Duriau. — Iniou mt'dicale, l. I, iMô'J. p
-MlTIIIiOPAlHIES DES ATAXdlUES
es alaxiques, le rapprochement pourra, au premier larallre singulier; mais il ne faut pas oublier que les
de la nulrition. provoqués par une lésion de la moelle, t quelquefois poursi^ge les jointures, et se présentent is la l'orme d'affeclions articulaires assez semblables, ■Iqiifs rapports, à celles que produit le rhumatismcar-
(lu Miliaigu. Dans les blessures de guerre iutt^ressanl ilull;iicc. W. Mitcliel, Moreliouse etKeen disent avoir as de ce genre (i). Voici l'indication sommaire d'un au point de vue qui nous occupe, présente un vif in-
15(1, pendant une émeute, un homme reçut dans le oup d'épée entre la neuvième et la dixième vertèbres . il trois centimètres et à droite de la ligne médiane. l de la plaie était oblique de droite à gauche et ■ni dirigé de bas en baul. I.c premier jour, on une paralysie motrice complète des deux membres
ARTHROPATHIES DES ÀTAXIQUES 177
litéy sinon la totalité, de la substance grise du même côté (1 ).
Ainsi, consécutivement à une blessure de la moelle, on voit se développer chez ce sujet, en même temps qu'une escliare au siège, une affection articulaire qui n'est pas sans analogie avec celle que nous avons observée chez les ataxiques. Les lésions de la moelle capables de déterminer la production d'arthropathies ne sont d'ailleurs pas toutes de causes traumatiques. Dès 1831, le professeur J.-K. Mitchell a appelé Tatlention sur plusieurs cas d'affection des jointures développées chez des individus atteints de carie vertébrale sous l'influence de la compression de la moelle. Les articulations étaient tuméfiées, rouges et quelque peu douloureuses (2), de manière à simuler les accidents du rhumatisme articulaire subaigu. J'ai observé, pour mon compte, plusieurs faits qui me semblent confirmer les observations du professeur Mitchell. L'un d'eux a été rapporté dans un travail de M. le docteur Bail (3) et reproduit dans la thèse de M. Mougeot (4).
Quelque variées quelles puissent être, ces lésions de l'ave médullaire qui provoquent ainsi, dans diverses parties du corps, une perturbation plus ou moins profonde des actes nutritifs, paraissent cependant se rapprocher toutes par un caractère commun : c'est l'irritation des éléments nerveux de la moelle, qu'elle soit provoquée par la déchirure ou l'attrition d'une partie de Torgane, comme dans le cas d'une lésion traumatique ; par la compression comme dans le mal vertébral, ou bien par un travail phlegmasique développé dans la gangue conjonctive sous l'influence de causes in-
1. Brown-Séquard. — Journal de physiologie^ l. VI, 1803, p. 123. Observaliun recueillie par M. Vi^^iiès.
'2, Atnerican Journal of the med. Science, vol. in-S", p. 55. A. B. Bail. — Du rhumati^tne ciacéral. Paris, 1866, p. 88. 4. Loc. cit,, p. 35.
Cbarcot. CEa\T. comp. t. ix. Hémorragie cérébrale. la
AKTHROPATHIES IIES ATAXIQCKS
insi que cela a lieu daas la myélite sponlanée ( 1 ), i'i' • se roirouve inconleslableinent. à un rerlaiu degré. ta\ie locomotrice progressive. En etfel, rallératimi fre des cordons postérieurs à laquelle se niUacheiil itfimes de cette maladie consiste essenliellcment, h ne (2) ainsi que nous l'avons démonlré, M. Bouchard 1 unR végétation, une proliréralion du tissu conjonrlif lormalement interposé entre les tubes nerveux. lyélocytes sont devenus plus nombreux, la gangue a pris un développement relativement considérable. iK tubes nerveux eux-mêmes, ils ne présentent en
i;st pH« Ia paiatysie, ce n'est jjuj ïuhaeiice il'aclion «lu aptiinc m-r- (liuis lod cïs do ce gearc, cat causa de l'iilU'raLiun >lu U [iiitriLioiL ; jnlrairc, une action morbide de eo ayalème par siiilt' do rirri-
survivre des mois entiers à la florlion do la moelle tiiiniènicnlcr ancunc autre lésion de niitrilian daua les pEUlici piira-
ARTHROPATHIES DES ATAXIQUES 179
général, pour la plupart, aucune altération appréciable à cette première période ; mais déjà ils prennent, cela n'est pas douteux, une certaine part à l'excitation morbide qui s'est emparée du tissu conjonctif qui les enveloppe de tous côtés. Cette irritation se traduit par des élancements douloureux lorsqu'elle affecte des tubes dont la propriété est de déterminer, sous l'influence des excitations, une sensation perçue ; elle devra se traduire encore par des troubles de la circulation ou de la nutrition, si elle affecte, en outre, des tubes appartenant au groupe des éléments nerveux vaso-moteurs ou trophiques. De fait, il n'est pas très rare de voir survenir, dans les premières périodes de l'ataxie, indépendamment des douleurs fulgurantes, des affections variées qui relèvent évidemment de l'ciffection spinale (1), et qui révèlent snfGsamment la perversion des actes nutritifs. Je rappellerai, par exemple, l'atrophie rapide que subissent parfois les masses musculaires des membres inférieurs dans des cas ou l'incoordination motrice est encore à peine accusée. Mais c'est surtout le tégument externe qui paraît (Hhî le siège le plus habituel des accidents sur lesquels j'appelle ici l'attention : on voit assez souvent la peau des jambes et des cuisses se couvrir d'une éruption lichénoïde,confluente, à la suite des douleurs fulgurantes.
Chez une femme actuellement en traitement à la Salpélrière, d'énormes plaques d'urticaire se produisent à chaque accès au niveau des points ou siègent les douleurs les plus vives.
Une autre malade de mon service a présenté, dans des circonstances analogues, des phénomènes encore plus remarquables : cett(î femme, aujourd'hui Agée de soi\ante-et-
1. L'atrophie dos rariiics poslrrienics peut, ù celle période de la maladie, manquer complctemenl. T.harcot el Houchard, ob?. citée.) Klle semble nVlrc qn'nn fait de seconde date. Quant à l'alléralion des Kanglions spinaux el des nerfs iM-riphériques dont (|ucl(|ues aiilcuri oui pailé, il ne parait pas qu'elle ait jamais été n>gulièrement constatée.
AHTHIIOrATUIES DES ATAXIQLES
dmise, il y a six nns, h l'hospice comme aveuglf sclfTcuse des nprfs optiques), esl actuel leiii en l aliiliuii.' locomotrice bien caractérist^e. Chez elle, la i l'vulué d'une manière très rapide, car les premiers douleurs fulgurantes datent du mois de mars 1863, [■Il juillet IStiti. l'incoordinaLion était assez pronourciulre la marche difficile. Un de ces accès, qui eut lin I8fi7, présenta une intensitô exceptionnelle. Les ([ui iiUiient vraiment atroces, parurent fixées peusii-iirs jours sur le trajet des rameaux cutanés des il sciatique et du releveur de l'anus du côté droit. ce temps, les parties correspondantes de la peau se il do très nombreuses pustules d'ccthyma, dont ■unes devinrent le point de départ d'ulcérations proie pins, une eschare arrondie, ayant environ 5 cenie diamèti'e et qui intéressait le derme dans la près-
ARTHROPATHIES DES HÉMIPLÉGIQUES 181
Arthrites dans i/hémiplécie de cvuse cérébrale.
Il n'est pas rare de voir survenir dans les membres atleints dliémiplégic, à la suite de certaines lésions du cerveau — du ramollissement par exemple ou de Thémorrliagie — des douleurs qui ont pour siège les jointures ; c'est un fait que plusieurs auteurs avaient déjà pris soinde faire remarquer d'une manière plus ou moins explicite (l). Mais on doit k M. Rrown- Séquard d'avoir appelé plus particulièrement Taltention sur ce symplAme curieux à plus d'un titre, et d'avoir cherché à en déterminer la cause organique. Voici comment s'exprime à ce propos cet auteur dans une leçon remarquable sur la pathogéuie des affections du cerveau publiée dans T/ie Lancet, en 1861 (2).
Après avoir admis que les sensations pénibles, telles cpie celles de formication, de picotement qui se produisent dans les membres paralysés, en conséquence d'une lésion rérébrale, résultent généralement d'une irritation directe des fibres nerveuses encéphaliques : « Ce sont h\, dit-il, des sensations rapportées a la périphérie, analogues à celles qui se développent dans les doigts de la main, lorsque le nerf cubital a été froissé au niveau du coude. Il importe de ne pas les confondre avec les douleurs, quelquefois très-vives, qui peuvent se manifester dans les muscles ou dans les articulations des membres paralysés. Les douleurs du dernier genre ne se révèlent guère que sous Tinfluence des mouvements ou de la pression exercée sur les membres ; ou si elles se montrent
l.Dunind-Fardcl. — Maladies des vieillards, p. 131. Paris, 185i. Observation dp la nommée I^moine. — Valleix. — Guide du médecin praticien, l, IV, lfC>3, p. 314. — Grisolle. — Pathologie interne, 2* édition, t. II, p. '**57.
2. Lectures on Ihe mode and orit/ui of st/mptoms ofdisease of the hrain. — Lecl. I part. II. [The lancet, July, 13, l«61j.
MITnnOPATHIES DRS IIÉMIPl.fif.lOl*ES
iiil;i!ipiiit'nt, elles sonL néanmoins toujours exaspC-i pression ou les mouvements ; elles dépendent îinmialion subaiguS des muscles et des nrticulalions il tort, est souvent rapportée à une affeclion rhu[ii;iiette subinflammation qui survient ainsi dans dilies des membres est d'ailleurs elle-mi^rae la consé-
l'irritation que subissent dans l'encéphale, les tubes vaso-moleurs ou Irophiques ».
l'après M. Brown-Séquard, les douleurs des meni-
les hémiplégiques recoonaissenL tantôt une cause txintût, au contraire, une origine périphérique. irnier cas, qui seul doit nous occuper, elle résultetrouble de nutrition développé sous Tinfluence de du cerveau dans les parties même où elles se ma-
c'est-à-dire dans les muscles, par exemple, dan» ations.
elle pas que celte importante distinction soit fondée
ARTHROPATHIES DES HÉMIPLÉGIQUES 183
avons fait connatlre ailleurs et qui a été quelquefois désignée sous le nom de névtnte hypertrophique ({). Mais à part ce point de dissidence, nous croyons que, d'une manière générale, l'opinion émise par M. Brown-Séquard, relativement h Torigine périphérique de quelques-unes des affections douloureuses qui surviennent dans les membres paralysés, chez les hémiplégiques, se trouvera justifiée par nos observations.
Obs. I. M..., âgée de 09 ans, est entrée à riiospico de la Salpé- Iriére le 9 avril 18G7 ; elle a été admise à l'infirmerie le 8 mai. Cette femme a été frai>î)ée, on novembre 18GG, d'une attaque d'apoplexie avec perle de connaissance, qui a duré quelques heures et, en même temps, d'hémiplégie droite. L'hémiplégie s'est bientiU dissipée ; mais il est resté une difficulté notable dans Tarticulation des mots. Le 7 mai i8G7, survint tout à coup une nouvelle attaque d'hémiplégie, occupant celte fois encore, les membres du côté droit, mais sans perte de connaissance.
Le 8, à la visite, on constate ce qui suit : La malade parait avoir conservé une grande partie de son iiitelligence et de sa mémoire, seulement, elle s'exprime avec beaucoup de diflicullé, il n'y a pas oubli des mots, substitution d'un mot à un autre, pas d'p.phasie, mais bien embarras des mouvements de la langue et des lèvres, qui gène la prononciation et ralentit le discours. La malade peut, dans son lit, mouvoir et soulever à une certaine hauteur le membre inférieur correspondant, qui n'e^t ni rigide ni flasque ; mais il lui est impossible cependant d'élever sa uiain droite jusqu'à sa tète. La sensibilité cutanée paraît un peu
I. Voir : (k)mil. — Soirs sur les Irsinns des nerfs ri des muêcleê dan» le» hruiipléfjie»' Comptes rendus et nithnuires de la Socif^tê de biologie* année 1803. . — Houchanl. — Des df^f/én«' rat ions secondaires de lu inoelleêpinif^refArcfiice^ tlem^decine, marà cl avril, p. 81, 1886}. Pendant ionj^lcmps. j'ai cru (juc j'avais (^ le premier à remarquer la névrite hypertrophique des hémiplÔKiqueA. J'ai ii^connu depuis qu'elle avait été sii^naléc déjà par Lenbuscher dauâ le^i lenne» >uivants : « On trouve dans certains cas d'hémipléj^ie une augmentation de volume iIcî* nerfs du c(Mé parnlysé. < ictto hypertrophie résulte d'une exsudation tpii î*c fait dans le névriléine. •• Hehirnkrankheiten, pa^e ÎJ<>. Berlin^l853;.
VlIllUIOrMHIES DKS IIËmPI.ÉGIorKS
sur ce membre. La tpmpéi-ature de la main droite est. jour, un peu plus élevée que celle de la main gauclit* iche 3â°, 5 — main droite 30"), et le même fsil a élé le nouveau à plusieurs reprises, dans la suite, irs suivants les mouvements deviennent progressive- 'lihres, plus étendus dans les membres paralysés.^
iLiîiladii peut se lever et faire quelques pa« autour de \r [Mut aussi élever son bras plus haut qu'elle ne le Lboid ; — physionomie hébétée -.pleurs faciles. Toujours fliculté dans l'articulation des mots. I/appétit s'est lient rétabli. Il n'y a jamais eu apparence d'un nmu- ■brile un peu intense.
milieu du mois de juin, M... commence d se plaindre de douleurs siégeant dans les membre du ciMé par:iqui la tourmentaient déjà depuis une quinzaine de i douleurs sont surtoutintenses au membre supérieur. îraissr>nt occuper pi-incipalement les articulations. L'é-
jointures mélacarpo-phalansiennes, le poignet soni
droit, le genou et le cou-de-pied sont surtout douloureux, mais il n'existe là ni rougeur ni gonflement. Des vésicatoires volants ont été appliqués à plusieurs reprises, pendant le courant de juin et juillet, sur les principaux points douloureux, mais ils n'ont jamais produit qu'un soulagement momentané.
2 août. — La malade est tombée cette nuit de son lit ; lorsqu'on Ta relevée, il lui était devenu tout à fait impossible de parler, bien qu'elle parût avoir conservé la connaissance. On constate le matin, l'existence d'une hémiplégie gauche complète, avec flaccidité des membres, qui retombent inertes lorsqu'on les abandonne après les avoir soulevés, la face ainsi que les yeux sont dirigés vers la droite. Les muscles du cou sont rigides, ceux du côté droit surtout. Les membres du côté gauche sont devenus relativement plus chauds que ceux du c6té droit. Langue sèche, peau chaude ; pouls 66, température rectale 37",8.
3 et 4 août, — Môme état, seulement la température centrale s'élève progressivcment,etle4,ausoir, elle atteinl38°,5. Le6 août, la déglutition est devenue difficile. Température centrale le soir, 39*>. Le 7 août : coma profond, ronflement stertoreux, face de coloration violacée, vineuse ; respiration précipitée, irrégulière. La température de la peau paraît très-élevée : une sueur visqueuse couvre tout le corps, 110 pulsations. Température rectale. lO*, le matin; le soir, il*',8. La mort survient dans la nuit.
Autopsie. Les artères qui forment l'hexagone présentent de nombreuses plaques d'endartérite noueuse avec rétrécissement, mais sans altération de leur calibre. Sur Yhémisphf^'re droitexiste une plaque de ramollissement blanc, récent, irrégulièrement arrondie, plus large qu'une plaque de 5 francs. Cette plaque occupe la partie la plus inférieure et la plus antérieure des circonvolutions pariétales, immédiatement en arrière de la circonvolution marginale postérieure. Le ramollissement s'étend à la substance blanche sous-jacente dans la profondeur de deux centimètres environ. Au pourtour de cette plaque, la substance grise de plusieurs circonvolutions est, dans une certaine étendue, plus molle et d'une coloration plus rosée qu'à l'état normal. — Le calibre de l'artère sylvienne droite, déjà singulièrement ré-
.vrtlHIiOPATHlRS PAR LÉSION DL CERVEAl!
uni- Iliaque annulaire d'endartérile, l'est plua encore, 1 coin|ilélement oblitérée toutefois, par un thrombua fit adhérent. Deux branches postérieures de cette arlère, ■igenl vers le foyer de ramoUissûment, sont complète- Iruéespardes thrombus formés au niveau d'anneaux leux, En ouvrant le ventricule latéral droit, on consla tête du corps strié est ramoilie dans l'étendue d'une lieux rnincs.
ilirre gnuclie. Une plaque jaune {RatnoUissement ancien), et déprimée, ayant environ 3 centimètres de diamètre, 'Hage supérieur des circonvolutions du lobe temporal dans la profondeur de la scissure de Sylvius, jusqu'au l'insula, qu'elle intéresse dans sa partie la plus infé- H rameaux artériels qui se rendent âcetle plaque sont n plusieurs points par des nœuds alhéromateux, mais 1, on n'observe d'oblitération complète.
e volume normal. Les valvules aorliques et mitrales jrées A leur base, les orilices correspondants ne pré-
contraste avec la rougeur vive qu'oiTrent sur des points symétriques les mêmes parties dans les jointures dos membres du cùté droit.
Le nerf médian du membre supérieur droit est comparé au nerf correspondant du côté gauche ; le premier est dans toute son étendue, au bras comme à Tavant-bras, manifestement plus volumineux que le second ; il présente en outre une teinte rosée générale et, çà et là, des plaques d'injection sanguine d'un rouge vif ; on voit de plus ramper à sa surface, dans Tépaisseur du névrilème des vaisseaux, relativement volumineux et fortement injectés. Le nerf médian gauche offre, au contraire, la pâleur de l'état normal et on observe à sa surface aucune apparence d'injection vasculaire. (PI. IV, figure 7, A. B.) Les muscles du bras ont paru présenter des deux côtés les caractères normaux."
La malade qui fait Tobjet de cette observation a été frappée le 7 mai 1867, d'une attaque d'hémiplégie à droite, sans qu'il y ait eu perle de connaissance. Quelques jours plu» tard, le mouvement qui, d'ailleurs, n'avait jamais été «omplètement aboli, reparaît au point ([u'elle pouvait marcher quelque peu, se servir de sa main droite, tant bien que mal, la porter à sa tête, etc.
Un mois environ après Taltaque, sans cause extérieure appréciable, des douleurs vives se manifestent en divers points des membres droits. Ces douleurs, qui ont persisté jusqu'à l'époque de la mort, occupent surtout les articulations : là elles se montrent spontanées, presque continues; mais les moindres niouvemenls imprimés aux jointures les exaspèrent, et les mouvements un peu brusques les rendent intolérables. Il existe en même temps de la rougeur et du gonflement au niveau de quelques-unes des articulations de la main droite. Celle-ci est manifestement plus chaude que la main gauche. En outre de ces douleurs localisées sur les jointures, il en est d'autres qui occupent le
188 ARTBROPAiniES PAR LÉSION DU CERVEAU
corps des membres et qui sont rendues plus vives par une pression exercée sur le trajet des gros troncs nerveux. \ plusieurs reprises, Tapplication de vésicatoires volants sur les points principalement affectés a produit de ramendompnl daas les douleurs : mais le soulagement, toutefois, n'a jamais été que momentané.
On voit en somme que l'hémiplégie tHail ici fort iucnniplèle, puisque la malade n'a guère cessé de se servir qui"!que peu de ses membres; de plus, elle élait de date réci-nle (i l'époque où ont paru les douleurs articulaires, puisqu'elle ne remontait pas à plus d'un mois. J'iiisisle particulièremeiil sur ces circonstances, parce qu'elles rendent impossible de supposer que l'inertie foncUonnelle prolongée ait pu avoir, en pareil cas, une influence marquée sur le développement des troubles de nutrition qui se sont produits dans diverses parties des membres affectés et en particulier dans les jointures.
Le 2 août, une nouvelle attaque, plus intense que la première, mais déterminée comme celle-ci par la Tormalion dans le cerveau, d'un foyer de ramollissement assez étendu, emporte rapidement la malade : à l'autopsie, on trouve dans les articulations des membres supérieurs et inférieurs du côté droit, les synoviales rouges, vivement injectées, tuméfiées, villeuses; tandis qu'à gauche les cavités articulaires exami-
ment d'exsudation siTO-fibrineuse. L'injection vive du névrilèine et l'augmentation de volume du nerf médian doivent aussi, croyons-nous, ôtre rapportées à un travail d'inflammation.
A l'altération des synoviales se rattachent nettement, dans ce cas, les symptômes articulaires observés pendant la vie, tandis que la névrite liypertrophiquc rend compte des douleurs qui occupaient le corps du membre et s'exaspéraient par la pression exercée sur le trajet des cordons nerveux. Les muscles des membres paralysés ne présentaient aucune altération appréciable.
Si j'en juge d'après les laits nombreux que j'ai recueillis à la Salpétrière, c'est surtout lorsqu'il s'agit du ramollissement du cerveau que Tarllirite des hémiplégiques se montre fréquente, et l'on pourrait en dire autant de la névrite hypertrophique qui l'accompagne souvent. Celte affection articulaire se rencontre également à la suite de l'hémorrhagie intra-encéphalique, mais alors elle est certainement plus rare. Le fait suivant démontre qu'elle peut se présenter encore, avec des caracrtères Irrs-accusés, dans les cas où rhémi[)légie e>t déterminée par la compression (lu'ox^Tct^ une tumeur inlra-crAnienne, sur l'un des hémisphères du cerveau.
Obs. II. — La nommée S., âgée de quarante-cinq ans, a été admise à l'hospice de la Salpétrière, le U\ février 1807. KUe est nnlréo à Tinlirmerie le (» mars de la même année. 11 résulte des r«»nseignements pris aujM'ès des ]>arents de cette femme, qu'à la lin de décembre 18(»li, elle a été frappée tout î\ coup(?) d'hémiplégie gauch(s sans avoir perdu connaissance. Bienl<M, le membre inférieur gauche avait repris ses mouvements, au point que la malade pouvait marcher : h» membre supérieur correspondant était resté très-faible, mais non complètement paralysé, cependant, la malade n'en faisait (|ue très-rarement usage. L'intelligence était conser\ee, mais 11 y avait embarras très-prononcé de
AltTHHttl-ATIMEJI l'Ail LÉSIO?) Dl CERVEAU
P. Lors de son eutrée à. l'hospice (février i8»7>, l'étar lui qui viuut d'être indiqué et il persista tel quel, jus- ■omaiencement de mars; àeeLLe époqui;, on remarqua ■tait presque constamment assoupie. Bientrtt, elli- refusa 1- du Ut, et progressivement, dlu tomba dans une souiim- !■ plus en pius profonde. C'est alors qu'elle fui dirigée ilivmerie (7 mars), ofi on la trouva dans l'L'tat suivant, profond avec respiration sterloreuse. — Lorsqu'on ■ vivemfmt la malade, elle ouvre les yeux, profère 'S paroles inintelligibles et se rendort aussitôt. La les yeux sont dirigés vers la droite, la paupière supé- ;auL']Le est un peu tombante. La commissure labiale du lit est tirée en haut et en arriére. Il y a des grincements s par moments, et, de temps à autre, ii sort de la bouclie de salive âcumeuse. 11 parait certain cependant qu'il n'y Il U'allaquos convulsives. La face est injectée. — Le e supérieur gauche ostHasquo; seuls les doigts sont uti ides el lléchis dans la paume de la main.
AHTBlMrPATIIlES PAfl LÉSION I)C CERVEAU 191
S* est produite sur la fesse du côté paralysé. L'épiderme est légèrement ridé à la surface de la plaque qui repose sur un fond érythémateux. La fesse du côté opposé ne présente, au contraire, aucune trace de coloration anormale.
10 mars. — Grincements de dents surtout la nuit. Toujours som- Dolence ou même coma. Par instants, cependant, la malade se réveille et répond assez nettement aux questions qui lui sont adressées. T. R. 38».
11 mars. — Une véritable eschare a pris sur la fesse la place de la tache ecchymotique.
13 mars. — L'état ne s'est pas modifié d'une manière notable. Le membre supérieur gauche est toujours complètement inerte. On remarque pour la première fois qu'en faisan f exécuter â ce membre des mouvements passifs, la malade, bien qu'elle paraisse plongée dans »rn sommeil profond^ donne des signes d'une douleur vive. Elle se réveille alors sous l'influence de la douleur et prononce quelques paroles inintelligibles. Ce sont surtout les mouvements de l'épaule qui paraissent douloureux. Ceux du coude et du poignet provoquent aussi de la souffrance, bien qu'à un moindre degré. On constate qu'il existe une légère tuméfaction du membre, mais répandue d'une manière générale et non accusée spécialement au niveau des articulations. La main gauche est d'ailleurs plus chaude et plus colorée que la droite. — On trouve sous le jarret gauche, 30», 3, sous le jarret droit, 3i«,2. La température rectale est de 39», 4; à l'auscultation, on perçoit seulement des râles muqueux abondants au niveau des lobes inférieurs.
14 et 15. — Les douleurs que déterminent les mouvements des diverses articulations du membre supérieur gauche, de l'épaule surtout, sont toujours très accusés. T. R. 39% 1 ; pouls 1 10 ; respiration à 34, régulière.
16 mars. — Pouls liO ; T. R. 38«,4. L'eschare s'est agrandie, le. 17et le 18, le coma a été moins profond; la température a baissé (T. R. 38»^. Les douleurs persistent dans le membre supérieur paralysé qui est toujours manifestement plus chaud, plus coloré et plus volumineux que celui du côté opposé.
AHTBHOPATHIES l'Ail LKSIUS HV CEHVKAU
ŒiaLin. — L'éLat s'est aggravé. Râle laryngo-lrachéal : :'sque in^eusible; sueurs visqueuses. A la main gauche, 7 ont une couleur violacée qui n'existe pas de l'autre Ina prorond; cependant, la malade se réveille et donne lies fie souffrance très-manifestes quand on meut les s du membre supérieur gauche. T. R. 39", (i. — La -vient le 19, à six heures du soir.
h heures après ta moi-t, on constate ce qui suit : lesmemr et inrérieur gauches ne présentent pas traces de I cadavérique. La rigidité est, au contraire, très pro- |iu\ membres du câté druit.
si;oi'in. — EncéphaU. La dure-mire étant incisée, ou
! que la surface convexe de l'hémisphère droit est
I plus saillante et paraît plus volumineuse que celle de
Ihère. LesctVco/JUo/uf Jon« sont élargies et de plus elles pa-
1 aplaties les unes contre les autres comme tassées. Elles
[(-ment plus pâles que celles de l'hémisphère gau-
Vexamen histologique donne les résultats suivants : partout la tumeur parait composée de cellules fusiformes, dites fibro-plastiques, renfermant toutes un, deux ou même trois noyaux. Il y a aussi des noyaux libres; ceux-ci, comme les noyaux renfermés dans les cellules, portent des nucléoles. Une substance homogène, amorphe, cimente ces divers éléments. Les cellules dans les parties périphériques sont exemptes de granulations graisseuses. Ces dernières sont, au contraire, abondantes dans les parties centrales et même, en certains points, elles paraissent s'être complètement substituées aux éléments cellulaires. Au voisinage de la tumeur, la substance grise, comme la substance blanche du cerveau, n'ont offert aucune altération appréciable. — Toutefois, des préparations de cette dernière substance, colorées à Taide du carmin, ont paru présenter des noyaux de la névroglie en plus grand nombre que dans Tétat normal.
Au bulbe rachidien, la pyramide antérieure du côté droit, comparée à celle du côté gauche, n'était pas atrophiée. Les éléments qui la constituent ne montraient aucune altération et, en d'autres termes^ il n'existait là aucune trace de dégénération secondaire. Les autres viscères n'ont présenté aucune altération digne d'être notée : on a trouvé seulement dans l'un des poumons, qui était fortement congestionné, de nombreux points de pneumonie lobaire.
Dissection du membre supérieur gauche. — Les muscles de la partie antérieure du bras et de l'avant-bras ne diffèrent en rien des muscles correspondants du côté opposé. Ils ont, comme ceux-ci, la coloration, la consistance, le volume normaux. Le nerf médian du côté gauche est un peu plus volumineux, plus consistant que celui du côté droit ; il a aussi une coloration rosée et une injection vive du névrilème qu'on n'observe pas dans l'état normal. D'ailleurs, aucune altération histologique appréciable.
Articulation scapulo-humérale. — La membrane synoviale, tant autour de la cavité glénoïde et de la longue portion du biceps qu'au voisinage de la tète humérale, présente une vascularisation normale et, en outre, un épaississement, une sorte Chargot. OEuv. comp. t. ix. Hémorragie cérébrale, i3
A1lTHIiOT'AT111F.S TAB LKS[(IN Di; CERVEAU
■^iTifinl ecchymolique très-remarquable ; nà et là, elle bu pourtour des surfaces diartlirodiale^ ud repli turges- ', gorgé de sang, qui rappelle le chémosis. Les cartiliarthrodiaux présentent une coloration gvi^e toute parle et paraissent comme imbibés de matière colorante du les diverses altérations devienDentsurloutl'rappau tes, lorsf surfactis articulaires de t'épaule gauche sont comparées Y du cùlé opposé. — La cavité articulaire contient peu dii a aurface de ia membrane synoviale est plulrtl sèche, y a pas traces de dépiHs concrets, de l'aussos membranes. S.)
l'ra^ments de membrane synoviale provenant dos points s des articulations scapulo-huméi-ales droites et guulont traités pur l'acide acétiqui; d'abord, puis, par la solulimoniacale de carmin et portés sous le microscope. A Iles noyaux de tissu conjonctif sont, comme dans l'èlat 1 peu noEnbreux l't très-distauts les uns des autres ; ù ilraire, ils sont très nombreux et très-rappri>chés.
les avoir soulevés. Ses douleurs occupaient exclusivement les jointures des membres paralysés ; elles étaient surtout prononcées à l'épaule. Elles ne se montraient pas spontanément, mais les moindres mouvements imprimés à cette dernière articulation réveillaient la malade, jusque là plongée dans un coma profond, et sa physionomie exprimait alors une vive souffrance. Elles se sont manifestées seulement six jours avant la terminaison fatale, au milieu de circonstances qui méritent d'être relevées. Ainsi l'état général était devenu des plus graves lorsque ces douleurs ont paru. Déjà une plaque ecchymotique, puis bientôt une eschare s'étaient produites sur la fesse du côté paralysé, et la température centrale avait atteint 39*, 4, bien qu'il n'existât aucune inflammation viscérale. Nous reviendrons dans une autre occasion sur l'importance qu'il faut accorder à ces deux symptômes encore peu connus, lorsqu'il s'agit d'établir le pronostic dans l'hémiplégie récente liée à une altération de la pulpe cérébrale (1). Pour le moment, nous voulons nous borner à constater la coïncidence qui a existé entre l'apparition de ces symptômes et celle des douleurs articulaires.
Les lésions articulaires étaient surtout prononcées à l'épaule, qui, pendant la vie, avait été le siège principal des douleurs. Dans cette jointure, la synoviale, rouge, tuméfiée, parsemée d'ecchymoses, formait autour des cartilages diarthrodiaux un bourrelet turgescent, rappelant le chémosis. Des fragments de cette membrane, recueillis sur les points altérés, traités d'abord par l'acide acétique, puis colorés par une solution ammoniacale de carmin, et portés ensuite sous le microscope, montraient des noyaux beaucoup plus abondants et plus rapprochés les uns des autres qu'ils ne le sont dans l'état nor-
1. Charcot. — Note sur la formation rapide d'une eschare à la fesse droite du côté paralysé^ dans l'hémiplégie récente de cause cérébrale. (Archives de physiologie, elc. 18C8, n« 2, p. 308). — Cette note figure à la page 73.
AIlTHROPATIItKS PAU I.IÏISIO.N DU CERVEAU
telle sorte qu'on renconlpait ici tous les caractères roliféraLion nucléaire très active, iadicc certain d'un 'irritation inflammatoire.
L6raliôns de la synoviale se sont montrées plus accuore, dans l'observation qui va être présentée et qui, la }ireniière, est relative à un ras de ramollisseraenl au.
[. —La nommée Vér«n,àgée de snixan te-six ans, al teint'égie complète, eonllnée au lit, gâteuse depuis plusieurs admise à Ttiospice delà Salpètriére le l! novembre obtient des parents de cette l'emme les renseignements : elle a commencé A se plaindre on avril dernier de iments souvent répétés et très pénibles. Au commence- Juillet, elle a perdu tout il Tait connaissance pendant ■ instants et A la suite, elle est restée pendant près de L'ures sans pouvoir parler. En même temps, il s'était
vements un peu étendus qu'on imprime aux diverses jointures sont une cause de souffrances vives. L'épaule, le coude; les articulations métacarpo-phalangiennes du pouce, de Tindex et de Tannulaire paraissent surtout douloureuses. Au niveau de ces deux dernières articulations, les téguments présentent du côté dorsal un gonflement manifeste et une coloration d'un rouge violacé. La température de la main droite (36°, 5), est plus élevée que celle de la main gauche (35o, 5). Température rectale 38o 5.
Le membre inférieur, demi-fléchi, repose sur le lit par sa face externe, les mouvements de flexion et d'extension imprimés à Tarticulation du genou sont douloureux. Cette jointure d'ailleurs ne paraît pas tuméflée. Les autres articulations du même membre peuvent être étendues ou fléchies sans provoquer de douleur.
Les pommettes sont rouges, la langue sèche, le pouls à 100, la peau chaude. On constate tous les signes d'une pneumonie occupant le sommet du poumon droit. Les jours suivants, la situation s'aggrave progressivement. On constate à plusieurs reprises l'existence des douleurs articulaires dont il a été question plus haut : la malade succombe le 8 décembre à une heure du matin.
Autopsie. — Plusieurs noyaux d'hépatisation grise au sommet du poumon droit. De volumineux caillots fibrineux, colorés, se rencontrent dans les diverses cavités du cœur, principalement dans l'oreillette gauche, et se prolongent dans les gros vaisseaux.
Encéphale. Les artères de la hase présentent à un haut degré les altérations de Tendartertie noueuse. Lasylvienne gauche est complètement oblitérée par un thrombus décoloré et consistant qui s'est formé au niveau d'un point où le calibre de l'artère est rétréci déjà par un noyau athéromateux. Sur l'hémisphère gauche il existe une plaque jaune, déprimée, de 4 centimètres de diamètre environ, occupant la partie postérieure du lobe pariétal. Le ramollissement n'est pas borné aux circonvolutions ; il occupe ,
ARTIinorATHIES PAR 1.l';SI0N nu CEnVEAf
iui' (l'une pelitp noix, la subslance blanche sousla plus aniéripuro du cordon latéral droit de la SDte, sur UDe coupe faite à la région cervicale, une ég-^néralion secondaire très accusée. Ace point, on l'aide du microscope, l'existence de nombreux corps des granulations et des gouttelettes graisseuses Dans l'intervalle existent de nombreux noyaux, dans une gangue amorphe, qui se colorent par le es corps ainyloides. Le cordon latéral du c6té opposé ? aucune altération appréciable. La dégénération peut être suivie sur des coupes successives, jusqu'au rendement lombaire. Les racines des nerfs rachilinées comparativement des deux cAtés, au niveau du brachial et du renllement lombaire, ne présentent rticulier sous le rapport du volume et de la colora-
; nerfa viêdians ont été compar.*s l'un ii l'autre. Ils
ARTHROPATHIEft PAR LÉSION DU CBflVBAU tranapareoce et l'aspect grenu des surfaces de section c faisceaux sont exactement les mêmes des deux câtés.
Examen des articulations. — On trouve dans l'articulation du genou droit des altérations remarquables : la membrane synoviale présente çà et làdes plaques rouges, plus ou moins larges, fortement vascularisées, surtout prononcées au-dessus et au-dessous de la rotule, et, dans la fossette intercondyliiinne, à l'insertion des ligaments croisés. Des franges et des villosités synoviales vasculaires et turgescentes se voient en divers points. La ca\ité articulaire renferme deux cuillerées environ d'un liquide transparent, moins épais, moins visqueux que la synoviale et dont la réaction est légèrement alcaline. Les cartilages diarthrodiaux n'offrent aucune altération appréciable à. l'œil nu. Leur surface est réouverte d'une couche mince d'une substance glaireuse, transparente, qui s'enlève aisément avec le dos du scapel ft qui, portée sous le microscope, parait en grande partie composée de minces filament!^ fibrineux entrelacés et englobant d^s l'iêments globuleux qui ont l'aspect et les dimensions de leucocytes. Quand ces éléments ont été traités par l'acide acétique, on voit se former en leur place deux ou même trois noyaux irréguiiers et comme ratatinés. Dans le liquide inira-articulaire nagent de longs filaments blanchâtres (quelques-uns atteignent jusqu'jiO'o, 02 de longueur), de consistance ferme, tenaces, et qui sont également constitués, ainsi que le révèle l'examen microscopique,par un feutrage de fibrilles fibrineuses renfermant dans leurs mailles d'assez nombreux leucocytes. — X gauche, l'articulation du genou n'est nullement altérée; la synoviale en particulier, présente la pâleur de l'état normal.
Lesarlicuialions de l'épaule, du coude, les Jointures métacarpo-phalangiennes, sont examinées à droite et à gauche comparativement. A gauche, les surfaces articulaires sont pâles et d'aspect normal ; ;\ droite, au contraire, on observe dans toutes les articulations qui viennent d'être nommées, une injection vive des synoviales, analogue f'i celle qui a été rencontrée dans le genou droit.
ARTHR0PATH1ES PAR LESION Dt CEfiVEAC
■Lte femme, ks lésions articulaires ont été remarquasur dLWelopperaent. Non seulement la synoviale était, ans les exemples précédents, \ivement hypéremiée p de prolongements vil!eu\ de formation nouvelle ; itrail en outre, dans la cavité articulaire, baignées uide d'apparence séreuse, des concrétions membrales unes libres, les autres lègèremeut adhérentes, ;s, en grande partie, par la fibrine à l'étal fibrillaire ant en assez grand nombre des leucocytes. L'affectloire s'est doue présentée ici. douée de tous les atlrirtéristiques qui distinguent i'arUirite avec exsudation ueuse et telle qu'on la rencontre, par exemple, dans as de rhumatisme à lente évolution.
s faits intéressants au point de vue qui nous occupe it encore dans cette observation; il nous suffira de !B suivants:
mier lie», les douleurs articulaires ont commencé à
ARTHROPATHiES PAR LÉSION DU CERVEAU 201
pathies consécutives à une tésion des nerfs périphériques.
Les observations qui viennent d'être rapportées ont été choisies parmi beaucoup d'autres du même genre, parce qu'elles montrent Varthrite des hémiplégiques dans son type de complet développement et dégagée de toutes les circonstances qui peuvent en obscurcir les symptômes. Douleurs articulaires vives, quelquefois accompagnées de rougeur et de tuméfaction des parties molles, lorsqu'il s'agit de jointures superficielles; lésions inflammatoires, en général très-prononcées de la synoviale; tels sont les phénomènes que nous avons eu à signaler jusqu'ici. 1! importe de reconnaître que les cas aussi accentués sont plutôt exceptionnels; et il est incontestablement plus fréquent de voir l'affection rester latente ou, tout au moins, ne se révéler que par des symptômes relativement obscurs en même temps que les lésions anatomiques sont elles-mêmes à peine ébauchées.' D'ailleurs, l'intensité des symptômes est loin dVtre toujours proportionnée à celle des lésions, ainsi qu'on pourra s'en convaincre par l'exemple suivant :
Obs. IV. Jean-Marie F..., marchande ambulante, Agée de 69 ans, est admise, le 23 janvier I8fi7, salle Sainte-Rosalie, n» 13, inflrmerie de la division des incurables, à la Salpétrière. Cette femme rst retenue au lit depuis plusieurs mois par une atTection du genou gauche. Ce dernierest considérablement tuméfié, douloureux, rigide ; les mouvements de l'articulation sont impossibles. Lors de l'entrée à l'infirmerie, on constate un affaiblissement notable des facultés intellectuelles; selles involontaires. Le membre supérieur gauche paraît un peu plus faible que le droit; la malade peut cependant porter sa main gauche à sa tête. Les articulations du bras et de l'avaut-bras gauche ne paraissent pas être le siège de douleurs. Le 16 février 1867, F... se plaint de ne plus pouvoir se servir de ce membre. Elle
riBSEHVATlON
L!'^, f]i edet, lui imprimer que des mouvements Irès- TPlomhp prep(|ue inerLe, lorsqu'on l'abandonne après l.-vi-; il est d'ailleurs Qaque el sans traces de contrac- '}' a eu ni perte de connaissance, ni convulsions mes, ni céphalalgie.
ses reslent à peu près dans le même étal jusqu'au celle époque, on noie que l'état général s'est pro- [■nl aggravé depuis plusieurs jours; une plaque livide uile sur la fesse gauche. L'appétit a diminué et la [■efusé de manger ce matin, [t y a un peu de délire : nnolence, plutflt un peu d'excitation. Réponses vagues as notable dans la prononciation. La face et les yeux , conslammcnl dirigés vers le cfitê droit; rigidité du ■rno-cléïdo-masloïdieu gauche. Les plis de la joue, du 1 des ailes du nez sont effacéa h gauche, et en même -ominissure labiale est, à di-oile, déviée en dehors el ,a pointe de la laugue, tirée en dehors de la bouche, ■stement porti^p vers la gauche. Le membre supérieur
ARTHROPATHIES PAR LÈSIOW DU CBRVEAU 203
s'est produit à la fesse gauche une eschare, là où il existait ces jours passés une tache ecchymotique.
15. Stupeur, somnolence, peau chaude et moite. Temp. r.39*,4; pouls 109.
16 avril. Pouls, 120. T. R. 39°, 2.
17 et 18. AlternaDces de somnolence et d'agitation avec délire.
19, Depuis hier soir, coma profond. T. R. 40°, 6. La malade succombe ce jour là à deux heures après midi,
âO avril. A dix heures du malin : Absence de rigidité cadavérique dans les membres supérieur et inférieur du côté gauche. La rigidité est, au contraire, bien accusée dans les membres du côté droit.
NÉCROSCOPiE. — Osléosarcome volumineux de l'extrémité inférieure du fémur gauche. — Ramollissement blanc, violacé, occupant la substance blanche du centre ovale et ayant envahi, la presque totalité du lobe pariétal. Hémisphère du crtté opposé tout à fait normal. Les artères de la base de l'encéphale et leurs principales divisions sont tout à fait saines; nulle part leur calibre n'est obstrué par des caillots librineux. Les sinus de la dure-mère sont également libres. Le bulbe rachidien et le cervelet ne présentent aucune lésion appréciable.
De petits noyaux cancéreux se voient sur la face convexe du foie. — De petites niasses cancéreuses sonl aussi disséminées dans les poumons qui sont un peu congestionnés. Le coeur, l'aorte, la rate, les reins, n'ont pas oU'ert d'altération.
Articulation scapiilo-humérale gauche. Injection vive avec tuméfaction et coloration violacée par places de la membrane synoviale, manifeste surtout dans la portion de cette membrane qui se réfléchit sur le col humerai et au pourtour de la cavité glénoïde. L'articulation correspondante du cdté droit ne présente aucune altération appréciable.
Les deux articulations radio-carpiennes ont été ouvertes et comparées l'une à l'autre ; A gauche, la membrane synoviale est surtout injectée, tuméliée, hérissée de prolongements villeux,
ABTHROPATHIES DES HÉNrPLECIOrES
ur dfis cartilages diartlirodiaus. (PI. IV, fig. 1 et 2.) i^sentenl un reflet bleuâtre très remarquable. A droile, re. cette teinte bleuâtre n'esislp pas et la membrane est partout mince et pâle. Après l'aclion successive acétique et de la solution ammoniacale de carmin, enls de membrane synoviale pris sur des points corils des deux articulations radio-carpiennes sont portés croscope et comparés entre eux. A gauche, les noyaux lombreux et rapprochés les uns des autres; adroite, ro, ils sont beaucoup plus rares (Pi. IV, fig. 1 et 5). X nerfs médians ont paru présenter le même volume c coloration,
dons de l'extenseur commun des doigts de la main ans la partie oh ils sont recouverts par le ligament carpe, sont sillonnés & leur face postérieure par de vaisseaux fortement distendus par le sang. (PI. VI, * vaisseaux siègent principalement dans l'épaisseur de ■ane tibro-séreuse qui, en ce point, recouvre les ten-
ARTHItOPATHIBS PAR LÉSION DU CERVEAU 205
les sujets frappés d'hémiplégie, en conséquence d'une lésion cérébrale, nous paraît sufQsamment établie, et nous pouvons essayer actuellement de résumer les principaux traits de cette affection. Il s'agit là, en définitive, d'une synovite subaiguS avec végétation, multiplication des éléments musculaires et fibroîdes qui constituentla séreuse articulaire, augmentation du nombre et du volume des viiisseaux capillaires qui s'y répandent, mais, habituellement, sans hypersécrétion notable {Ob3. I et II). Il s'y adjoint cependant parfois, dans les cas intenses, une exsudation séro-fibrineuse qui peut devenir assez abondante pour distendre la cavité synoviale, et à laquelle peuvent se trouver mêlés en proportion varialile des leucocytes (Obs. III). Les cartilages diarlh radiaux, les parties ligamenteuses n'ont paru présenterjusqu'ici aucune lésion concomitante, du moins appréciable k l'œil nu. Par contre, les gaines synoviales tendineuses, au voisinage des jointures principalement lésées semblent prendre part au processus inflammatoire, quoiqu'elles se montrent quelquefui:* vivement hypérémiées (Obs. IV). Rappelons que la névrite hypérlropliique est un accompagneniont fréquent, mais nullement nécessaire, de l'atTection articulaire dont il s'agit. En ce qui concerne les symptômes, il y a lieu de remarquer que l'arthrite des hémiplégiques peut demeurer souvent latente, dans l'acception rigoureuse du mot (Obs. IV), ou encore ne se révéler guère que par des douleurs articulaires obscures, tantôt seulement provoquées par les mouvements imprimés au membn^, tanlôl se manifestant en outre sponlanéraenl. Mais d'autres fois, au contraire, les jointures sont rouges, tuméfiées, chaudes, douloureuses à un haut degré et telles en un mot, qu'on les observe dans le rhumatisme articulaire (Obs. 1). Plus souvent liée au ramollissement du cerveau qu'à l'hémorrhagie intra-encéphalique, celte arthrite paraît se développer de préférence à une époque assez bien déter-
ARTIlItOPATHIES DES HliMII'I.ËGIOUES
la maladie à laquelle elle se surajoute ; c'est-à-dire, ; début de celle-ci a été nettement accusé, de trois à les environ après l'attaque. Elle peut sans doute se [ilus lot; jamais toutefois, si j'en juge d'après les uns cliniques et nécroscopiques que j'ai recuillies. ouzièmejour. Elle peut se montrer aussi beaucoup el alors, fréquemment, à l'occasion d'une compliicérale inflammatoire ou d'une exacerbalion de i'at- ■rébrale (Obs. II et III). Mais je suis porté k croire leii\ derniers cas sont plutôt exceptionnels. Quoi oit, une fois développée, elle peut persister pendant semaines, ou môme pendant plusieurs mois, préune st^rie indéfinie d'exacerbations el de rémis- En l'absence de la tuméfaction el de la rougeur, assez nt localisée dans la jointure, et s'exaltanl par les Mils qui déplacent les surfaces articulaires, fera dis- 1' pins souvent l'arthrite îles hémiplégiques de la
brefs, et il nous suffira de montrer qu'elle ne peut recevoir encore, dans Tétat actuel de la science, une solution entièrement satisfaisante.
L'analyse des circonstances étiologiquos permet d'éliminer l'influence de l'inertie fonctionnelle, ou repos prolongé, puisque l'arthrite peut s'établir de bonne heure, 16 jours à peine après l'attaque, dans les cas où la paralysie étant restée incomplète, les jointures affectées n'ont pas cessé d'exécuter quelques mouvements (Obs. I et II), Il est permis d'écarter également l'influence de la névrite hypertrophique , celle de la myélite descendante secondaire, puisque ces deux lésions peuvent faire complètement défaut (Obs. II et III), alors que l'arthrite est au contraire parfaitement développée. L'intervention d'une cause diathésique, telle que le rhumatisme ou la goutte, est enfin, dans l'espèce, évidemment inadmissible. Reste donc la lésion du cerveau ; mais par quelle voie, suivant quel mécanisme exercera-t-elle, à distance, son action sur les jointures ?
On sait que, dans l'hémiplégie à début brusque, consécutive au ramollissement ou k l'hémorrhagii' du cerveau, les membres frappés d'inertie motrice présentent habituellement, d'une manière permanente, au moins pendant les quatre ou cinq premiers mois qui suivent Tatlaque, un certain degré de tuméfaction, une coloration plus prononcée des téguments, appréciable surtout à la paume de la main (1), et en même temps une température plus élevée que les membres du côté sain. Suivant l'opinion qui semble aujourd'hui généralement acceptée, ces phénomènes dépendraient de la paralysie d'un certain nombre de filets nerveux vasculo-moteurs prenant leur origine dans Tencéphale et subissant, en un point quelconque de l'axe médullaire, une décuï^sation analogue à celle
1. Charcol. — Sur les modifications de la calorification et de la nutrition dans Vhémorrhagie (Gaz. hebdom., 11 juillet 1867.)
AHTHIIOPATIIIES DES HÉMIPLÉGIQUES
■senl, au niveau du bulhe, les filets moteurs propre- (i). Il se produirait, en pareil cas, une liypérémie ■alyLiqut; comparable k celle qu'on observe, chez les à l'une des extrémités inférieures après la section viatique, ou encore à la face après la section du nerf apathique au cou. A cette assimilation des faits clii\ Faits acquis par l'expérimentation physiologique. croyons pas qu'on puisse, quanta présent, opposer jjecUon sérieuse ; mais apri's avoir admis l'hypérért-piiinlytique, pour le cas des membres atteints d'hé-
outes les difficultés ne sont pas. cependant, encore Nuus ne voyons, pas en effet, qu'on puisse, de cette
une fois acceptée, déduire, simplement et d'une immédiate, la perversion des actes nutritifs qui se
fréquemment dans diverses parties des membres l'hémiplégie et, en particulier, dans les jointures ;
ARTHROPATHIES PAR LËSIU» DU CERVEAU Mv
la névrile des membres paralysés se développent sponlanéraent ou, tout au moins, sans l'intervention d'une cause extérieure appréciable, et c'est seulement dans ces circonstances rares que Ton voit, ainsi que cela s'est présenté dans quelques-unes de nos observations (Orsebv. 11 et III), — ces affections se manifester h l'occasion d'une complication viscérale grave qui débilite l'organisme et l'ébranlé dans son ensemble. 11 y a donclà, dans l'interprétation, une lacune qu'il importail de signaler, mais qui ne peut manquer d'être comblée quelque jour ; car, assurément, à moins de placer l'homme en debors des lois communes, on ne saurait accepter qu'il puisse exialep une contradiction réelle entre les faits que révèle la clinique et ceux qu'cni^eigne la physiologie expérimentale.
Cbabcot. (£uvr. compl. t. ix, Hémorr. céréb. et hjrpnotiame.