CHOLÉRA ASUTIQUB : TEMPÉRATURE CENTRALE
A propos de ces observations, M. Charcot présente les remarques suivantes : Si Ton prend 3Vy 2, pour type de Tétat physiologique, on remarquera que, dans tous les cas, sauf un seul, le septième et dans toutes les expériences, la chaleur centrale, mesurée par l'introduction du thermomètre dans ]e rectum, était sensiblement augmentée, ou tout au moins ne descendait pas au-dessous du taux normal. Le chiffre 36*" 2, observé dans le cas exceptionnel N"" 7, est un chiffre minimum qui peut se rencontrer, bien qu'assez rarement toutefois, chez les vieillards, dans les conditions physiologiques.
On voit, par les observations 3, 4, 6, que des chiffres assez élevés, tels que dV 8, 38'', 38'', l ont été obtenus dans le même temps où les symptômes d'algidité et la cyanose cholériques étaient le plus prononcés. Il est bon de noter que les cas dont il s*agit étaient des plus graves, et se sont rapidement terminés par la mort.
L^observation N* 2 doit être considérée à part. Un chiffre très élevé, iO"" 8, a été noté dans une expérience faite cinq heures avant la mort. Une heure après la mort, la température rectale était descendue à 40^ L'examen microscopique a démontré qu'il n'existait, chez ce sujet, aucune complication inflammatoire pouvant expliquer l'élévation de la température. Ce fait peut être rapproché de ceux qu'a signalés M. Doyère, lors de l'épidémie de 1854 {Mémoire des savants étrangers à rinstitut). Il démontre, comme ceux-ci, que dans le choléra, — et pareille chose s'observe également dans des affections d'un tout autre ordre, — la température s'élève ^elquefois d*une manière très remarquable, aux approches \ delà terminaison fatale.
Les observations 1, 8, 9 sont relatives à des malades dont h température a été examinée, pendant la période de réaction (réaction typhoïde). L'algidité était à peine prononcée ou aime la peau était chaude. Le chiffre maximum a été 39^, 6
(obs. 9, et, dans ce cas, la maladie 8*est terminée par la guérison), le chiffre minimum 37*, 6.
Dans les cas 5, 6, 8, la température de Taisselle et celle du rectum ont été prises comparativement. Celle-ci a été de 37*, 37% 8 (casxT 5), 37% 8 (cas N* 6), 37% 6 (cas N« 8), tandis que les chiffres correspondants fournis par Texamen du rectum étaient 38% 6, 38% 8 (différence d'un degré, cas N* 5), 36% 2 (différence de plus d'un degré, cas N"" 6), 35% 8 (différence de près de 2 degrés, cas N** 8).
Il résulte de tout cela que la thermométrie rectale doit être, dans ce genre de recherches, préférée de beaucoup à la thermométrie de Taisselle, puisqu'elle accuse plus exactement que celle-ci la température des parties centrales. Plusieurs auteurs avaient remarqué déjà que, dans le choléra, l'examen lhe^ momélrique du rectum peut fournir une température élevée, alors que chez le même individu, l'examen de l'aisselle donne, au contraire, un chiffre très inférieur au taux normal. Le docteur Zimmermann, entre autres, a vu la température du rectum s'élever, pendant l'algidité, à 39^, 2, tandis que la température de la bouche était de 33®, 4, et celle de l'aisselle seulement de 32'', 4 {Deutsche Klietiick, 1855).
Par suite de la prompte cessation de l'épidémie, à l'hospice de la Salpétrière, mes recherches ont dû être interrompues avant d'avoir été suffisamment multipliées. Néanmoins les résultats que j'ai obtenus tendent évidemment à confirmer l'opinion émise par plusieurs observateurs, à savoir que^ chez les cholériques, dans la période algide, le refroidissement reste superGciel et ne s'étend pas aux parties centrales.
Il n'échappera à personne que d'un autre côté ces résultats fournissent un appui à Tingénieuse Théorie physiologique d» choiera présentée par notre collègue, le docteur Marey, dans un des derniers numéros de la Gazette hebdomadaire.