en devenir le siège; et lorsque les concrétions se sont développées dans le tissu cellulaire voisin, elles prennent le nom de tophus. On sait qu'elles acquièrent parfois des dimensions considérables. Mais ces lésions extra-articulaires, qui correspondent à un degré plus avancé de saturation, sont toujours consécutives à l'altération du cartilage diarthrodial, qui peut exister seule, mais qui ne saurait jamais manquer, lorsque les dépôts uriques ont envahi le pourtour de Tarliculation. Nous ne connaissons, du moins, aucun fait qui fasse exception à cette règle.

Voyons maintenant quelle est la composition de la matière qui constitue ces dépôts. Examinée h Tœil nu, elle paraît amorphe et ressemble à du plâtrede Paris: maisvu(»au microscope, elle parait entièrement formée de cristaux aciculaires; il est vrai que Ton trouve parfois dans le cartilage alTeclé des amas disséminés de matière amorphe; mais Garrod prétend qu'à l'aide du polariscope, on peut constater que ces agglomérations elles-mêmes ont une structure cristalline.

Lorsqu'on fait intervenir l'acide acétique, il se produit des cristaux rhomboédriques d'acide urique. C'est à Taide de ce réactif qu'on peut démontrer la présence des dépôts à l'intérieur des cellules du cartilage. Mais on possède d'autres moyens de déterminer la composition chimique de ces incrustations. Si Ton traite le cartilage affecté d'abord par IVau froide, puis par Talcool, puis par l'eau chaude, il devient parfaitement trans-

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parent; et les réactifs qui ont servi à ce lavage laissent déposer par évaporation, des cristaux d'urale de soude pur; en effet, ces cristaux fournissent par incinération du carbonate de soude et, traités par Tacide azotique bouillant, puis par Tanmioniaque, ils donnent naissance à du purpurate d'ammoniaque, ou murexide, dont la couleur est si caractéristique.

N'insistons pas davantage sur la partie chimique de la question : contentons-nous de faire observer que le cartilage, ainsi débarrassé de ses incrustations, offre une structure parfaitement normale, et ne présente aucune altération visible soit au microscope, soit à Tœil nu. Telle est du moins, la régie générale.

Quant au liquide souvent boueux que renferme parfois la cavité articulaire, il offre assez souvent une réaction acide, et présente, au microscope, des débris épithéliaux et des cristaux articulaires.

Signalons maintenant d'autres lésions, qui, pour n'être pas constantes, n'en méritent pas moins une description détaillée.

Lorsqu'on ouvre une articulation goutteuse à une époque voisine de l'accès, on trouve presque toujours la synoviale rouge, injectée, vascularisée; ces phénomènes ne vont cependant jamais jusqu'à la suppuration; mais on trouve souvent un excès de liquide dans la cavité articulaire.

Dans les cas de goutte invétérée, on peut rencontrer sur le point malade toutes les lésions de l'arthrite sèche; l'usure des cartilages, les ulcérations consécutives, les bourrelets osseux, ont été signalés par divers observateurs, et j'en ai \u moimême quelques exemples; mais ce sont là des faits exceptionnels dont la nature est encore mal connue, et qui mériteraient une étude attentive.

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