‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 2)Chapitre 13 sur 94 · TYI'BUS FEVER : SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

TYI'BUS FEVER : SYMPTÔMES

tie sous la dépendance d'une perturbation profonde survenue dans les fonctions du système circulatoire, et, en particulier, du système des vaisseaux capillaires. Ils s'aggravent encore lorsque la terminaison doit être fatale ; et alors que les mouvements respiratoires sont devenus de plus en plus lents, les battements du pouls de plus en plus faibles, la mort survient, ordinairement, du douzième au vingtième jour, tantôt progressivement, au milieu d*un coma profond, d'autres fois d'une manière plus ou moins rapide, à la suite de convulsions générales ou partielles, ou encore d'une syncope.

v. Si la maladie doit, au contraire, se terminer par la guérison, l'amélioration se dessine souvent tout à coup. Le malade tombe dans un sommeil profond et tranquille, bien différent du coma, et qui peut durer sans interruption pendant vingtquatre heures et même plus. A son réveil, le délire a cessé, la teinte livide de la face et l'injection des conjonctives ont disparu; les taches de l'exanthème ont pâli, le pouls est devenu moins fréquent et plus résistant; la peau plus douce au toucher; la langue est humide sur les bords, bientôt elle se dépouille complètement de ses conduits; l'appétit renaît, et le malade regagne rapidement ses forces (Jenner). — L'apparition des phénomènes critiques, tels que sueurs profuses, urines abondantes, selles diarrhéiques survenues brusquement, est souvent aussi le signal d'une prompte et heureuse terminaison de la maladie (Corrigan).

D. De r exanthème du typhus fever en particulier (Stewart, Jenner). — Les taches {distinct spots) qui composent cette ^niption apparaissent, ainsi que nous l'avons dit, du quatrième ^u huitième jour. Elles se développent toutes, ou à peu près toutes, dans l'espace de deux ou trois jours, après quoi, il ne s en forme plus de nouvelles. Il en est qui ne sont pas plus

•6i MALADIES INFECTIEUSES

larges qu'une tète d'épingle, il en esl d'autres qui atteignent le diamètre d'un petit pois; elles sont en général nombreuses, et recouvrent parfois toute la surface du tronc, de manière à simuler assez exactement Téruption morbilleuse. On ne les voit cependant presque jamais siéger à la face, et c'est sur les parties les plus déclives du corps qu'elles sont les plus oonfluentes. Il est, par contre, des cas où elles sont en très petit nombre, il en est même où elles font complètement défaut. Ces taches persistent habituellement jusqu'à la terminaison de la maladie; mais elles éprouvent des transformations successives qu'il est important d'étudier, et sur lesquelles les docteurs Stewart et Jenner ont appelé Tattention. — Première phase: Les taches de Téruption ont d'abord une coloration d'un rose sombre : elles sont très légèrement élevées au-dessus du niveau de la peau; elles s'effacent complètement sous la pression du doigt, pour reprendre leurs caractères primitifs aussitôt que la pression cesse. — Deuxième phase {dark^ livide semû petechial or pseudo-petechial éruption) : Deux ou trois jours après leur apparition, les taches prennent une coloration plus foncée, livide ; elles pâlissent un peu, mais ne disparaissent plus complètement sous la pression du doigt; elles ne fout plus du tout saillie au-dessus du niveau de la peau. Les taches livides peuvent reprendre spontanément leur coloration rouge primitive, p&lir ensuite, puis enfln disparaître sans laisser de traces. — Troisième phase {petechial éruption): Les taches, celles-là principalement qui occupent le pli du coude, la région de l'aine, le dos, éprouvent encore une transformalion nouvelle. Elles acquièrent, dans leur partie centrale seulement ou bien dans leur étendue, une coloration d*un pourpre foncé. Elles ne sont plus du tout modifiées par la pression même la plus énergique; elles acquièrent un contour bien I imité. Ce sont, en un mot, de véritables pétéchies. MM. Stewart et Jenner, qui ont étudié avec tant de soin les taches

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