PESTE : HISTORIQUE
lYf c. 29), établissent le fait d'une manière irréfragable. Du vi* au XIV* siècle, la peste sévit maintes fois en Europe, irticulièrement en Italie. Les pestes de 1016-1022 furent resque générales. — C'est vers le milieu du xiv* siècle que L fameuse épidémie connue sous le nom de peste noire ^ éclata a Europe. Où prit-elle naissance? Les historiens d'alors la )nt venir du Cathay, c'est-à-dire du nord de la Chine. Pour e savant Mead, qui ne voit qu'une fable dans cette tradition, 1 n'est pas douteux que la peste noire ait eu, comme les précédentes, l'Afrique pour berceau*. Quoi qu'il en soit, il parait certam qu'elle ravagea d'abord, dans le cours de l'année 1316, l'Égyple, la Turquie, la Grèce, la Syrie et l'Inde; puis, en 1347, elle envahit l'Europe en commençant par la Sicile, Pise, Gènes, etc. En i348, elle se répandit sur toute l'Italie, à l'exceplion de Milan et de quelques contrées voisines des Alpes. La même année, elle franchit ces montagnes, désola la Savoie, la Bourgogne, la Provence, le Dauphiné,le Languedoc; pnis, elle passa en Espagne, qu'elle parcourut du nord au niidi, dans presque toute son étendue. En 1349, elle gagna l'Angleterre, l'Ecosse, llrlande et les Flandres; en 1350, elle parut en Allemagne, en Hongrie, dans le Danemark et en Suède; puis elle revint sur ses pas, ravagea de nouveau la France etTIlalie, et s'éteignit enfin, suivant Papon, Tan 1363. Dans certains lieux, à Florence, par exemple, la peste noire P^all avoir été, dès le début de l'épidémie, caractérisée par ^es bubons qui survenaient aux aines ou aux aisselles, et par ^es taches livides qui couvraient toute la surface du corps
y La fièvre à bubons qui a été récemment observée dans certaines provinces de rindoustan, et décrite par les médecins anglais sous le nom de ^^iplague, se rapproche de la peste noire par un assez bon nombre de •y^piômcs et en particulier par l'existence fréquente de la toux et des cra- ^^nents de sang. Elle paraît d'ailleurs s'être développée dans les lieux ^^mts qu'elle a ravagés. Les remarques que nous empruntons à un travail 'écenldu docteur Hirsch (1746) sembleraient donner gain de cause à la ver- ^ioù qui place en Asie le point de départ du grand fléau du xiv« siècle.
(Boccace, Décaméron). ailleurs, les bubons et les charbons manquaient, en général, pendant la première période deTépidemie; Thématurie, les selles sanglantes, les épislaxis, et principalement une toux sèche suivie dliémoptysie, éjûphénomënes qu^on trouve quelquefois indiqués dans les relations de quelques pestes d*une époque ultérieure, s'observaient alors dans la majorité des cas. Les malades périssaient très, rapidement. (Guy de Chauliac, Chirnrgia magna^ t. II, c. V.; Chaulînde Vinario, De peste y libr. III). — Dans le xv* siècle, de 1416 à 1450, TAsie Mineure, la Dalmatie, la Hongrie, Tltalalie, rAllemagne,la Belgique, la France et TEspagne, furent cruellement ravagées par le fléau. C'est en 1 i03 que fut créé, à Venise, le premier lazaret contre la peste. — Pendant le cours du XVI* siècle, la peste éclata souvent en Europe; elle sévit principalement en Italie, dans le midi de la France, en Allemagne, mais elle n eut pas, ce semble, d'unité d'action, de mouvement progressif. Elle frappa, pour ainsi dire, sans règle, les contrées les plus distantes. Prosper Alpin nous apprend qu*à cette époque, la peste sévissait fréquemment en Egypte et dans tout TOrient. — Au xvu' siècle, la peste parcourut toute l'Europe, et elle y pénétra jusque dans les région» les plus septentrionales. On la vit, dit-on, l'an 1670, en Laponie (Ozanam). Parmi les épidémies les plus mémorables de ce siècle, on cite surtout celle de Nimègue (en 1633) et celles de Londres (en 4636 et d66S). On manque de renseignements positifs sur l'état de rftgypte pendant cette période. — l* peste éclata un grand nombre de fois en Egypte et dans tout rOrient, pendant le cours du xvui' siècle. En Europe, elle parcourut la Pologne, la Russie, l'Allemagne, la Prusse, et sévit dans les villes du Nord, telles que Danlzick, Hambourg, Copenhague, Stockholm. Elle ravagea aussi la Provence. L^ pestes de Marseille (en 1720), celles de Transylvanie (en 1755- 57), de Moscou (en 1770), sont particulièrement célèbres.—
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\axix'' siècle, pestes nombreuses en Egypte, en Turquie, en Grèce. La peste à bubons éclata à Noja, petite ville du royaume de Naples, en 1815, à Odessa, en 1837 K
1. La peste, on peut Tespérer, disparaîtra complètement on jour, devant les progrès incessants de la civilisation. Elle cessera, sans doute, de se reproduire dans les lieux oh elle a pris naissance tant de fois déjà, alors qu'on y aura détruit, dans les villes et dans les campagnes, tous les fuyers d'infection et mis en vigueur des règlements rigoureux pour y prévenir l'encombrement, y soulager les misères, et y assurer, en un mol, le bien-être des populations. Mais, jusqu'à ce jour, rien ne prouve qu'elle soit & tout jamais éteinte*. Si donc l'épidémie menait à éclater dans une ville, par exemple, il faudrait aussitôt assainir les lieux et disperser les individus, tout en prenant des mesures nécessaires pour éviter la diffusion du mal par voie de contagion. Ainsi, les gens non contaminés devraient adonner la localité infectée ; ils iraient camper dans un lieu plus ou moins éloigné et où il leur serait interdit de com- Diuniquer avec les habitants des contrées voisines; les maisons seraient nettoyées, aérées, purifiées ; elles resteraient vides pendant un an au moins. Les pestiférés seraient isolés, disséminés et placés dans des endroits élevés et bien ventilés. Ces mesures pourraient, sans doute, restreindre Taction du fléau, Jarrêler même parfois dans son mouvement d'expansion. Mais, surtout lorsqu'il y a grande épidémie, les miasmes qui propagent la peste peuvent, à l'instar des miasmes choléri-
1. Extrait du tome IV des Éléments de pathologie médicale de Requin, '863.
2. La conférence sanitaire internationale, dont les travaux ont été publiés i Paris, en i852. établit qu'aucun cas de peste n*a été observé à Gonslanti- Dople, depuis 1838, dans le reste de la Turquie d'Europe, depuis 1849, en Isie Mineure et en Syrie, depuis 1843, en Egypte, enfin, depuis 1841.
ques, acquérir le privilège de franchir des distances considérables à travers Talsmosphère, sans rien perdre de leur activité. L'isolement, quelque rigoureusement observé qu'on le suppose, ne saurait être considéré, en pareil cas, que conune un moyen prophylactique d'une importance secondaire et d'une efficacité presque douteuse. On comprend par là ce que seront les quarantaines et les cordons sanitaires contre la peste, 1 orsqu'il sera devenu possible de les établir d'après des données purement scientifiques. (A. Tardieu, Dictionn. <fhy§iine publique et de salubrité^ t. III, p. 87, p. 267.)
€. On ne connaît pas de remède qui puisse préserver delà peste ; on ne connaît, en outre, aucun médicament spécifique qui puisse atteindre et neutraliser le poison morbide, dès qu'il a pénétré dans l'économie et qu'il y a exercé ses terribles ravages. On en serait donc réduit à se guider d'après les indications rationnelles, si l'on se trouvait en présence d'un pestiféré. Les médications antiphlogistiques, stimulantes, évacuantes et d autres encore qui ont élé préconisées tour à tour, ne sacr raient par conséquent être mises en œuvre dans chaque cas indistinctement, à toutes les périodes de la maladie et dans toutes ses formes. Tantôt, par exemple, la prostration des forces sera telle, dès le début, qu'il faudra ranimer le malade à Taide des cordiaux les plus énergiques ; tantôt, au contraire, la forme hyperlhénique se dessinera assez franchement pour qu'il faille avoir recours aux émissions sanguines. Mais il nous paraît pe u utile d'entrer, à ce propos, dans de plus longs développements, et les règles qui ont été tracées lorsqu'il s'est ap de la thérapeutique des pyrexies typhodes, celles principalement qui concernent l'administration des toniques, des stimulants et des antiphlogistiques, dans ces pyrexies, devraient, ce nous semble, trouver ici leur application (1696-1732).
Les médecins des siècles passés se sont souvent appliqués à
'oquer rapparition et la suppuration des bubons. De paes tentatives sont, ainsi qu'on Ta reconnu de nos jours, tioins inutiles (Aubert-Roche). Les bubons et les cjbarbons ilentiels ne paraissent pas réclamer d'autres soins que ceux •n dirige contre ces mèmesaSectioDs, lorsqu'elles apparais- . dans des maladies autres que la peste.
Fièvre jaune.
Bibliographie. — Fcbreyra da Rosa, Trattado da comtituiçam pettUencal da Femambuco, Lisboa, 1694. — • C'est là le premier traité médical w la fièvre jaune. La maladie décrite par Ferreyra régna h Olinda, en 168i. L*auteur touche, dans son traite, les points principaux qui, dans Hiistoiie de la fièvre jaune, ont particulièrement éveillé la discussion parmi Itf, médecins. • (K. Littré, article cité). — Sauvages, Soiohgia methodkâ» (class. II, ord. I, gen. VI, Typhus, sp. 1. Typhus icterodes, I, p. MM Amsterdam, 1768. — J. Ilunter, Observations on the diseases of the arm^ ii Jamaïca (p. 26 et 21). London, 1796. — Lind, Essai sur tes maladieê à» Européens dans les pays chauds. — Histoire de la fièvre jaune, donnée parle docteur Bruce, p. 19, t. II. Paris, 1785. — B. Rush, Inquiry into the tfr rious sources of the ttsuai fonns of summer and autumnal diseases in i^ United States t etc. Philadetphia, 1805. Account on the bilious rémittent TetUns Fever in Philadetphia, 1793, Philadelphla, 1194. — J. Devèie, Becherches d observations sur les causen et tes effets de la maladie épidémique gui a nvagé Philadelphie en 1793, Philadelphie, 1794. Traité de la fièvre jaune, Paris, 1820. — Chisholm, Essay on the malignant pestilentiat fever intro-duced in the West Indian islands from Boulant of the coast of Guinea, as U appeard in 1793 and 1794, Londres, 1795. — G. Caldwell, Med, rnnd pA|f«* Metn. ronfaining a pnrticular inquiry info the origin and nature of the W» pestiL epideinijs of the United States, Philadelphla, 1801. — E.-N. Bancrofti A sequel ta an essay on the yellow fever principally intended to prove éf «•contestable facts and important documents that the fever ealied Bulam^ Ait no existence as a distinct or a contagions disease. London, 1817. — Dalmaii Recherches historiques et médicales sur la fièvre jaune. Paris, 1805. — 2* édit Paris, 1822. — J.-E. Arcjula, Descriprion de la Febre amarilta en Cê^ 1800, en Médina Sidonia 1801, en Malaga 1803 et 1804, Madrid, 1804. - (i. Tommasini, lUcerctie patoloyiche sulla febbre di Livomo del 1804, nfli febtire gialla americana e suite malattre di genio analogo, Bologne, 1824. — F. Dufour, Histoire de la maladie régnante à Livourne en 1804, Imprimé à Pise, 1804. — G. Palloni, Osservazioni mediche sulla mallatia fehnte-dosér nante in Livorno, per servire d'istruzioni ai signori niedici. Florence, 18ê4.— Parère medico sulla malattia fébrile che ha dominato nella città di LivorWi Vanno, 1804. — Pariset, Observations sur la fièvre jaune faites à Cadix t» 1819, Paris, 1820. — Bally, François et Pariset, Histoire médicale de ta fèsn jaune observée en Espagne en 1821, Paris, 1823. — J.-A. Rochoux, DissertaH^f^