‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 73 sur 230 · Marchai fde Calvi), loc. cit., p · texte numérisé non relu

Marchai fde Calvi), loc. cit., p

i. (k)ntoiir. — Thèses de Paris, 1844, p. 49.

5. Leçons de physiologie expérimentale, etc., 1855, p. 430. — Dinhèfes nifernants.

Nous avons eu l'occasion de recueillir nous-ra^rae un fait qui confirme entièrement les observations de M. Claude Bernard. Chez un homme de cinquante-six ans, atteint de la goutte depuis de longues années, l'usage, ou plutôt l'abus d'un remède spécifique (liqueur de Laville) avait amoindri l'intensité des accès, qui avaient fini par disparaître presque complètement; mais, à la suite d'une légère attaque, qui fut promptement réprimée, on vit se manifester la soif, la polyurie l'appétit exagéré, l'amaigrissement, la perte des forces et les autres phénomènes qui caractérisent le diabète. Lorsque cet individu vint nous consulter pour la première fois, ses urines contenaient une quantité considérable de sucre. Un régime approprié, suivi pendant plus d'une année, procura une amélioration notable à ce malade ; mais le diabète ayant considérablement diminué, on voit reparaître de nouveau quelques légers accès de goutte.

M. Marchai (de Calvi) s'est également occupé des rapports entre ces diverses maladies, à propos de la gangrène diabétique, dès l'année 1856. Il a publié plus tard un ouvrage où ce sujet est étudié avec un lalent remarquable (1).

D'après cet observateur (li<tin,£rué, il existe un diabHe nrique ou govttenx : cette conclusion est conforme aux observations antérieures et à la réalité des faits. Mais on pourrait peut-^tre reprocher à M. Marchai (de Calvi) d'avoir un peu trop étendu le domaine de celte forme de diiibèle, et celui de la diathése urique en général. Les réflexions qu'il présente à cet égard ne s'appliquent guère qu'aux classes favorisées de la société, du moins en France.

Il existe incontestablement un rapport (uitre le diabète d'un coté, la goutte el la gravelle uri([ue de l'autre; mais la fré-

1. I/Uninn nipriicalf, 185<5, n" 29 — Recherches sur les accidenfs diabêliques, etc., loc. cit., p. i<)9, im^ lS(ii .

quonco de celle relalion varie suivanl le lerrain sur lequel on s%'sl placé pour observer les fails. Ainsi Griesingep, qui a étudié le diabèle chez des sujets appartenant à toutes les cliisses, n'a trouvé que trois goutteux sur deux cent vingtcinq diabétiques (1); au contraire, M. le docteur Seegen,qui professe la médecine aux eaux de Garlsbad, et dont les malades appartiennent pat conséquent aux classes aisées, a rencontré trois cas dégoutte sur trente et un cas de diabète. La proportion comme on le voit, varie de 1/10 à 1/73 (2).

Il ne faut pas, du reste, se borner à recueillir les faits dans lesquels l.i goutte se transforme en diabèle chez le même sujet; il faut aussi, comme on l'a fait avec Umt de succès pour les affections du système nerveux, étudier la transmission héréditaire des accidents, et leur répartition chez les divers membres d'une même famille.

Chez le même sujet on voit rarement coexister la goutte et le diabète conflrmé; mais ces deux affections alternent et se succèdent. La gravelle urique ou la goutte ouvre la scène puis, en général, la goutte s'éteint au moment où le diabète apparaît. M. Rayer avait déjà remarqué que la goutte se rlmnge en diabète»; etGarrod dit, en propres termes: « quand le (liabHe appan^ait la goutte cesse (3). » H faut ajouter que Yabesité précède souvent le développement du diabète.

Le pronostic peut être quelquefois aussi grave, en pareil cas, que lorsqu'il s'agit du diabète ordinaire; on voit survenir dos accidents gangreneux, et la phthisie pulmonaire. Cependant, il faut le reconnaître, le diabète goutteux est le plus

i.CtT'\vA\\\;ov. -- étudie u Hher Uiahefes. (Arcfiiv. filr ph/siol. Ileilkunde, l<yO. p. IC).

-\ P. Soojron. — ReUvatje zUr Casuislick der MelHuvie. Virc/tow'ê Archiv, \U\. ei. lîd. :îij. l,%i.

X A. H. Oarrod, in He;/nold's Si/sfem of Medicine, London, 186(5, t. I, p. •**■-*:>.— Vovvz aus:Ji (iulsfonain Lectiireson Diabètes, in British med. Journal, lsr>7.p. .31i«.

120 GOUTTE, OBÉSITÉ, DIADÊTE

souvent d'une bé nignité relative, surtout si le malade suit un régime convenable. C'est alors que le diabète est latent (Prout). Je pourrais citer des faits dans lesquels la guérison a paru coïncider avec le retour de la gravelle ou de la goutte ; c'est ce qui faisait dire à Prout que, dans le diabète, l'apparition delà gravelle urique est un signe favorable (1); cependant ces deux affections peuvent coexister sans s'amendermutuellement.

Nous allons envisager les rapports entre la goutte et le diabète, considérés dans une famille composée de plusieurs individus. C'est ainsi qu'on voit un père goutteux, diabétique et phthisique, engendrer un fils goutteux (Billard, de Corbigny) (2) ou bien un père diabétique avoir un fils goutteux (observation personnelle). Nous avons eu l'occasion de voir nous-même un cas bien remarquable de ce genre, qui nous a été communiqué par M. le docteur Real, et dans lequel on vit la goutte, la scrofule, le diabète et l'obésité se manifester chez la plupart des membres de la même famille. Voici cette observation réduite sous forme de tableau :

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