MA?<IFESTATIO>S DIVERSES DE LV GOUTTE
passer en revue les plus importants de ces phénomènes, en nous plaçant à ce point de vue.
I* Les articulations sont affectées de préférence dans la goutte. C'est là un point de contact avec d'autres dyscrasies qui portent volontiers leur action sur les jointures. Nous le voyons pour l'infection purulente, pour la morve, pour l'emploi thérapeutique de l'arsenic ; l'acide lactique introduit dans les veines parait aussi porter son action sur les jointures (Richardson).
2* Les tissus fibreux et surtout les cartilages sont affectés de préférence dans la goutte. On peut attribuer ce fâcheux privilège à leur structure si peu vasculaire et à la réaction rekilivenient peu alcaline de leur tissu propre ; deux circonstances qui favorisent évidemment la formation de ces dépôts cristallins qui caractérisent la maladie.
3* La goutte se porte de préférence sur l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil. Cela tient peut-être à ce que cette jointure est l'une des plus éloignées du centre circulatoire; cela tient aussi, à ce que cette articulation qui est appelée à supporter le poids entier du corps, offre fréquemment des lésions antérieures à toute manifestation goutteuse ; et Ton sait que les causes traumatiques ont pour effet de provoquer l'invasion de la goutte.
4"* On peut expliquer jusqu'à un certain point l'envahissement successif des articulations, car lorsque des dépôts abondants se sont formés sur les cartilages d'une jointure, on peut dire qu'il y a saturation sur ce point; alors les autres articulations se prennent suivant un ordre plus ou moins régulier.
5* La formation des tophus reconnaît aussi pour cause la saturation des cartilages; aussi est-elle toujours un phénomène consécutif.
6* On peut se demander si les dépôts d'urate de soude dans
Chargot, Œav. compl. T. vn. Malad. des Vieillards. ii
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léd Cartilages sont là cause ou Teffet de rinflammattôii lOMiêé Garrod penche vers la première opinion. Il fidt obsêrfel qut rinflammatiott suscitée par la présence dès dépote semble avoir pour eflét de détruire l^urate de sotlde^ el ^% la Mil* d'un accès, lé sang contient une prii^rtion mtiùÈ e^^sidl^ râble dé éê sel. En outre, les dépôts ^ se fonneftt mntÊMâp^ remettt ne sont point précédés d'un travail inÉiiïUUttoife) l^ s'ils déteriûinent ipieiquefois des écéidentâ de Oé fSHf «^ c'est uniquement à titre de corps étrangers (oreille èldéiQ^i
T Ainsi la fonction de ces dépôts éini te eaililage pÊécéderait la première attaque; et la formation de d^ts mù^ véàtut. Soit dans la même jointure, soit dans de nouvettel articulations, occ^isionnerait les phénomènes locaux qui tê^ ractériâent les accès subséquents.
S"" Mais pourquoi cette vive douleur qui inaugure la séliè des accidents articulaires? On né saurait l'atl^bui^ à Tto* flammation; la fluxion loi^e est tout aussi vive, mais à coi^ %tt moins douloureuse dans le riiumatisme articulaire. Il liiutt suivant Garrod, l'attribuer à la présence même des dépôts dans l'épaisseur du cartilage et à la tension qu'ils déterminent ; car c'est seulement quand la goutte est intrU'-articu^ laire que les souffrances sont aussi vives ; lorsque le dépôt se fait à rextérieur, il n'en est pas ainsi.
9** Enfin les symptômes de l'arthrite se manifestent, et la réaction générale est provoquée par les phénomènes locaux ! on sait que son intensité est en général proportionnelle au nombre des articulations envahies, et au degré de l'inflammation locale.
Tel est, messieurs, l'état de nos connaissances sur ce sujet. J'ai cru devoir me livrer une à discussion souvent aride pour vous montrer combien, à cet égard, il nous reste de progrès
à réaliser.
Pour ce qui concerne la goutte viscérale, nous avons déjà signalé les résultats des intéressantes expériences de Zalesky; elles nous ont prouvé que la ligature des uretères chez plusieurs animaux, provoque la formation des dépôts d'urate de soude dans les follicules de restomac. Il est fort possible que chez l'homme, les liquides gastro-intestinatix se chargent d'urates, dans le cas de saturation. Des phénomènes analogues peuvent sans doute se produire sur d'autres points. Chez les animaux qu'il avait mis en expériçncç, Zalesky a trouvé dans l'extrait musculaire une~ forte proportion d'urate de soude. On comprend aisément toute l'importance de ces faits au point de vue des accidents viscéraux de la goutte; mais, ce qu'il est moins facile d'expliquer, ce sont ces métastases soudaines qui transportent le travail morbide d'un point sur un autre : du gros orteil sur l'estomac, et de l'estomac sur les jointures. Sous ce rapport, la science n'a certainement pas dit son dernier mot.
Il me resterait à vous parler des moyens thérapeutiques qu'on peut opposer à la goutte. Mais j'aime mieux reporter ce sujet au moment oîi nous aborderons le traitement du rhumatisme chronique; nous trouverons dans ce rapprochement les éléments d'un parallèle non moins instructif que curieux.