‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 2)Chapitre 37 sur 94 · COLORATION BRONZÉE DE LA PEAU · texte numérisé non relu

COLORATION BRONZÉE DE LA PEAU

L'état des forces s'amoinclrit chaque jour ; la diarrhée persisle quoi qu*0D fasse ; les urines sonl toujours aibuniineuses, Talgidité continue, el le malade meurt tout à coup presque sans agonie le 25 septembre 1857. Une gouttelette de sang, tirée d*un des doigts de la main, par une légère piqûre, ayant été examinée au microscope, on n'y a trouvé rien d'anormal, el, en particulier, on n'y a pas constaté l'existence de corpuscules de pigment.

Autopsie. — Cerveau, — On trouve un petit kytse rempli de sérosité, siégeant à la corne frontale droite.

Poumons. — Le lobe supérieur droit est farci de tubercules à divers degrés de développement. Il y a là quelques excavations d'un petit volume ; quelques tubercules disséminés au sommet du poumon gauche. — Cœur, — De petit volume, normal d'ailleurs. — Foie,— Petil, sans altération notable — Les épiploonSy le mésentère elle tissu cellulaire sous-péritonéal par place, contiennent une accumulation de graisse qui contraste avec Tétat de maigreur exlréme que présente le cadavre. — Intestins. — Tubercules dans Ja membrane muqueuse de Tiléon. Çà et là quelques ulcérations tuberculeuses. — Rate, — De petit volume, de consistance norn^ale, ne présentant pas une coloration plus foncée que cela n'a lieu en général.

Rtins, — Ils sont de petit volume et présentent une sur- \ fjce inégale, bosselée, lobulée. Lorsqu'ils ont été incises, on y * constate tous les caractères qui distinguent l'altération de Bright j l3* degré). — Les capsules surrénales ont leur volume normal et *cur forme habituelle. Elles sont divisées du hile au bord con- ^^xe; et, à première vue, leur tissu examiné sur les sui faces de section, n'i.ffre aucun dépôt morbide apparent, et ne montre ^ non plus une de ces altérations évidentes de coloration qui accompagnent ordinairement les lésions internes. Cependant, une clude plus attentive fait découvrir quelques modifications. On ^ aperçoit pas distinctement la substance médullaire <iui parait *voir pris les mêmes caractères que la substance corticale, et tout ^^ tissu présente une teinte jaunàire, surtout prononcée en quel- ^^^ points qui s* éloignent un peu de la couleur ordinaire des

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capsules surrénales. Mais ces modifications sont, en somme, assez légères pour qu'il soit impossible d'affirmer que les capsules so&l altérées.

L*examen microscopique donne, au contraire, des résallaU tranchés. Chaque préparation présente une quantité considérable de granulations graisseuses, la plupart très petites, donl quelques-nnos cependant sont assez grosses. Les éléments propres des capsules sont recouverts de ces granulations et s aperçoivent avec quelque diflicullé. Dans les préparations où Ton réussit à bien isoler les cellules du parenchyme, on voit que cescelloles sont un peu boursouflées, d'une teinte sombre et sont remplies de nombreuses ^ra/}u/(i^'on5 graisseuses. Dans les points les plusjaonâlres, la graisse se trouve accumulée en bien plus grande quantité. Les capsules ont donc subi une altération graisseuse profonde, et ressemblent complètement sous ce rapport au foie gras des phthisiques. Nous avons fait Tessai de la substance de ces capsules eu faisant bouillir une partie de ce qui devait avoir élé la substance médullaire avec 5 ou 6 centimètres cubes d*eau dans un tube de verre et en ajoutant ensuite goutte par goutte de la teinture dlodê: nous n'avons pas obtenu la coloration rose, unpeo vineuse, qui est la réaction caractéristique des capsules surrénales à Télat sain.

Peau. — Les parties colorées de la peau ont élé aussi examinées au microscope. — Les cellules de la coupe de Malpighi contiennent des granulations pigmentaires foncées et très nom* brcuses ; en outre, il y a aussi du pigment dans un grand nombre de points de la couche superlicielle du derme. Ces points ont une couleur brunâtre plus ou moins foncée. Le pigment y est en teinte uniforme ou en granulations, et il a pour siège soit des cellules étroites à prolongements multiples, soit des éléments fusiformes allongés qui nous ont paru faire partie des éléments normaux du derme. Le pigment dans le derme ne forme pas une couche continue, mais est réparti sur des points plus ou moins rapprochés, en îlots nombreux, souvent irréguliers, et de dimensions très variables.

Dans un cas de maladie bronzée où la peau avait été examinée

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