‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 3)Chapitre 53 sur 85 · I.'H\P.>0T1SMB CHEZ LES IIVSTÉHUJIJES · texte numérisé non relu

I.'H\P.>0T1SMB CHEZ LES IIVSTÉHUJIJES

■trangfi- au mouvement de flexion ; il reçoit ses finira (lu nerf médian, cl son Jiction porte principaleles phalangines. Par contre, les phalangettes sont par Ie! fléeliisseur profond, et les phalanges par les u\, les lonibricaux et deux des muscles de l'éraipolhénar (adducteur et court fléchisseur}. Le moul'extension que ces derniers muscles (inlerusseus, ux) impriment aux deux dernières phalanges est 1 pai' le fléchisseur profond qui, vu sa masse, doit

insi qu'il est possible de donner d'uue Façon assez nte, pensons-nous, la raison physiologique de l'altidoigls et de la main dans la griffe cubitale. urs laFaradisalion,chezdes sujets sains, du nerfeubiitrochlée, ne nous a pas donné des résultats plus ieuau contraire, nous pouvons dire qu'en ceci Thyperlé neuro-musculaire s'est montrée supérieure à la

se rapproche beaucoup de la griffe cubitale que nous avons décrite : (N'oublions pas que nous opérons ici, non plus sur des femmes hystériques, mais sur des hommes bien portants, des infirmiers complètement ignorants en anatomie et qui d'ailleurs n'étaient nullement avertis de ce que nous voulions obtenir).

Les deux derniers doigts sont fléchis fortement dans leur articulation métacarpo-phalangienne, et phalango-phalanginienne; le médius et l'index fléchis seulement dans leur articulation métacarpo-phalangienne (le médius un peu plus que l'index) sont étendus dans leurs deux autres articulations et écartés l'un de l'autre. Cette flexion de la phalange de l'index et du médius est presque toujours plus marquée que dans la griffe de l'hyperexcitabilité ; le pouce est fortement attiré dans l'adduction et sa phalangette étendue vient appliquer sa face palmaire contre le bord externe du médius; enfin, la main est légèrement fléchie et attirée vers le bord cubital de l'avant-bras.

Cette attitude que nous venons de décrire est parfaitement d'accord avec les connaissances anatomiques et physiologiques exposées plus haut. Mais nous devons ajouter que nous avons été loin de pouvoir la reproduire avec cette précision chez tous les sujets. Chez quelques-uns, cela nous a été complètement impossible. Le doigt médius, au lieu de rester dans l'extension, se plaçait dans la flexion complète à côté de l'annulaire, l'index lui-môme se fléchissait mais à un moindre degré. Cette anomalie pourrait s'expliquer par une distribution plus étendue du nerf cubital au muscle fléchisseur profond dont les deux faisceaux externes habituellement innervés par le médian recevraient, en cette hypothèse, des rameaux du nerf cubital qui innerve déjà les deux faisceaux internes. On pourrait admettre aussi qu'il existe dans l'intérieur du muscle des anastomoses nombreuses entre les

i'hïPNOTISME CHE7 LES HYSTÉniQtES

as du nerf cubital et celles du médian, et que, par iaire de ces anastomoses, l'eMitation portée sur le il pourrait s'étendre plus ou moins au\ ramifications u médian.

irdhine. — L'excitation du nerf médian un peu au- |iii (lu coude donne des résultats analogues à ceux tii^u du cubital. La main prend alors une attitude

sa raison dans la distribution du nerf médian et la e des muscles que ce nerf tient sous sa dépenis ici, la localisation est plus difficile; entouré 6c. Iles, le. nerf fuit l'excitation si elle n'est faite frant au bon endroit. D'un autre côté, il est bien diffi- ; pas exciter en même temps les parties voisines, u tendons. L'expérience est donc assez délicate,

un peu d'habitude, on arrive assez facilement à ion du nerf.

Action partielle de chacun des muscles innervés par le nerf

médian.

Bond pronateiir, — Pronateup et fléchisseur de ravant-bras sur le bras. (Le mouvement de flexion est assez énergique lorsque Tavant-bras est maintenu en supination, mais lorsque le mouvement de pronatibn est fortement accusé la flexion se produit avec peu de force.).

Carré pronateur. — Pronateur énergique.

Grand palmaire. Petit palmaire, — Fléchisseurs de la main sur Tavant-bras.

Fléchisseur superficiel des doigts, — Fléchisseur des secondes phalanges des doigts.

Fléchisseur propre du pouce, — Fléchisseur de la phalangette du pouce.

Fléchisseur profond des doigts (dont les deux faisceaux qui correspondent à l'index et au médius sont seuls innervés par le médian"). — Fléchisseur des troisièmes phalanges des doigts.

Lombricaux (dont les deux premiers sont innervés seulement par le médian^. — Extenseurs des deux dernières phalanges et fléchisseurs de la première phalange.

Muscles de Véminence thénar qui se rendent au côté externe (le la phalange du pouce (court abducteur et portion externe du court fléchisseur). — Métacarpien dirigé en avant et un peu en dedans — flexion de la première phalange en même temps que inclinaison sur le côté externe et rotation de dehors en dedans — extension de la dernière phalange.

Opposant, - Flexion et adduction du premier métacarpien — action nulle sur les phalanges.

Nous pouvons déduire de ce qui précède Tattilude que prendra le membre sous l'influence de l'action combinée de tous les

l'i1ïPM»TIS!IIE (.HEZ r.ES HÏSTÉIIIOLES

iiiervés parle médian. A priori, l'excitation du trooc ai-mi^me produira les mouvements suivants :

de iavant-bras mir le brtu peu accvtée, car un seul fléntre en action (lond pronateur) et encore est-il peu r lorsque le mouvement de pronation est énergique aiiBlB verrons tout à Iheure.

on énergique. — Aucun des muscles innervés par Ip 'est supinateur, et ne peut par cela même contre-bajtion des deux muscles pronateurs (rond pronateur et lateur).

de la mi'niisiir/'HyaHf-ftroj.— Sur trois muscles fléchÎBa main sur l'avant-bras (qui sont le grand palmaire, ilmaire et le cubital antérieur) deux sont innervés par . Ce sont les deux palmaires,

dea doigts. — A un degré différent pour l'index et le une part, et pour l'annulaire et le petit doigt d'une

EXCITATION DES >ERFS

à la manière des interosseux fléchissent sur le métacarpien et étendent la deuxième phalange sur la première. Ce mouvement de flexion de la première phalange sVxécute avec d'autant plus d'énergie qu'il n'est contrebalancé par aucun des muscles extenseurs; il n'en est pas de même du mouvement d'extension de la deuxième phalange sur la première qui peut se trouver annulé par l'action du fléchisseur propre du pouce. Ce dernier muscle, en raison de sa masse musculaire, parait même devoir l'emporter.

En résumé, l'excitation du médian doit donner lieu aux mouvements suivants:

1° Pronation ;

2® Flexion de la main sur Tavant-bras ;

3** Flexion des doigts complète pour l'index et le médius, incomplète pour l'annulaire et le petit doigt;

4" Opposition du pouce avec flexion dé la phalange et peutêtre aussi de la phalangette.

Voici maintenant l'attitude qu'a prise la main sous l'influence de l'excitation mécanique du médian pendant l'état d'hyperexcitabilité neuro-musculaire et que nous désignerons sous le norn de (jnffe médiane.

Nous verrons qu'elle est parfaitement d'accord avec les données anatomiques etphysiologiques que nous venons d'exposer.

L'avant-bras se met en pronation forcée et ce mouvement de pronation est tellement intense que la flexion légère de l'avant-bras sur le bras ne saurait exister.

Le poignet est fléchi.

Le pouce, par un mouvement d'opposition, vient se placer dans la paume de la main, mais la phalangette est dans une situation intermédiaire entre l'extension et la flexion.

.'U6 l'hïP^OTISME chez les mSTtolQl'Eti

(intte posilion du poure s'oppose souvent k la fle\ioD compljtte de l'index et du médius, ainsi qu'on le voit sur la ^i^. 1 1 . Lett deux derniers doigts (annulaire et petit doigt) soDtincompièttimenl Héchis. Nous avons vu parfois In flexion des doigts tt'accuser bien davantage et la main prendre complètement l'allilude du poing fermé (FigA2).

Griffe mtdinnr.

Si rcM'ilalioii a élé inlon;^!' mi (milongôe. le mouvement *lo pftwalion forcée de l'avanl-bnis tend à s'exagérer encore s'il «*st possible: on voit alors raolioa s'étendre à des muscles en dehors de la split're du niO'dian. aux muscles de

EXCITATION DBS NBRPS 347

Le nerf radial innerve sans exception tous les muscles de la région externe et de la région postérieure de Tavant-bras. Ce sont les muscles :

Long supinateur ;

Les deux radiaux externes ;

Court supinateur ;

Anconé ;

Cubital postérieur ;

Extenseur propre du petit doigt ;

Extenseur commun;

Extenseur propre de l'index ;

Long extenseur du pouce ;

Court extenseur du pouce ;

Long adducteur du pouce.

De tous ces muscles un seul est fléchisseur et encore dans

de certaines limites : c'est le long supinateur qui est d'abord demi-pronateur de l'avant-bras, puis fléchisseur de l'avantbras sur le bras. L'action de ce muscle doit être complètement annulée et par Tanconé qui est extenseur énergique de l'avant-bras sur le bras et par le court supinateur qui seul préside efficacement au mouvement de supination.

Les autres muscles innervés par le radial sont tous extenseurs : les uns du poignet (cubital postérieur et les deux radiaux), les autres des doigts (extenseur commun et les deux extenseurs propres : ces derniers muscles, d'après Duchenne (de Boulogne), étendent énergiquement les premières phalanges et n'ont qu'une action très faible sur les deux dernières).

Les trois muscles du pouce, ngissant simultanément, déterminent l'extension complète des différents segments de ce doigt et doivent le maintenir dniisune situation intermédiaire entre l'adduction et l'abduction.

L'expérience confirme pleinement ces donné.' ^^ déduites,

quence de rexcitation directe de la fibre musculaire elle-même, ou bien suit-elle Texcitation des petits rameaux nerveux et de leurs terminaisons dans la substance du muscle ? La solution de ce problème ne saurait être demandée aux seules données de l'expérimentation. Pour un certain nombre de raisons que nous exposerons plus loin, nous inclinons à penser que la contracture est ici, comme ailleurs, le résultat d'une excitation nerveuse de nature réflexe.

Quoi qu'il en soit, la contracture qui suit l'excitation mécanique du muscle est facile à démontrer chez les sujets hypnotisés qui se trouvent dans les conditions requises d'hyperexcitabilité neuro-musculaire.

La f\g, 1 (PI. V) est la représentation d'une expérience tentée avec succès dès le début de nos recherches (en 1878), et depuis répétée bien des fois sur un grand nombre de sujets. H suffit d'exercer une friction sur le corps du sterno-mastoïdien, ou une simple pressicfn sur un point de ses fibres, pour ([ue ce muscle entre en contracture, imprimant à la tête le mouvement de rotation prévu d'après les données de la physiologie musculaire, et l'immobilisant au terme de son mouvement dans Tattitude figurée ci-contre (PI. V, fig, 1). — On distingue parfaitement, sur cette photographie, la corde saillante formée par le muscle contracture dont les deux extrémités, en se rapprochant, tendent à se placer sur la même verticale. 11 en résulle que la tête subit un mouvement de rotation, en vertu duquel la face se trouve dirigée latéralement du côté opposé au muscle directement excité.

Pour faire cesser cette contracture, il suffit de porter une semblable excitation sur le sterno-mastoïdien du côté opposé, et la tête est ramenée dans la situation droite. En excitant à la fois les deux sterno-mastoîdiens, la tête se renverse et est immobilisée bientôt dans l'extension forcée, le cou saillant. Tous les muscles qui, par leur situation superficielle, per-

au deltoïde, ne se produit pas lorsque ce même muscle est contracture par Texcitation mécanique dans Tétat de Fhyperexcitabilité neuro-musculaire. L omoplate, au contraire, prend alors l'attitude physiologique, trahissant ainsi la contracture simultanée des muscles synergiques, trapèze et grand dentelé, bien que ces derniers muscles n'aient subi aucune excitation directe.

Nous reviendrons plus loin sur ces faits de synergie musculaire, mais il était nécessaire de les signaler dès maintenant.

L'expérimentation sur les muscles de Tavant-bras et de la main est plus complexe, et cela pour plusieurs raisons faciles à saisir : les muscles sont de petit volume, et réunis en grand nombre dans un petit espace; en plusieurs points, il y a superposition de plusieurs muscles, de sorte qu'il est difficile que la pression d'un muscle superficiel ne retentisse pas sur les muscles profonds; les actions synergiques y sont multiples: enfin, il existe de nombreuses ramifications nerveuses qu'il est difficile d'éviter.

Néanmoins, nos expériences nous ont donné des résultats forts précis. Lorsque, par la simple pression avec l'extrémité mousse d'un petit bâton, on cherche à mettre en action isolément les différents muscles de l'avant-bras d'une hystérique hynoptisée et présentant l'état nerveux spécial favorable à ce genre de recherches, on arrive bientôt à délimiter un certain nombre de zones parfaitement circonscrites, dont l'excitation amène, avec le plus de précision el de sûreté, le résultat voulu. Ces zones se confondent avec ce que Ion désigne en électro-physiologie sous le nom de point d'élection pour l'excitation partielle des muscles.

Instruit par une longue pratique, Duchenne (de Boulogne) possédait à fond cette science de localiser exactement l'action

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