Ouilberl. — De la (ioutte. Paris. IS'2^), p. KJ^h
A. Goutte et diabète. — La notion d'une connexité plus ou moins directe entre le diabète et la goutte ne semble guère remonter au-delà d'une quarantaine d'années. Scudaraore, loin de pressentir cette affinité, soutient que ces deux maladies se rattachent à des causes tout opposées. Mais un auteur allemand, Stosch (de Berlin) qui publiait en 1828 un Traité du diabète y signale, dans cet ouvrage, un diabète métastatiq^ie survenu après la cessation de la goutte; il cite à ce propos deux auteurs anglais Whytt et Fraser. Deux ans plus tard, Neumann mentionne un diabète symptomatique de la goutte (1).
A une époque plus rapprochée, Prout, qui parait avoir entrevu toutes les questions de ce genre, signale les attaques dégoutte et de rhumatisme parmi les causes les plus fréquentes du diabète. Rien n'est plus ordinaire, dit-il, dans un autre endroit, que de rencontrer un peu de sucre dans l'urine des goutteux; ils ne s'en aperçoivent que lorsque les accidents habituels du diabète, la polyurie, la soif, lamaigrissement, se sont ouvertement déclarés (2). Un autre observateur anglais. Bence Jones, avait également constaté que iagrat'elle urique prédispose au diabète (3).
En France, M. Rayer a fait maintes fois remarquer à ses élèves la connexité qui existe entre la gravelle urique, la goutte et le diabète. On peut consulter, à cet égard, la thèse de M. A. Contour (4),et les leçons deM.CI. Bernard. L'éminent physiologiste a constaté, en effet, que le diabète peut alterner avec les symptômes d'une autre maladie, et particulièrement avec des accès de goutte et de rhumatisme (5).