‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 2)Chapitre 2 sur 94 · VARIOLE CHEZ LE FOETUS · texte numérisé non relu

VARIOLE CHEZ LE FOETUS

mine ux, les mieux caractérisés, les mieux ombiliqués. Ces boutons, chose à noter, semblent rassemblés autour des articulations du genou.

C'est ainsi qu'on rencontre trois pustules, dont deux très volumineuses et bien ombiliquées, immédiatement au-dessus du genou gauche, à la partie interne et inférieure de la cuisse; quatre pustules, dont trois volumineuses et ombiliquées, à la partie supérieure du mollet gauche; à droite, une large pustule non ombiliquée à la partie interne et supérieure de la jambe, et plus bas, deux ou trois petits points blancs non ombiliqués. Le membre supérieur droit ne présente qu'une seule pustule, sans ombilic à la partie postérieure et inférieure de l'épaule ; mais le gauche présente au coude une large plaque composée d'au moins huit ou dix pustules, dont la plupart sont encore distinctes et bien ombiliquées. Il en existe,en outre, une autre très grande et sans ombilic, à la partie postérieure de Tavant-bras, au-dessus de l'articulation du poignet.

Nous avons cherché à nous rendre compte de la composition anatomique de ces pustules. Yoici à quoi nous sommes arrivé.

Si l'on enlève l'épiderme de la périphérie de la pustule vers son centre, ce qui est facile, à cause de la macération à laquelle le fœtus a été exposé, on enlève avec lui la matière blanchâtre qui donne au bouton son relief et sa coloration. Alors on voit à la surface du derme, mis à nu, une foule de papilles coniques, d'une couleur blanchâtre, hyaline, du centre desquelles part généralement un poil. Les portions du derme sur lesquelles sont implantées ces papilles présentent aussi une coloration blanche et une légère saillie au dessus du niveau du derme.

En dehors de la tache blanche formée par ces papilles, qui ne sont évidemment que les follicules pileux anormalement développés, d'une part, et le derme infiltré d'une substance particulière, de l'autre, se voit une auréole d'un rouge vif sur laquelle les follicules pileux sont encore volumineux, mais beaucoup moins qu'au niveau de la tache.

Enfin, en dehors de Taréole, le derme présente ses caractère^)

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normaux, et les follicules pileux y ont leur volume ordinaire.

Si Ton fail une coupe verticale de la peau passant par le milieu d'une pustule, et qu'on examine la tranche mince ainsi obtenue, par transparence et au microscope, on voit,au niveau de la pustule, le derme plus épais, plus opaque qu'ailleurs, contenant des follicules verticalement disposés et presque juxtaposés, cylindriques à leur centre, mais terminés en cul-de-sac à une de leurs extrémités, celle qui correspond à la face profonde du derme. Ces follicules paraissent en outre distendus par un liquide, et l'emportent au moins d'un tiers en volume sur les follicules pileux du derme examiné en dehors des pustules. Du centre de chaque follicule part un poil, qui nait tout près du cul-de-sac terminal, traverse la couche anormale sous-épidermique, et enfin l'épiderme lui-même; et en effet, en examinant à la loupe la surface des pustules, on la voit hérissée d'une foule de petits poils, comme cela a lieu, d'ailleurs, pour le reste de la surface tégumentaire.

Nous avons examiné ensuite l'épiderme et la matière anormale qu'on enlevait avec lui, et à laquelle la pustule devait la plus grande partie de son relief. Or, dans cette masse, à part les cellules épidermiques à contours bien nets et à noyaux bien distincts, cellules très nombreuses, il est vrai, au niveau de la pustule, nous n'avons rien trouvé de remarquable, si ce n'est une matière amorphe, au sein de laquelle existaient des granulations arrondies, opaques, disposées en groupes ; nous n'avons pas pu déterminer la nature de ces globules, mais nous pouvons afOrmer qu'il jie s'agissait pas là de globules de pus, bien qu'on pût les considérer comme tels, eu égard à leur volume.

Rien, dans la structure des pustules, qui ait pu nous indiquer par quel mécanisme s'était opérée Tombilication. Le plus souvent la dépression centrale embrassait le sommet de cinq ou six follicules pileux qui d'ailleurs ne paraissaient pas plus volumineux ou autrement altérés que ceux qu'on rencontrait dans le reste de la pustule.

L'ouverture du cadavre ayant été faite, nous n'avons rien trouvé de notable dans les principaux viscères. La muqueuse

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buccale, celle du pharynx, ne présentent pas de pustules. Rien de notable dans Toesophage, Testomac, Tintestin gréle, le gros intestin, qui ont été examinés dans toute leur étendue. Foie décoloré, non congestionné; rate normale. Les poumons sont sains, ainsi que le cœur et le thymus. Une certaine quantité de sérosité sanguinolente dans les plèvres, le péricarde et le péritoine ; mais ceci peut naturellement être attribué au genre de mort du fœtus (3 avril).

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