HTDATIDB8 DU CERVEAU ET DU COEUR
gétations eussent pu 6tre prises pour les agglomérations des têtes d'un cœnure, si Ton n*eût constaté par le microscope Vabsence de ventouses et de crochets.
Ces végétations des hydatides se distinguent des scolex de ténia par d'autres caractères encore : la membrane qui les supporte n'est point, comme celle qui donne naissance aux échinocoques ou aux tètes de cœnure, constituée par un tissu fibrillaire particulier, en un mot, n^est point une membrane germinale ; mais elle est constituée par le tissu hydatique même, et les excroissances papilliformes n'ont nullement la structure des échinocoques ou des tètes de cœnure : elles sont constituées, comme la membrane qui les supporte, par du tissu hydatique, dont on reconnaît au microscope les lamelles stratifiées. Dans celles que nous avons sous les yeux, chacune des saillies papilliformes offre, de la base au sommet, des lamelles superposées à la manière des couches calcaires de l'écaillé de l'huître. Ces couches de tissus hydatiques sont infiltrées à leur bord libre d'un grand nombre de granulations élémentaires insolubles dans l'acide acétique et dans une solution au 100* de potasse caustique. Ce sont ces granulations qui donnent aux plaques verruqueuses leur aspect laiteux et leur opacité.
Nous trouvons dans ces excroissances de la surface interne des hydatides une nouvelle preuve de la vie individuelle de ces vésicules. Ces excroissances ne pouvaient être un produit du ]£yste, dont elles étaient séparées par toute l'épaisseur de la membrane hydatique, ni un produit de Xd. membrane germi- ^%ale ou des échinocoques qui n'existaient pas ici. Si les vésicules hydatiques étaient un produit de sécrétion, comme on l'a dit encore tout récemment, elles ne pourraient donner naissance à de semblables végétations. Les hydatides, ou acéphalocystes jouissent d'une vie propre ; elles s'accroissent par elles-mêmes ; elles reproduisent des hydatides par bourgeon-
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nement ; quelquefois ce bourgeonnement n*est pas régulier et donne lieu à des excroissances de formes très variées. La membrane germinale et les échinocoques n'apparàbsent qoe postérieurement à la naissance de Thydatide; ni les uns ni les autres ne peuvent être envisagés comme un produit de sécrition ; ils répondent à des phases successives de l'évolution d'on animal.
Les hydatides du cœur, à Texception de deux ou trd«, étaient vides et tassées les unes contre les autres, à la manière des pétales du pavot encore renfermées dans leur calice. Ces hydatides, gonflées par un liquide, auraient eu depuis le volume d'une tète d*épingle jusqu'à celui d'une grosse cerise. Aucune ne contenait d 'échinocoques ou de crochets, indices de l'existence antérieure de ces vefmicules. Parmi icelles qd contenaient encore du liquide, l-une a paru renfermer quelques débris d'une membrane germinale. Toutes ces vésicules, ao nombre de plus de cent, n'ont pu existera la fois pleines de leur liquide, car la poche qui les renfermait eût été énorme; il faut donc admettre qu'elles se sont développées succassiT^ ment et que les unes s'affaissaient pendant que les autres prenaient de Taccroissement, ce qui fait remonter à une époque assez éloignée rorigine du kyste.
Les hydatides de la rate n'ayant point été conservées, par inadvertance, n'ont pu être examinées au microscope.
La présence des hydatides, tout à la fois dans le cerveau et dans le cœur, est un fait unique aujourd'hui. Considérée dans chacun de ces organes séparément, Texistence de ces vers vésiculaires offrirait encore un fait peu commun ; en effet, relativement aux hydatides cérébrales, vingt-deux seulement sont rapportées dans les recueils scientifiques, quinze concernant un kyste hydalique unique et sept des kystes multiples (voyez C.