‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 2)Chapitre 52 sur 94 · RÉTRÉCISSEIIENT ORGANIQUE DU PYLORE · texte numérisé non relu

RÉTRÉCISSEIIENT ORGANIQUE DU PYLORE

une sorte d'anneaa ou valvule ; au contraire, elles se terminent en s'amincissant.

Le tissu cellulaire sous-muqueux, épaissi dans toute retendue des parois stomacales, s*amincit lui-même considérablement, au niveau du rétrécissement.

Avant d*inciser la partie rétrécie, on constate qu'elle admet tant au plus l'extrémité de l'ongle du petit doigt. Un gros tuyau de plume y entre avec frottement. L'incision ayant été pratiquée, le diamètre au niveau du point rétréci est de 2 cent, i/i seulement. Sur 3 estomacs provenant d'individus morts de diverses maladies, nous avons constaté que le diamètre de l'estomac, au niyeaa de la valvule pylorique, variait de 5 cent. 4/2 à 6 centimètres. L'index passait dans ces cas très facilement à travers Tumeau pylorique.

Au niveau du rétrécissement, la muqueuse, comme nous l'a- ▼onsdit, s'amincit brusquement; elle conserve ce caractère dans toute l'étendue de la première partie du duodénum; la celluletise était également amincie et un peu froncée ; quant à la muscolease, elle avait complètement disparu, et à peine trouvait-on, an niveau du point rétréci, dans toute l'étendue de la première portion du duodénum, quelques fibres pâles, mélangées de graisse.

Le péritoine avait l'opacité et l'épaisseur que nous avons signalées.

lAcoarctation de tonneau pylorique n'étant pas due à l'hjrpertro- Phiedes tuniques musculeuse ou celluleuse, il fallait en chercher 1^ cause ailleurs. Peut-être avait-il existé autrefois, au niveau de ^ région du pylore, une ulcération de la membrane muqueuse dont la cicatrice vicieuse pouvait, jusqu'à un certain point, expli- ^er le froncement qu'on voit non dans la membrane muqueuse ^Ue-méme il est vrai, mais dans la cellule sous-jacente. L'examen de la membrane muqueuse dans sa structure intime pouvait, à ce ^*ilnous semble, décider seule la question. Eh bien 1 sur le ver- ^^t stomacal du rétrécissement, une tranche mince, provenant d*une coupe faite perpendiculairement à la surface de la mu- ^pieuse et examinée au microscope, présentait les tubes en cul-

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de-sac juxtaposés ; sur le versant daodénal, au contraire, Iftidém» opération faisait reconnaître dans la membrane intétHë de 1*111 : testin les glandes acineuM de Brdnner^ La membrane mtiqaêus» était donc représentée là par ses principaux élétdeiiU. Ofi lié patT. vait donc pas invoquer comme cause prôdùctrlcd dil rétrécisses ment Texistence d'tin tissd cicatriciel.

Ce li'est qu'avec peine que id région pylorlque de restottiàé e^ que le commencement du duodénum ont pu être séparés paf 1« dissection de la face inférieure du foie, à cause dés adhérefl6eiÉin-< times que nous avons signalées. Les fcàbàux biliaires et p&ticréaliques s'ouvraient, comme d'habitude, dilns le duodébtitb et éiaiM complètement libres.

Le /bi> a Vait à peu près Id moitié de ëon volUme habituel; «1 coloration était à peu près normale. La trame eelldleuse n'y était pas hypertrophiée et il n'y existait pas de déformation. Soft tissu était un peu friable, et il était imprégné d'une asset grande qdU)' tité de sang. L'etamen microscopique qui en a été té\i ptf M. Rayer a démontré qu'il y existait beaucoup moifis de gralM que dans l'état normal. — Les autres viscères n'otit présenté Mtf de bien remarquable. Il n*y avait pas de tubercdlés dàlië lés j^moni. Le eœur était parfaitement sain. Il n'y avait piUi dd caillots dans les principales veines des membres inférieurs et M Tabdomen.

Remarques. — Nous ferons^ eu sujet de robservtttioil abrégée que iioUs venons de relater, les remarques suivantes :

1"* Le rétrécissement pylorique dont il est ici quesliôd ^ un fait exceptionnel, à ce qull nous a semblé du moins. Dans le remarquable mémoire de M. Duplay, oii trouve rassemblé ùfl grand nombre de faits d*amplialion de Testomac, avec rétrécissement du pylore; mais dans tous ces cas, quand il n'existait pas de tumeur cancéreuse, la tunique celluleuse était hjf^^" trophiée. Dans l'observation qui nous est propre, toutes lest»* niques constituant les parois de roriSoe pylorique sont au 9^

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traire ati-ophiées. On troute bien encore, dàiis le mémoire de M. Daplay, des cas d'ampliation de l'estomac dans lesquels la tunique musculdre s'était partiellement atrophiée (Obs. I, loc. a^M et Andral, Clin, méd.^ obi. dit.) ; tnais cette atrophie por* tait alors sur une étendue plus ou moins considérable de cette tunique, au voisinage dii pylore. Dans notre observation, Tatropliie commence immédiatement au niveau du rétrécissement, et se retrouve seulement dans la plus grande partie de Il première portion du duodénum. D'ailleurs, dans tous ces casd*ampliationd*estomac, avec atrophie des fibres musculaires, le diamètre dé t orifice py torique était resté normal. Il en eslde métne de Tobseryation rapportée par M. Duplay, dans laquelle Tamplialion de l'estomac coïncidait avec une adhérence intime de sa région pylorique avec la face inférieure du foie. Sao8 doute, dans le cas ^ui nous occupe, comme dans VObs. I du mémoire de M. Duplay, les adhérences qui existaient entre l'estomac, le duodénum et la glande hépatique devaient gônéf singulièrement le passage des matières de Testomac dans le duodénum, acte dans lequel les fibres musculaires longitudinales du duodénum jouent un si grand rôle (Magendie, 7V. ^Physiol.f t. II, p. 109); et, par suite, Tampliation de Testo- Qi&c avait pu se produire^ Mais le rétrécissement ne nous sémite pas alors suffisamment expliqué, puisque, dans des <^6onstances à peu près analogues, Torifice pylorique a pu 6lre rencontré de diamètre normal ou même dilaté.

Une nous reste plus, dès lors, si nous voulons absolument ^ne explication, qu'& invoquer le retrait qui succède à TorgaliisUion des fausses membranes; nous admettrons, dès lors, ^e péritonite antérieure, de très ancienne date, et circons- ^teau voisinage du pylore; les adhérences que nous avons ^gnaléés entre Testomac et le duodénum d*un côté et le foie deràùlre, nous autorisent d'ailleurs à faire cette supposition, i^'anatomie intime de la membrane muqueuse, au niveau du

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pylore, nous a déjà fait rejeter l'idée d'une cicatrice Yiciei due à la réparation d'une ulcération de la membrane m queuse dont on aurait pu aussi supposer l'existence. Il 6 bien reconnu aujourd'hui, à ce que je crois, par les anatom^ palhologistes, que la muqueuse, quand elle se répare, ne réc père pas tous ses éléments, ses éléments glandulaires surtoi M. Gluge a vu les villosités reparaître plus ou moins coi plèlement dans la cicatrisation des ulcères typhoïdes (Glug« Ailas danat. pathol.); les glandes de Lieberkuhnn ne s'élaiesif pas reproduites.

2** De Ilaôn s'est beaucoup préoccupé des rétrécissements que nous avons nommés ici non organiques^ et il en a fait figurer une quinzaine de cas {Ratio Medendi^ t. YII. Paris, 1776, p. 246;. Il ne s'explique pas suffisamment sur la cause anatomique ou physiologique de ces rétrécissements auxquels il attribue une grande part dans la production des sympltmes observés pendant la vie ;il les a rencontrés, d'ailleurs, dans des maladies très diverses et dans lesquelles les viscères intestinaux ne paraissent pas avoir été autrement intéressés. Pour nous, nous ne faisons que signaler le fait en passant; est-ce un phénomène cadavérique ou un phénomène des derniers temps de la vie? quelle est son importance et sa signification? M. Andral s'est depuis longtemps posé ces questions; il est porté à penser qu'il est « des malades qui présentent un certain ensemble de symptômes qu'il serait porté à expliquer par une contraction spasmodique, soit durable, soit passagère, d'un tube digestif » {Précis ttanat.y paih.^ t. II, p. I2t). Copland, d'un autre côté, assigne des phénomènes particuliers au spasme des intestins, et Mays {Outlifies of human Pathlogy, London, i836, p. 351) en rapporte une observation qui parait concluante. Nous n'avons observé chez notre malade aucun phénomène particulier qu'on pût rattacher à ces rétrécissements multiples des intestins.

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