‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1-Chapitre 96 sur 230 · Virchow's Archiv. Janvier 1858, p · texte numérisé non relu

Virchow's Archiv. Janvier 1858, p

'•îîSr'îi.fi'T;

i72 LÉSIONS ANATOMHHIBS

En France, ces résnllats ont été confirmés et dévek^pés parles recherches de MM. Ranvier, Gomil^ et Veigely (1).

G*est à Taide de ces documents et en nous fcmdant sur les études que nous avons fiiites mms-méme que nous allons vous donner une descripticm du travail m<»rbtde qin caraïberise le rhumatisme articulaire chronique.

A. — Indication somuias dbs CARACitaRS FONaAHSNTAin db L^irraaiTB anuiiATisifALE chronique.

L'affection que nous aUons étudier porte sur Tensemble des parties constituantes de la jointure, mais elle s^accuse d'dbofd sur la membrane synoviale et sur les cartilages diarthrodiauE; ces deux parties peuvent être affectées simultanément eu successivement. La membrane synoviale devient te siège d'une vascularisation extrême ; les firanges synoviales préémtantes augmentent de volume et de nouveaux BffpeiÈàkm viUeux sont formés ; enfin des corps étrangers pmiv^nt se développer soit aux dépens des franges elles-mêmes, soit dans Tépaisseur de la synoviale.

11 se produit en même temps une modification de la synovie articulaire; au début, la sécrétion de ce liquide est exagérée; ce phénomène est constant, d'après Adams. Plus tard, le liquide intra-articulaire peut subir divers changements; mais jamais il ne renferme de pm\, à moins de complications particulières. La destruction du cartilage diarthrodial s'opère suivant un mode déjà connu de William Hunter, et bien étudié par Redfern (2) ; il est connu sous le nom d'altération velvétique. On voit d'abord le cartilage se segmenter sous

1. Ranvier. — Thèse de Paris, 1865 ; Gornil (traduction de Niemeyer, Pathol. interne, t. II, p. 556) ; Vergcly, Thèse de Paris, 1856.

2, Edimburgh médical Journal^ 1849.

ÉTUDE HlSTOLOGIQl'Ë 173

fonne de fibrilles, puis ces fibrilles elles-mêmes disparaissent, et le cartilage est détruit.

Voyons maintenant quels sont les changements qui se passent, à la même époque, dans le tissu osseux. Nous constatons d'abord Tébumation de la surface articulaire, soit aux dépens de la partie profonde du cartilage, soit aux dépens de Tos préexistant; en même temps, il se produit des végétations osseuses, situées en général à la limite du cartilage. Ces ostéophytes ont d'abord une structure cartilagineuse ; ils s'imprègnent ensuite de sels calcaires, et finissent par s'ossifier.

Une troisième altération, dont l'importance est au moins égale à celle des lésions précédentes, est la réfraction du tissu osseux aux extrémités articulaires. En premier lieu, il se développe une vascularisation évidente au-dessus de la couche éburnée, et une moelle osseuse, de formation nouvelle, prend naissance en cet endroit; en second lieu, l'os se raréfie et se transforme en une sorte de moelle graisseuse au-dessous de ce point.

Telles sont les données fondamentales qu'il importe de constater ici. Il existe sans doute bien d'autres altérations ; mais comme elles ne sont point communes à toutes les formes du rhumatisme articulaire, nous les étudirons en temps et lieu.

Nous allons reprendre actuellement chacun des faits que nous venons de signaler,pour l'étudier d'une manière plus approfondie à l'aide des moyens d'investigation que nous possédons aujourd'hui.

Bt — Étude histologique.

1* Altérations de la synoviale. — Elles ne consistent, jusqu'à un certain point, qu'en une simple exagération des dispositions qui existent à l'état rudimentaire dans les conditions normales.

i74 ALTtii.^TT(i>s \n (,\mnAàF.

On Mit que la membraiiu syiiovialf- est garnie de frang^« qui présenlent clles-m^nies des appendîcoâ (1). On \Tiil, bt l'état pttUiologiquo, ces petits prolongement» an^menler de nombre et présenter une vascularisation plu» intense.

Il e\is(«. à l'état normal, des cellules de cartilage dans ces appendices synoviaux (KOlJiker). Ces noyaux cartilagineux peuvent devenir le point de départ des corps étrangers pédicules dont nous avons déjà parlé. D'après M. Ranvier, il y aurait d'abord prolilétalion des cellules, puis formation d'un vrai cartilage ; la cakiQcaliun viendrait ensuite, et en dernier lieu, l'ossification proprement dite avec eorpuscules osseux.

DauB l'épaisseur delà synoviale, il peut se former des corps étrangers sexsiles qui passent absolument par les raOnies pba- 568 que ceux qui sont pédicules.

8' Altérations du cartilage. — Pour ce qui touche aux altérations du cartilage diiirthrodial, nous nous trouvons en présence dp di'ii\ faits principaux: le premier est ia prolifération di's relliilcs ^•l la i'ornjiilion de i;a|is(ilcs ^econdiiîri's: le second est la segmentation de la substance tbndamentaie. Elie M divise en fibrilles qui deviennent libres par l'extrémité qui répond & la cavité articulaire. Ce processus pathologique doit Atre étudié à la surface du cartilage et dans sa profondeur.

A la surface, la segmentation a pour effet de livrer passage aux capsules, qui s'ouvrent dans la cavité articulaire pour y verser leur contenu. On les y retrouve souvent avec les débris des cellules épitbéliales (Rindfleiscb, 0. Weber); d'autres fois, elles éprouvent la métamorphose colloïde.

Quant aux fibrilles de la substance fondamentale du cartilage, elles subissent la dégéoération muqueuse, et se trans-

1. KMlihcr. — ÉUmenli d'kiêtologie humaine, Ind. Bielard et Sée. Puis 185«, p. 253.

ALT£rATI0!I8 Dtr CAItTlUGE 176

forment en mucosine (Rindfleisch) qui se trouve abondaniment dans le liquide articulaire.

D'autre» fois, ces portions altérées de caMiiage sont usées peu à peu par les frottements articulaires ; elles finissent par tomber, et laissent à nu les surfaces osseuses. Dans les parties profondes, la prolifération des cellules

>'<}. 1^. — Rfiuinalitnte nMWMf . Smrfliet d« atrtikift 4NMf ai langkitiK (d'tprè« M. lUiivtni).

0. Capsule primllîvF remplie de capiiilei «ccondaïrt!^. K Siib^Unre fundimcnVtle segmentée. Les capaulcd primiliv vider s la ïiirrarc libre du enrtiisge.

aboutit à la formation d'une couclie osseuse nouvelle. Les capsules mères s'infiltrent de sels cah-aires et s'ouvrent dans W espaces médullaires superficiels : les cellules qu'elles contiennent deviennent des cellules embryonnaires de la moelle, et c'est à leurs dépens que se forme le nouveau tissu osseux. C'est ainsi que se produit l'éburnation de la surface. C'est une sorte de sclérose de l'os accompagnée d'une vasculurisalion des parties profondes. Il se produit ici un phénomène singulier et qui rappelle, à certains égards, les faits obïiervés par les géologues lel&tivement à l'action des glaciers sur les

176 eBURNATtOIt DE L*AIR

loehes. Lesaurbces éburnéesprâsenteDt âe9Btriu,des rayures plus ou moias proCandes dans le sens des mouvements articulaires, et tAmoignent ainsi d'une réparation imparfaite en fréetsace de l'asure occasionnée par les frottements. Le cartilage diartiiroâial, comme on sait, est recouvert à

Pig. 13. — Rhumatitme noueux. Couche profonde du i phalange (d'après M. Haniier).

a. Capsule normale-

b. Capsules voisines de

condaircs.

e. Capsules primilivca venant verser leur contenu,

d. Substance osseuse.

e. Moelle qui remplit les aréulcs de la surface. Sur ce point elle est embryon-

naire, puisque les capsules y ont versé leur contenu ; un peu pli elle est adipeuse.

; elles sont agrandies et remplies de capsules se-

n'rirdans les espaces médullaires pourydé-

sa périphérie par la membrane synoviale. D'après M. Ranvier, celle disposition s'oppose, dans les cas où l'articulation est envahie par le rhumatisme, à ce que les capsules viennent

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s'ouvrir dans la cavité articulaire pour y déverser leur contenu. Elles continueraient alors à proliférer sur place et détermineraient ainsi la formation de ces bourrelets, d'abord cartilagineux, plus tard osseux, qu'on rencontre en cet endroit. Aussi M. Ranvier rattache-t-il toutes les productions osseuses nouvelles qui se développent dans ces circonstances, à la prolifération des cellules du cartilage diarthrodial. Cependant le périoste y prend vraisemblablement une certaine part; d'ailleurs, il peut exister une ossification simultanée des capsules articulaires, des ligaments, des tendons et des muscles. Quant aux ligaments interarticulaires, aux ménisques, etc., ils s'usent et disparaissent par un mécanisme analogiu^ à celui qui détruit les cartilages, mais qui n'a pas encore élé suffisamment étudié.

Tels sont, messieurs, les faits les plus généraux que j'avais à vous signaler ; mais il existe de nombreuses modifications à cet égard, suivant la forme clinique du rhumatisme qu'on envisage et suivant quelques circonstances particulières qui résultent des conditions mêmes de la maladie. C'est ainsi que les altérations qu'on rencontre dans une articulation condamnée au repos absolu diffèrent de celles qui coïncident avec une conservation plus ou moins complète des mouvements. Nous nous sommes placés jusqu'à présent dans cette dernière hypothèse. Nous allons maintenant étudier les modifications qui se rapportent au cas où la jointure est immobile.

En pareil cas, d'après Adams, l'éburnation ne s'observe plus; mais il se produit une néoplasie de tissu conjonctif aux dépens de la synoviale. Le cartilage peut y participer aussi, suivant Forster; c'est tantôt la substance fondamentale qui subit cette transformation ; tantôt, au contraire, ce sont les cellules du cartilage qui prennent l'apparence de cellules de tissu conjonctif. Quelle que soit la valeur de celle théorie, ou

CnARCOT. Œuv. compl. t. vn, Malad. des Vieillards. la

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