‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 2)Chapitre 12 sur 94 · SYNONYMIE · texte numérisé non relu

SYNONYMIE

Autrefois fièvre pétéchiale {febris petechialis^ morbus cum peiechtis).

Aujourd'hui, en Angleterre : fever^ petechial typhus, mactilated typhus; quelques auteurs appellent encore le typhus fever du nom de famine fever (fièvre de famine) ; mais cette dénomination est très impropre, car la fièvre de famine (1422) paraît mériter de constituer .une maladie bien distincte. — En Allemagne : Typhus, exanthematicus , lorsque l'éruption est 1res prononcée ; Pneumo-typhus^ lorsqu'il y a prédominance des symptômes bronchiques.

STMPTOMATOLOGIE.

A. Prodrome. Invasion. — L'invasion du typhus fever peut ^'opérer lentement, d'une manière insidieuse, et il est souvent difficile de préciser l'époque de son début; mais le plus souvent ^ la suite d'un prodrome qui n'a rien de particulier, ou encore ^Près un certain temps d'incubation latente, il commence ^nisquement, quelquefois par un ou plusieurs frissons parfois

très violents. Dès les premiers jours, on voit ensuite apparaître, dans toute leur intensité, un certain nombre de symptômes qui caractérisent la première période de la maladie.

B. Premier e période . — Céphalalgie frontale plus ou moins vive, avec vertiges et tintements d'oreille ; insomnie. La prostration des forces est immédiatement très prononcée, et les malades sont forcés de garder le lit. En général, la fièvre est, dès le début, assez intense, mais peu résistante. La physionomie exprime la stupeur; la face semble recouverte d'une teinte vineuse : les conjonctives sont vivement injectées. La perturbation des fonctions intellectuelles s'annonce d*abord par un certain degré d'embarras, de confusion dans les idées, puis il y a de la somnolence; la lyphomanie se prononce enfin beaucoup plus promptement, en général, que cela n'a lieu dans la fièvre typhoïde. La langue se dessèche rapidement et se couvre d'un enduit noir&tre.

Pendant ce temps, les symptômes abdominaux sont à peine accusés, ou môme tout à fait nuls. Le ventre est souple, indolent; il n'y a pas de méléorisme, pas de gargouillement iliaque, pas de diarrhée, à moins qu'elle ne soit provoquée par Tadministration d'un purgatif. Il peut arriver que les signes de bronchite latente, qu'on rencontre si souvent dès le début même de la fièvre typhoïde et qui ne contribuent pas peu à faire reconnaître cette dernière maladie pendant le cours de sa première période, fassent ici complètement défaut ; mais il est loin d'en être toujours ainsi, et, dans ces dernières années par exemple, le typhus fever d'Irlande s'est montré, dans la plupart des cas, accompagné dès les premiers jours de symptômes bronchiques des plus manifestes (Stokes).

On pourrait en dire autant des épistaxis du début ; lors de certaines épidémies, elles ont manqué presque toujours) d'autres fois, au contraire, on les a observées assez commune*

TYPHUS FEVEB : SYMl'TÔMES 59

Un exanthème sut generis, bien plus expéditif que ne ixanthëme papuleux de la lésion typhoïde, apparaît sUement du quatrième au cinquième jour, quelquefois »ty rarement plus tard. Il constitue, suivant les auteurs, [ne diagnostique de la plus haute importance ; il sera is Tobjet d'une étude toute particulière (D.) Il peut , principalement en temps d'épidémie, que la mort surdans le cours ou dès le commencement de cette prepériode, avant même que Téruption se soit manifestée. e le cas est aussi grave, à la suite du frisson initial, paît les symptômes suivants ; la face est p&le ou livide ; rémités sont froides ; la respiration est difficile, irrôgul1 y a une anxiété extrême, rabattement des forces est son comble; le pouls est fréquent, petit, serré, inégal ; . il devient formicant, presque insensible, et le malade sans qu'il se soit présenté aucun indice de réaction.

deuxième période. — a. Apparition de quelques sympnouveaux, et aggravation de la plupart de ceux qui uent la première période. Vers le commencement du ne septénaire, la céphalalgie s'amende, en général ; m revanche, du dixième au douzième jour (Jenner), la r et la typhomanie se prononcent de plus en plus. La ience se change parfois en un coma profond, ou, au re (mais ce dernier cas est beaucoup plus rare), le subm fait place à un délire des plus violents. Surdité ; on ve ici à peu près aussi souvent que dans la fièvre le. La prostration des forces est portée à Textrôme ; il y oubresauts des tendons et des tremblements des mem- *étention ou écoulement involontaire des urines. La est recouverte d'un enduit d'une coloration très foncée, itt comme grillée. — Vers la fin de cette période, il est ommun d'observer du météorisme et une diarrhée plus

OU moins abondante. Le docteur Jenner a noté rentéro-hémorragie, chez un tiers des malades atteints de fièvre typhoïde, jamais il n'a vu survenir ce grave épiphénomëne dans les cas de typhus fever.

6. Les vaisseaux de la conjonctive sont fortement injectés; les pupilles très resserrées. La face présente une coloration livide; il survient quelquefois des épislaxis. Les taches de Téruption prennent d'abord une teinte violette, puis elles deviennent presque noires, principalement sur les parties les plus déclives du corps, qui paraissent, en outre, uniformément congestionnées. — En même temps, le pouls est devenu faible, misérable; quelquefois il est très fréquent; d'autres fois, au contraire, il est lenl^ plus lent même qu'à l'état normal. Le cœur a une impulsion peu énergique, et qui souvent même n'est plus perceptible; ses bruits ressemblent à ceux d'un fœtus (Stokes). On observe des tendances à la syncope; la température des extrémités s'abaisse. — Des escharres se forment, surtout à la région sacro-coccygienne, tout comme dans la fièvre typhoïde (Jenner). On les a vues se produire à l'occiput, aux talons, à la région trochantérienne, à la région des omoplates, aux parties du dos qui correspondent aux angles des côtes, etc. Si pendant le cours de la première période, l'examen de la poitrine a permis de constater l'existence de r&les ronflants et sibilants, ils sont remplacés dans la seconde par des r&Ies sous-crépitantsetmuqueux; puis, le murmure respi* ratoire s'aflaiblit de plus en plus dans les régions qui correspondent aux parties les plus déclives des deux poumons, et la. percussion fait reconnaître alors qu*il y a dans ces mêmes régions une obscurité du son parfois très marquée. Tous ces symptômes (lividité des téguments, de Téruption, faiblesse du cœur, splénisation pulmonaire, etc.), sont considérés par les docteurs Stokes et Corrigan, comme placés en grande par-

Page 1