‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 3)Chapitre 10 sur 85 · ESGHARE DE LA FESSE · texte numérisé non relu

ESGHARE DE LA FESSE

centre de la partie dénudée, dans le lieu même où existaient les ecchymoses. Peu à peu, cette eschare tend à se détacher sur ses bords ; elle s'entoure d'un cercle éHminateur et parfois en outre, les parties voisines deviennent rouges, luisantes, tuméfiées, chaudes et présentent en un mot l'apparence phlegmoneuse. Mais il est rare que le processus soit poussé aussi loin ; fréquemment la terminaison fatale survient avant même que la mortification du derme ait eu le temps de s'accomplir, ou alors il n'existe encore qu'une tache ecchymotique avec ou sans soulèvement de l'épiderme.

Pendant que ces divers phénomènes se produisent du côté correspondant à l'hémiplégie, la fesse du côté opposé reste en général parfaitement indemne. Il peut arriver, cependant, qu'elle s'affecte à son tour de la même manière, mais toujours plus tardivement et à un moindre degré. Je n'ai, du moins, rencontré jusqu'ici qu'un seul cas dans lequel le travail de mortification ait envahi les deux fesses, siraultaném^.nt et à peu près avec la même intensité.

L'examen nécroscopique a fait reconnaîlre ce qui suit dans un cas où l'eschare, relativement énorme, ne mesurait pas moins de 9 centimètres en diamètre. Le derme sphacélé dans toute son épaisseur, présentait l'aspect et la consisUuice d'un tissu feutré, sec, de couleur brune; au dessous le panicule graisseux paraissait partout imbibé de sang noir. Plus profondément, dans toute son épaisseur, et dans une étendue en largeur qui correspondait à celle de l'eschare cutanée, le muscle fessier était de couleur violacée, de consistance friable et transformé même, çà et là, en une sorte de boue brunâtre. Au microscope, les fragments de faisceaux primitifs provenant des parties altérées du muscle, comparés aux faisceaux pris sur les parties saines, offraient en général un plus grand diamètre que ceux-ci. La striation transversale avait le plus sou vent disparu ; la striation longitudinale était quel-

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quefoiâ encore apparente : mais, pour la plupart, le? faisceaux priniitiF», «nombres, opaques, étaient chargés de granulations et ne présentaient plus traces d'apparence striée. De plus, ils étaient devenus très friables et se divisaient sous Tinfluence de la pression, en très petits fragments. Le liquide abondant qui baignait de toutes parts les fibres musculaires, paraissait sous le microscope assez fortement coloré en rouge, et cependant, on n'y voyait voyager qu'un très-petil nombre de globules du sang.

L'escbare des hémiplégiques se rencontre dans les cas les plus divers de lésion du cerveau : à la suite des hémorrha^ies intra-encéphaliques ou sous-méningées ; dans la pachj-méningile. le ramollissement blanc ou rouge; enfin, lorsqu'une tumeur romprime fortement l'un des hémisphères cérébraux. .\fin de mieux faire connallre Ips circonstances dans lesquelles elle se produit, nous croyons utile de donner ici l'analyse très-sommaire des observations sur lesquelles se fondent les remarques qui précèdent. Ces observations représentent la totalité des cas d'hémiplégie récente, de cause cérébrale, à début brusque et terminés par la mort, recueillis dans mon service, à la Salpétrîère, pendant les années 1866 et 1867. Dans tous eus cas. la ré;;ion fessière a été examinée avec soin, jour pur jour, pitudant toute la durée de la maladie.

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Débat le % décembre 1806; sans état apoplectique. Le sixième jour, ecchymose avec soulèvement de Tépiderme. T. R. 38«, 4.

Le neuvième jour, la plaque ecchymotique s'élargit. Le onzième jour, eschare énorme avec pourtour phlegmoneux. T. R. 38% ô

Mort le treizième jour. T. R. 40«, 3.

Obs. II. Moreau, 70 ans. — Ramollissement blanc du lobe gauche de la protubérance. — Pneumonie lobaire.

Débutle 20 avril 1807, progressif; stupeur, puis coma, hémiplégie droite avec flaccidité du membre supérieur droit.

Cinquième jour, éry thème de la fesse droite. T. H. 39", 5.

Sixième jour, eschare. T. R. 4()*\5.

Mort le sixième jour.

Obs. IIL Emeux, 59 ans. — Ramollissement blanc très étendu du lobe moyen gauche ; sans oblitération artérielle. — Début le 30 octobre 1867, avec état apoplectique. Hémiplégie droite avec flaccidité.

Le quatrième jour, ecchymose et bulle sur la fesse droite.

Mort le neuvième jour.

Obs. IV. Henry, 89 ans. — Ramollissement blanc.

Début d'une deuxième attaque avec hémiplégie gauche, sans perte de connaissance, le -4 novembre 1866. — Le troisième jour, plaque violette avec excoriation de Tépiderme ; le soir, eschare. — Mort le 20* jour.

Obs.V. Afor/e/, 84 ans. — Ramollissement blanc du corps strié et du centre ovale, côté gauche. Thrombose Sylvienne, sans athérome. — Pneumonie lobaire.

Début brusque avec état apoplectique le 31 octobre 1867. — Hémiplégie droite sans contracture.

Premier jour, éry thème rosé à .la fesse droite. — Deuxième

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jour, coloration livide de l'érylhème, le soir, tache noire avec soulèvement de l'épiderme. — Mort le troisième jour. TR, 40.

Obs. \l. PeMé,H ans, —Ramollissement blanc, deuxième circonvolution frontale et deuxième circonvolution Rphénotdale du côté droit. Thrombose cachectique de l'artère sylvienne sins athérome; cancer utérin.

Dt^but apoplectique le 9 janvier 1866. — Hémiplégie gauche avec Qaccidité des membres.

Le deuxième jour, érythème et plaque violacée de la fesse gauche. — Le troisième jour, eschare. — Mort le treizième. T. R. 37», 3/5.

Obs. Vil. I/ayarrt, H ans. — Ramollissement blanc. Corps strif'ï et centre ovale. — Thrombose sylvienne, athérome.

Début apoplectique le ^ mars 1866. Hémiplégie droite avec flaccidité.

Le deuxième jour, ecchymose et bulle sur la fesse du côté paralysé. T. R. 37", </5. —Mort le cinquième jour. T. R.39»,2;3.

Obs. VIII. Dubois 70 ans. — Ramollissement blanc, centre ovale droit.

Début le a mars 1807, sans étal apoplectique. — Hémiplégie gauche avec flaccidité ; marche progressive.

Septième jour, érythème de la fesse, plaque violacée, soulèvement de lépiderme. T. R. 37», 2. — Dixième jour, eschare du

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