‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 3)Chapitre 9 sur 85 · HÉMIPLÉGIE RÉCENTE DE CAUSE CÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

HÉMIPLÉGIE RÉCENTE DE CAUSE CÉRÉBRALE

Note sur la formation rapide d'une eschare à la fesse du côté paralysé dans l'hémiplégie récente de cause cérébrale (i).

Dans le premier numéro de ce recueil (Archives de phyùologiey etc. , n** 1 , 1868, p. 173), j'appelais raitention sur la formation d'eschares à la région sacrée, qui a lieu fréquemment quelques jours après Taccident, chez les sujets dont la moelle épinière est lésée par le fait d'une fracture ou d'une luxation du rachis, et je faisais remarquer à ce propos que linfluence de la pression exercée sur les parties qui supportent le poids du corps ne saurait évidemment élre considérée là que comme une cause accessoire.

D après les observations que j'ai recueillies à l'hospice de la Salpélrière, pendant le cours des deux dernières années, je me crois autorisé à avancer qu'un phénomène analogue se produit dans la majorité des cas d'hémiplégie à début brusque, déterminée par une lésion du cerveau, lorsque la mort doit rapidement s'en suivre. Seulement, dans les cas de ce genre, l'eschare, ou la tache ecchymotique qui précède son apparition affectent un siège tout particulier. Ce n'est pas à

i.Archive9 de physiologie normale et pathologique, 1886, p. 308.

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la région sacrée qu'elles se développent, non plus que sur un poinl quelconque des parties médianes, mais bien vers le centre de la région fessière, et, en règle générale, exclusivement du rnW- correspondant à riiéraiplégie.

Voici comment les choses se passent le plus habituellement: du deuxième au quatrième jonr après l'attaque, rarement plus tiit, quelquefois plus tard, une plaque érjlhémateuse, h bords mal délînis, occupe, dans la plus grande partie de son étendue, la fesse du côté paralysé. La rougeur présente Ih, le plus souvent, une coloration rosée, plus rarement une teinte violacée, livide; elle disparaît en tout cas, momentanément, sous l'influence de la pression du doigt. Le lendemain ou liî surlendemain, une tache d'un violet sombre, d'apparence ecchyniotiqup, à contours tantôt arrondis, tantôt anguleux, mais toujours nets et arrêtés, s'est développée sur la partie centrale de la plaque érylhémateuse, c'est-à-dire à 4 ou "» centimètres environ en dehors du sillon interfessier, et à 3 ou 4 centimètres au dessous d'une ligne fictive qui partirait de l'extrémité supérieure de ce sillon en suivant un trajet perpendiculaire à sa direction. Cette tache, dont le diamètre ne dépasse pas tout d'abord 2 ou 3 centimètres, est indélébile; elle ne s'efface pas par la pression; àson niveau, l'épiderme se déchire bientôt, ou se soulève sous forme d'une

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