S6 ÉTAT DES ARTICIJLXTIOMS I)\>S LA GOUTTE
une empreinte indélébile sur les tissus envahis, qui sont frappés, pour toujours, du cachet de la maladie.
Commençons par étudier ce qui se passe dans les articulations malades : nous y verrons la goutte se montrer avec des caractères anatomiqnes constants et vraiment caractéristiques.
Dès la première attaque, des dépôts d'urate de soude se forment dans le cartilage diarthrodial {{): ils en occupent la partie la plus superficielle et sont logés, soit dans l'intervalle/ des cellules, soit dans leur intérieur même, ainsi que nous l'avons constaté, M. Cornil et moi. Ils sont en général situés vers le centre de cette surface libre, aussi loin que possible des insertions de la synoviale, qui, comme on le sait, s'arrête au pourtour du cartilage d'encroûtement.
Vous comprendrez sans peine le motif de celte élection singulière. Les points accessibles h la circulation sont les moins exposés à la formation de ces dépôts, qui occupent de préférence les tissus privés de vaisseaux ; or la synoviale et Tos possèdent une structure éminemment vnsculaire; aussi les concrétions goutteuses se forment-elles à la surface du cartilage, pour s'éloigner de l'os, et an centre même de cette surface, pour s'éloigner de la synoviale.
A une période plus avancée de la maladie, quand l'état chronique a succédé aux accès aigus, la synoviale elle-même se laisse envahir: ce sont les appendices des franges de cette membrane, moins riches en vaisseaux, qui subissent les premières atteintes; plus tard, la synoviale elle-même présente des incrustations. C'est alors dans les celules épithéliales que