‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 3)Chapitre 54 sur 85 · I.HYl'NliTISMfi eut/ l.l£S llïSTKUKJUES · texte numérisé non relu

I.HYl'NliTISMfi eut/ l.l£S llïSTKUKJUES

lie sur un muscle ou sur un faisceau musculaire. Il ^i démontrer cliiiremenl l'action partielle, jusque-là le, d'un certain nombre de muscles et doter la phydes mouvements d'importantes découvertes. Mais. ils d'élection ne sont pas toujours faciles à trouver et le fw- manque â cet égard. 11 est vrai, ainsi que l'ont arquer Remak et Ziemssen que, souvent, le siège de nts possède une raison anaLomique et qu'ils corres- 1 aux points d'immergence ou d'émergence des nerfs lires; et Duchenne n'ignorait point celte relation. Mais, irt. indiqué par l'analomie. n'est pas constant, et il m outre, des points d'élection que les relations anatone suffisent pas ii expliquer, ofi les rhéopliores doivent ^és et qu'il faut avoir cherchés empiriquement pour 1 l'onnaltre. Nous ajouterons qu'au sujet des points m dont le siège paraît indiqué d'avance par la toponerveuse de la région, il faut encore compter avec.

tion mécanique des mêmes points moteurs' amenait des résultats semblables à ceux que produisaient, pendant la veille, Télectrisation, avec cettte différence toutefois que la contraction était remplacée par une contracture.

Tantôt, nous faisions l'expérience inverse, et, après avoir marqué les points dont l'action nous avait été révélée dans l'hypnotisme par Thyperexcitabilité neuro-musculaire, nous constations ensuite, pendant la veille, avec l'excitation électrique, que l'action de ces mêmes points était bien celle qui avait été observée.

Nous avons naturellement cherché sur l'avant-bras, pour répéter ces expériences, les points moteurs dont l'existence, d'après les électropathes, était le moins susceptible de variations et qui possédaient une action bien caractéristique, facilement appréciable.

Nous les avons représentés sur les schémas ci-joints : Fig. 14 et Fi^'. 15.

 la face antérieure : le rond pronateur ; le grand palmaire ; le cubital antérieur; les fléchisseurs communs ; le fléchisseur propre du pouce. A la région externe : le long supinateur ; les radiaux externes.

A la région postérieure : l'extenseur commun; Texlenseur propre de l'index; l'extenseur propre du petit doigt; le cubital postérieur.

Des trois muscles du pouce, le long extenseur nous a donné les résultats les plus précis. Le point d'excitation commun à l'extenseur du pouce et à celui de l'index a été facilement trouvé.

L^action partielle de ces différents muscles est trop connue depuis les recherches de Duchenne (de Boulogne) pour que nous y insistions ici. A la main, l'excitation des muscles de l'éminence thénar produit, suivant le point d'application, l'adduction ou l'opposition du pouce, mais, il s'y ajoute

Ch ARGOT. Œuvr. comp. t. dc, Hypnotisme, a3

HYPEKEXCITABILITÉ NEURO-MURCUUIRB CT FAHADISATION 355

aeux présente quelques j

particularités sur les- •

quelles nous insisterons dans un instant.

§ IV. Parallèle entre

l'excitation HÉCAKIOUE DE L'RYPEBEXCITABILITË > EURO-MUSCULAIRE ET LA FARADlSATIOn LOCA- LISÉE.

Il nous est facile, après ce qui précède, défaire ressortir les différences et les analogies qui existent entre les résultats de l'éleclrisation localisée et ceux de l'excitiilion mécanique dans l'hyperexcitabililé neuro-musc uliiire des hypnotisées.

Les analogies résultent :

a) De la possibilité de localiser l'excitation à un muscle ou à un groupe de muscles ;

b) De la possibilité d'exciter un muscle, soit directement, en

l' livrions ME chez les HïSTÉniQL'ES l'excilalion sur sa fibre elle-même, soit indirecte- Il portaot l'excilalion sur le rameau nerveux qui lui né, en quelque point que ce soit de son parcours. ifîéreQces proviennent:

la non-simili Lude du résultat obtenu: coniraclion ectricité, contracture dans les cas d'hyperetcitahililé. ci n'est vrai que pour les muscles des membres. Nous ■n effet ([ue, pour ce qui est des muscles de la face, on mécanique, pendant l'état d'hyperexcitabilité, ne 3u qu'à une contraction et non plus ii une contracture ;

degré de localisation de l'excitant dans les différents L du mCrae muscle. 11 est facile de localiser l'excita- ;triquedans une partie seulement d'un muscle large nié, tandis que, dans l'état d'hyperexcitabilité. la ion totale de ce même muscle suit toujours l'excila-

HYPEREXCITABILITÉ NEURO-MUSCUUIRB ET PARADISATION 357

ciels, elle n'est réellement facile que pour ceux dont les tendons ou le corps charnu sont suffisamment isolés, c'est-àdire éloignés de toute autre partie également excitable par les mêmes procédés. Quelques exemples feront bien comprendre : En comprimant un muscle superficiel, la pression, pourvu qu'elle soit un peu intense, se communiquera aux organes sous-jacents qui pourront, par suite, participer à la même excitation ; que ce soit un autre muscle, un nerf ou un tendon. Ainsi, en comprimant le tendon du grand palmaire, le poignet commence par se fléchir seul, mais, si Ton insiste un peu, à mesure que la flexion du poignet augmente, les doigts se ferment par degré, ce qu'il est facile d'expliquer par la compression des tendons des muscles fléchisseurs qui sont au-dessous.

Lorsqu'on cherche à exciter les muscles interosseux en comprimant sur le dos de la main, au niveau des espaces interosseux, au point d'élection marqué pour l'excitation électrique, le résultat obtenu parait, de prime abord, en opposition avec les données de la physiologie. En effet, on observe bien un écartement des deux doigts correspondants, mais l'extension des doigts, est complète et porte aussi bien sur l'articulation métacarpo-phalangienne que sur les deux autres, tandis que l'électrisation localisée nous a appris que les muscles interosseux, en même temps qu'ils étendent la phalangine et la phalangette, sont fléchisseurs de la phalange sur le métacarpien.

Cette anomalie apparente nous parait s'expliquer assez facilement par la présence, sur le dos de la main, des tendons extenseurs et des brides aponévrotiques qui les relient. Il est impossible, lorsqu'une pression assez forte est exercée au niveau des espaces interosseux, de ne pas exciter mécaniquement en même temps les organes tendineux voisins.

Mais, si l'on peut éviter les causes d'erreur dont nous par-

l'ilïl'NnTrsXK CHEZ I.KS IIÏSTÉRIÛtES

organe à exciter, tendon, nerf ou muscle, ae trouve tenl seul inléressé, riiyperexcitahilité neuro-muscu- L nous rendre témoins de phénomènes de localisation Licision qui ne laisse rien à désirer. Il va sans dire l toujours compter avec les actions synergiques ; n de nuire au mouvement que l'on cherche à oble- Lictions, dans la plupart des cas, ne font que l'accu-

umé, il existe pour la localisation de l'excitation nié- (lans l'étal dhyperexcitabilité neuro-musculaire cl

aradisnlion localisée, des difBcullés communes. Ces

s résultent:

varii^tés individuelles dans la distribution des aerls

variations que subissent, suivant les individus, les iHcction pour l'excitation partielle des muscles;

HTPEREXCITABILITÉ NEURO-MUSCUUIRB 3S9*

§ V. — De l'htperexcitabiliti; neuro-musculaire dé la face.

 la face, les conditions de Texpérimenlation sont un peu moins complexes. Les muscles sont superficiels, disposés le plus souvent en une seule couche, et, par là même, facilement accessibles à Texcitation mécanique. De plus, il n'existe pas de tendons dont l'excitation de voisinage puisse contrarier, masquer ou même empêcher complètement le résultat cherché.

Ainsi que nous Tavons déjà dit, les muscles de la face, pendant la phase d'hyperexcitabilité neuro-musculaire, se comportent d'une autre manière que les muscles du corps. Us sont également susceptibles d'être excités mécaniquement. Une simple pression, exercée directement sur le muscle lui-même ou sur le rameau nerveux qui l'innerve, met les fibres musculaires en action, mais, la contraction ainsi provoquée ne persiste pas d'ordinaire après l'excitation et ne se transforme jamais en contracture pennanente.

Ce mode de réaction des muscles de la face à l'excitant mécanique est une analogie de plus avec ce qui se passe dans remploi de la faradisation localisée. Ce rapprochement nous a remis en mémoire les belles expériences de Duchenne (de Boulogne), sur l'action partielle des muscles de la face, et la part qui revient à chacun d'eux dans l'expression des passions; et, sans appareil faradique, remplaçant les électrodes par de simples petites baguettes, nous avons pu les reproduire en partie avec une grande précision.

Nous avons cherché à produire la contraction isolée de chaque muscle par Texcitation des points d'élection indiqués par Duchenne de (Boulogne). Nous nous sommes heurtés aux mêmes difficultés que lui, et, avec quelque soin, nous avons pu les surmonter. Ces difficultés résultent, suivant Duchenne :

l'htpnotisme chez les iiystérioces s variations iadividuelles dans la distribution des nerfs ;e. qui peuvent laire rencontrer une branctie nerveuse ■ à mettre enraouveraent un plus ou moins grand noiniiii'^iles, ce que l'on reconnaît h leur contraction siniul- 1 sul'tlt, dans ce cas, de déplacer le rhéoptiore d'un ou illimètres pouréviler cette contraction complexe;

l'emploi d'un courant trop intense el qui pénètre trop énient. La figure 6 de l'ouvrage de Duchenne reprf'- 1 exemple de non localisation dans l'emploi du courant le. (■ Le rbéophore, dit Duchenne, placé au niveau du l'gomatique, aurait dû produire la contraction isolée de ;le, ainsi qu'on l'observera dans la figure 30; mais, le

trop intense, ayant pénétré profondément jusqu'à ia ! temporo-faciale de la septième paire, a provoqué la Lion en masse des muscles innervés par ce tronc ner-

n'a pu produire qu'une grimace. •>

HYPGRRXCITADILITÉ BEURO- MUSCULAIRE

fugace 6t peu accusée, c'est un simple frémissemenl musculaire, ou bien une série de petites convulsions cioniques qui se rapprochent du tremblement. — Une excitation trop forte se propage souvent & quelques muscles voisins ;

2* La contraction du mu:scle cesse le plus souvent en mfme temps que la pression. Elle persiste quelquefois très peu de temps après que l'excitation a cessé, surtout si l'on a peu insisté, mais elle ne se transforme jamais en contracture. Le muscle peaussier est celui dont la contraction se maintient le plus longtemps, tenant en quelque sorte le milieu entre les muscles des membres et ceux de la face ;

3° Malgré la persistance de l'excitation, l'action produite ne tarde pas à s'épuiser. Tout en maintenant la pression à un degré égal sur le point qui a provoqué la contraction du muscle, on ne tarde pas à voir celle-ci s'eETacer peu h peu et finir par disparaître complètement.

4° L'excitation unilatérale d'un muscle pair s'obtieot le plus souvent fort aisément ; mais, il arrive parfois que l'excitation retentit sur le muscle homologue du côté opposé, qui se contracte alors toujours plus faiblement. C'est ce qu'on peut constater sur la Fig. 1 de la Puhchb VI, où l'excitation du muscle orbiculaire palpébral supérieur n'a été portée que d'un seul côté. Il nous a semblé que cette lot de synergie des muscles pairs se manifestait d'autant plus facilement que ces muscles étaient situés plus près de la ligne médiane. En tout cas, nous avons bien des fois remarqué qu'une double excitation, portée à la fois sur les deux muscles pairs, donnait lieu & une exagération du mouvement obtenu avec l'excitation unilatérale ;

362 l'bvpmotisme chez les btstériques

5° Il est possible de faire contracter à la fois plusieurs muscles, de façon à reproduire les contactions combinées expressives ou les contractions combinées inexpressives, pour nous servir des dénominations employées par Duchenne.

Toutes les malades susceptibles d'être hypnotisées sont loin de présenter à un môme degré l'hyperexcitabilité neuromusculaire de la face. Chez ie plus grand nombre même, elle n'existe pas, pendant qu'elle se montre très développée aux membres. Depuis que nous poursuivons ces études, nous pouvons cependant citer plusieurs sujets (quatre au moins sur vingt environ) qui ont présenté ce phénomène à un haut degré de développement, et avec des caractères absolument identiques.

En ce moment, parmi les malades soumises à notre observation, Witt... est celle qui présente rhyperescitabiUté neuromusculaire de la face au plus haut degré de développement, et la plupart des expériences que nous allons rapporter ont été faites sur elle.

Nous suivrons pas à pas Duchenne (de Boulogne), dans ses expériences électro-physiologiques sur faction des muscles de la face, et nous mettrons en regard, d'un côté, les résultais qu'a donnés, entre ses mains, la faradisation localisée, et, d'un autre côté, ceux auxquels nous sommes arrivés

HTPEREXCITABILITÉ NEURO-MUSCULàlEE 363

priment tous au sourcil un mouvement particulier. Ce sont : le frontal, Torbiculaire palpébral supérieur, le sourcillier et le pyramidal du nez. Les points d'élection sur lesquels Duchenne appliquait Télectrode pour amener la contraction partielle de chacun de ces muscles sont indiqués sur le schéma (Fig. 16).

Fig,, 16. — Points moteurs des prin^ cipaux muscles de la face,

1, frontal ; 2, sourcillier ; 3, orbiculaire palpébral supérieur ; 4, pyramidal du nez ; 5, palpébral inférieur ; 6, grand zygomalique ; 7, petit zygomatique ; 8, élévateur commun de Taile du nez et de la lèvre supérieure; 9, transverse du nez; 10, triangulaire des lèvres.

Au • •.%•

Leur action individuelle sur les traits de la face est résumée dans les schémas suivants :

1° Frontal : Muscle de Vattention. (Fig. 17). — Sa con-

Fig . 17 . — Contraction du muscle frontal.

Muscle de l'attention de Dacbenne.

Fig AS. -^Contraction du muscle orbiculaire supérieur.

Muscle de la réflexion, de Ducbenne.

traction produit sur les traits de la face les modifications

l'hïPMITISMK CHE7 LES HÏSTÉnlQLES

; Lignex fondamentales : élévation et courbe du Lignes secondaires : plis fronlaus curviliques et ques à l'arc du sourcil ;

i:i;uiiiE i'ALPfiBii\i. stii'fiRiEUR : Musclc de laréflexion. — AIjaisseraent du sourcil en masse et effacement frontales. Le sourcil devient recliligne; plis vertie front; ivdrt-sseraent des poils du sourcil;

ciLLiER : Musrle de Ut douleur (Fuj. 19). — La

HYPEREXCtTABlLtTÉ NEUBO-MUSCUUIRE 36S

qu'elle est refoulée en bas dans la partie qui correspond à leurs deux tiers externes ;

4® Pyramidal du nez : Muscle de l'agression {Ftg. 20). — La tête du sourcil est tirée en bas, la moitié interne du sourcil dirigée de haut en bas et de dehors en dedans ; — la peau de la partie médiane du front est lisse et tendue ; — plis transversaux à la racine du nez.

Chez notre malade hypnotisée, l'excitation de ces mêmes muscles, par une simple pression exercée sur les points d'élection, nous a donné les résultats suivants :

La contraction isolée du Frontal est très facile à obtenir par la pression du point {Fig. 16, l) qui correspond au nerf frontal, ou par la pression portée sur un point quelconque du muscle (Pl. V, fig. 3).

L'oRBicuLAiRE PALPÉBRAL SUPÉRIEUR se coutracte aussi très facilement et d'une façon absolument conforme à la description de Duchenne. L'excitation sur la Figure 4 de la Planche V et la Figure l de la Planche VI est portée près de la queue du sourcil au point figuré en 3 sur le schéma (Fig. 16). Lorsque l'excitation porte sur un point plus rapproché de la tête du sourcil ou lorsqu'elle est un peu intense, la contraction du pyramidal du nez se joint à celle de l'orbiculaire palpébral supérieur (Fig, 2, Pl. VI). Nous n'avons pu obtenir complètement isolée la contraction du pyramidal du nez. En cherchant à l'exciter aux points indiqués par Duchenne, de Boulogne (Fig. 16, 4) le pyramidal s'est, il est vrai, contracté énergiquement mais l'orbiculaire palpébral supérieur s'est toujours contracté en même temps.

Quant au sourcillier, dont l'action isolée est si saisissante, nous n'avons pu, d'une façon nette, en obtenir la contraction.

l'HTPr^OTIfiMG ClltZ LES HYSTlîniQUES

ons ajouter que des recherches Tailes avec la faraendant la veiUe, nous ont donné des résultats aussi u II nous faut donc compter ici avec les variations lies que signale d'ailleurs Duchenne (de Boulogne). pas sans intérM de faire remarquer, avec Duchenne, nuscles " moteurs du sourcil sont, de tous les ■xpressifs, ceux qui obéissent le moins à la volonté ; al, l'émotioii de l'âme seule a le pouvoir de les irliollement en mouvement ". (Duchenne, Mécala phijsiottomie..., page 8).

es muscles qui sont situés au-dessous du sourcil, les des agents d'une expression propre, mais incomce sens que Tespression n'est parfaitement reair la contraction simultanée d'un autre muscle, les expriment absolumeul rien par eux-mêmes, bien nièrent la propriélii de représenter spécialement des

HYPEREXCITABILITÉ NEUKO-MUSCnUIKE 367

gonflement de la pommette ; — élévation légère de la paupière inférieure. — Lignes secondaires : rides rayonnantes de l'angle extérieur de ToBil.

Orbiculaire palpébral inférieur: Muscle de la bienveillance {Fiff. 22). — Relief de la paupière inférieure, au-dessous de laquelle se dessine une dépression transversale à concavité

Fig, 21.— Contraction du muscle (j rand zygomatiq ue .

Muscle du rire, de Uuchenn*», rire faux.

rig. 22. — Contraction simuUa-' née du grand zygomatique et du muscle orbiculaire palpébral inférieur.

Expression du rire franc, d'après Duchcnne.

supérieure. Lorsque le grand zygomatique se contracte seul, le rire a un caractère faux et menteur. Sous l'influence d'une émotion vraie, il ne se contracte jamais isolément. D'un autre côté, Torbiculaire palpébral inférieur, qui est son complémentaire pour l'expression du rire franc, n'obéit pas à la volonté; il n'est mis en jeu que par une émotion agréable de l'âme. La faradisation localisée du grand zygomatique n'imprime donc à la physionomie qu'une expression £ausse. Cette expérience, d'après Duchenne, ne serait pas facile à reproduire : « Il m'est arrivé quelquefois^ dit-il, de localiser exactement l'excitation dans ce muscle... Cette localisation est assez diffi-

l'hypnotisme chez les HÏSTEntOUES

r le couranl électrique renconlre souvent un ou deux jteurs qui se reudent à un faisceau musculaire voisin, 1 est un peu intense ou qu'il existe une anomalie, ce ajias rare. "(Page 59.)

action isolée du grand zygomalique n'est pas sans pré- [iielques difûcultés. Il arrive souvent que les muscles, n dedans de lui (petit zygomalique, élévateur propre vre supérieure et de l'aile du nez, qui reçoivent leurs oteurs d'un même rameau nerveux qui passe sou? l'ex-

supérieure du grand zygomatique) entrent également raction.

ndant, apr^s quelques tâtonnements et si l'on a soin de ir d'un excitateur k extrémité un peu fine sans cesser nousse, il est possible d'isoler assez bien l'action de ce

ainsi que le montre les figures 1 et 2 de la Pu>che VI.

HYPEREXCITABILITÉ NBUIIO-MUSCUUIRE 369

lèvre supérieure, dont il est difficile de la distinguer ; il arrive fréquemment que l'élévateur commun de la lèvre supérieure et de Taile du nez participe à Texcilation. C'est ce qu'on peut remarquer sur la figure 3, Punche VII. Le mouvement de la lèvre supérieure représente assez bien Taction du petit zygomatique, mais on remarquera, en même temps, que Taile du nez du même côté est un peu relevée. En comparant celte figure à la suivante, qui représente l'action isolée du muscle élévateur commun de la lèvre supérieure et de l'aile du nez, il est facile de se rendre compte de la part qui, dans le mouvement expressif de la première, doit être attribuée au petit zygomatique.

L'élévateur commun de la lèvre supérieure et de l'aile du NEZ imprime à ces parties de la physionomie un mouvement bien caractéristique, que la figure 4 de la Punche XI et la figure i de la Planche VIII mettent parfaitement en lumière. La contraction partielle de ce muscle est très facilement obtenue chez notre malade. Dans la figure 4 de la Planche VII, la contraction du muscle suit l'excitation du rameau ner\'eux qui lui est destiné. Dansla/î^t«r^l de la Pu:«cHE XII, l'excitation est portée sur le corps du muscle lui-mê -

^ ••!».• Fig, 2\. —Contraction du mus-

me. Duchenne résume amsi 1 action ^g élévateur commun de Vaii^

partielle de ce muscle (Fig. 24) : dunezet de la lèvre supérieure,.

L'aile du nez est attirée en haut, le sillon naso-labial allongé el moins oblique, la portion externe de la lèvre supérieure attirée en haut. . .

Le TRANSVERSE DU NEZ, que Duchenne appelle le muscle de

Charcot. OEuv. comp. t. ix, Hjrpnotlsme, a4

370 L'HTPnOTISKE CHEZ LES BTSTÊRIOCBS

la lubricité, Eail subir, par sa conlractioQ, à la forme génA raie du nez, les principales modifications suivantes : l'ail du nez est attirée obliquement en haut et en avact, et la peai des parties latérales du nez se marque de plis parallèles à I direction de l'épine naside. Ce muscle est susceptible d grandes variations, suivant les individus. La Fig. 4 de 1 PuHCHE VI montre d'une façon fort nette, l'excitation di transverse du nez chez la nommée Gaill..., tandis que che Witt... l'excitation isolée de ce même muscle n'a pu fitr obtenue.

Par contre, chez cette dernière malade, les muscles diia TATEUBS DES NARINES peuveut être très-facilemeot excités. 1 suffit de loucher le bord d'une narine ou sa face externe pou que le mouvement de dilatation s'accuse aussitôt avec éner gie; et, le plus souvent, l'autre narine participe au mouve ment mais h, un degré moindre), bien que l'excitation ait éU unilatérale. C'est un nouvel exempte de lasynei^e musculaire des muscles pairs de La face, dont nous avons déj& parlé Si l'excitation, tout en demeurant unique, se rapproche de \i ligne médiane, comme sur la Fig. 3 de la Pianchb VI, le mouvement de dilatation est à peu près égal des deun cOtéa el non moins énei^ique. La dilatation une fois produite ne persiste pas uniformément, bien que l'excitation soit maintenue produit une sorte de tialoitaliou des narines.

HTPEREXCITABILÎTÉ NEURO-MUSCUUIKE 371

L'oBBicuuiRE DES LÈVRES répoQd Eussi fort nettement à Texcitalioa mécanique portée sur différents points de ses Qbres. En excitant sur la lèvre inférieure un point médian, situé à peu de distance de l'ouverture buccale, on voit les deux lèvres se froncer et Torbiculaire tout entier entrer en contraction. L'action est encore bien plus vive lorsqu'on porte l'excitation sur le bord libre des lèvres ; il sufQt pour cela d'introduire l'extrémité du petit b&ton entre les deux lèvres et de frotter légèrement. L'oriflce buccal se resserre alors avec énergie en enserrant l'extrémité de l'excitateur.

Le TRIANGULAIRE DES LÈVRES est le muscle de la tristesse. Sous l'influence de la contraction, les commissures des lèvres sont tirées en bas et en dehors, le sillon inter-labial décrit une courbe à concavité inférieure, la lèvre inférieure est un peu attirée en avant, la ligne naso-labiale allongée tend à devenir rectiligne, la lèvre supérieure est attirée obliquement en bas et en dehors, la narine est abaissée et moins ouverte. {Fig. 25).

La contraction partieUe des pig. 9^]^ Caution du mu,muscles du menton et de la lèvre cU triangulaire deê lèwtê. inférieure est assez difficile à obtenir, à cause de la superposition de ces différents muecles en certains points et de l'intrication d'une partie de leurs flbres. De plus, un même rameau nerveux les innerve. Il y a donc à craindre de toucher avec l'excilateur une portion du rameau nerveux dont les flbres se distribuent à plusieurs muscles à la fois. En beaucoup de points également, l'excitateur rencontrera à la fois des fibres musculaires appartenant à plusieurs muscles soit superposés, soit juxtaposés.

l.'ilïPNoriSJIE CHEZ I.ES HÏSTliRIOUES

U-nir cliez nos malades la conLraclion isolée du f? des lèvres, il (aul porter i'e\citatioa ua peu en m l>Jis dp la commissure des lèvres, comme il est r riiiii-(? Fifftire 3 de la Ploche VIII. Si l'excilalion Ut» Ijas, eu sf rapprochant du mavillaîre inférieur Il (iiliT-iion indiqué par riîlecins!ilion localis)-.' t'ii 'ilitienl un mouvement complexe de la lè%T<' k' la CMnlraclion simultanée du triangulaire et du lenlon, qui, en ce point, sont superposés. aL'lion isolée du carrE du hekto^ qui, d'après Due la lèvre inrérieure en lias et en dehors en la reniccède il l'excilalion mécanique portée à un cenlilemi enriron eu dedans du point d'excitation du e, el à peu près à la même hauteur (fiy. 2, Test à ce niveau que le carré du menLou se dégage le triangulaire, pour devenir superficiel. '(■y. 4 delà Pu?(chf. VIII, l'excitiilion portée sur le

HTPEREXGITABILITÉ NBURO-MUSCCIAIRE 373

exemple, on voit aussitôt se peindre sur la physionomie une expression saisissante de frayeur.

Nous avons cherché à reproduire, chez notre malade hypnotisée, l'action simultanée de ces deux muscles et les Figures 1 et 2 de la Punche IX sont pleinement confirmatives des expériences de Duchenne. Malgré l'occlusion des yeux, dont le regard n'anime point la physionomie de la Figure 1, l'expression de frayeur y est assez bien représentée. Sur la Figure 2^ nous avons essayé de compléter l'expression de terreur en faisant ouvrir les yeux de la malade par un aide, au moment où la contraction était obtenue par l'excitation mécanique des points moteurs musculaires. La malade alSté ainsi rendue cataleptique, sans nuire à l'expression de la physionomie. Nous savons d'ailleurs que la contracture des muscles des membres obtenue par les mêmes procédés persiste pendant l'état cataleptique (1).

Pour compléter nos recherches sur l'hyperexcitabilité neuromusculaire de la face, nous avons cherché à provoquer, à l'exemple de Duchenne, la contraction simultanée de plusieurs muscles, que ces muscles concourent à l'expression d'un même sentiment (contractions combinées expressives de Duchenne) ou bien, au contraire, qu'ils expriment des sentiments complètement opposés (contractions combinées inexpressives du même auteur). Dans le premier cas, chaque pli de la physionomie concourt à l'expression d'un sentiment unique, dans le second, le résultat ne saurait être qu'une grimace.

Nos expériences sur notre malade hypnotisée ont donné

1. La production de la catalepsie permet aussi de fixer, pour ainsi dire, rcxprcssion de la physionomie, et, la malade étant rendue cataleptique pendant l'excitation d'un muscle, la contraction de ce muscle persiste parfois un certain temps après Texcitation, do façon à rappeler la contracture des membres ; mais, le plus souvent, les plis de la physionomie ne tardent pas à se détendre et à s'effarer peu à peu.

l'i!TP>011SME CHKZ l.ES HYSTÉRIQUES

Is absolument identiques à ceux de Duchenne. qu'en faisant contracter simultanément les peausorbiculaires palpébraux supérieurs, nous avons nasque de la frayeur avec la nuance indiquée par

action simultanée du triangulaire des lèvres et de e palpébral supérieur, donne à la physionomie une de méditation miMée de tristesse ou de dégoût, legré de contraction du triangulaire.

■aire, la contraction du grand zygoraatique, asso- ■iculaire palpébral supérieur, ne donne lieu qu'ii ;e {Fir/. 3 de la Pi.. iX). Il nous a été possible iter, sur chaque côté de la face, une expression 1 faisant contracter des muscles différents. Par e grand zygoraatique d'un côté et l'élévateur 1? l'aile du nez et de la lèvre supérieure de l'autre.

HYPEREXCITABILITÉ PiEURO-MUSCUUIRE 375

résultats que représente la Figure 4 de la Punche IX en sont vraiment saisissants. L'excitation du muscle élévateur commun de Taile du nez et de la lèvre supérieure est pratiquée des deux côtés à la fois, pendant que la malade est léthargique totale, et le mouvement d'ensemble qui en est la conséquence et représenté plus haut {Fig. 1 de la Pl. VIII), se produit avec une égale énergie des deux côtés. Mais, il suffit, ainsi que le représente la Figure 4 de la Punche IX, de soulever la paupière gauche, par exemple, pour que tout mouvement cesse de ce côté, malgré la persistance de l'excitation au même point.

Nous avons reconnu, dans le cours des expériences que nous venons de rapporter que les troncs nerveux comme les muscles eux-mêmes étaient aussi bien excitables à la face qu'ils le sont aux membres. En résumé, l'excitation du muscle est directe ou indirecte. Quelques expériences sur des rameaux nerveux, isolés et éloignés des muscles qu'ils innervent, le prouvent péremptoirement. ' Le tronc de la septième paire est accessible à l'excitation électrique par le procédé suivant : « On peut, ditDuchenne, atteindre le tronc de ce nerf à sa sortie du tronc stylo-mastoïdien, en plaçant dans le conduit auditif externe un réophore conique coiffé d'une peau humide et en appuyant sur le cartilage inférieur; dans ce point, son tronc nerveux n'est séparé du rhéophore que de trois à quatre millimètres ».

On conçoit qu'en ce même point, ce tronc nerveux, protégé par les os et les cartilages, soit difficilement accessible à l'excitation mécanique. Mais, il n'en est pas de même de ses rameaux qui, à leurs points d'émergence de la parotide, s'offrent d'eux-mêmes à l'excitation. Dans l'état d'hyperexcitabilité neuro-musculaire, la contraction des muscles qui sont sous la dépendance de ces rameaux est l'indice certain de leur excitation mécanique. On voit alors, sous l'influence

LIIïrSOTISillE CHEZ les HlSTÉnlQlES

ciLaUon tout un côté de la physionomie se contracivanl le point de l'excitation, la contraction s'acantage dans les muscles de l'œil, du nez ou des u menton. Dans l'expérience représentée Figure 2 ■). l'excilalion porte sur le tronc nerveux lui-même. ■\u. lobule de l'oreille; il est facile de constater, en ous les muscles de cette moitié du visage sont enulraction.

;périence de l'excitation mécanique du facial, penhargie hystérique provoquée, est une des premières Hc tentées au début de nos recherches sur ce sujet,

de sur laquelle nous avons répété la plupart des ;s rapportées plus haut présente, au point de vue excitabilité neuro-musculaire, une particularité in- , que, jusqu'ici, nous n'avons rencontrée que sur elle

ACTIOIf DES MÛSCLÉi A!ITAG01lisTE8 377

si rexcitation n^esl pas exactement portée au point vonlur D'autre part, il existe au-dessus de l'ordUe une zone assdl étendue dont l'excitation produit le même résultai, et qui correspond bien certainement au muscle auHculaire supérieur. Que conclure de ce fait d'observation, si ce n'est que, dans ce cas, nous excitons directement la fibre musculaire dans la lone située au-dessus de l'oreille, tandis que l'excitation portée au devant du tragus intéresse lé rameau nerveux qui va donner le mouvement au muscle auriculaire supérieur, et qui ne saurait être autre que le rameau temporal du fSacial.

DE QUELQUES CARACTÈRES DE LA CONTRACTURE PROVO- QUÉE DANS L'ÉTAT D'HYPEREXCITABILITÉ NEURO-MUS- CULAIRE.

La contracture musculaire provoquée par l'excitation mécanique pendant la léthargie hypnotique, présente toiyours les mêmes caractères, qu'elle ait été produite par l'excitation des tendons, des nerfs ou des muscles eux-mêmes.

Nous ne ferons que rappeler ici quelques-uns de ces caractères, déjà connus d ailleurs, en n'insistant que sur quelques particularités de détail.

a) La contracture cède à rexcitation des aniagonisies. — La contracture ainsi provoquée pendant l'état hypnotique, cède très facilement par la friction ou la malaxation des muscles antagonistes. Cette excitation, que l'on pourrait qualifier d'excitation d'arrêt, n'exige pas une localisation précise. Portée sur la masse des extenseurs, elle fait cesser la contracture

3'78 l'uïpaotisxe chez les htstëriodes

partielle de nimporte quel muscle fléchisseur et inversement.

Si Vaelion esl très locale et ne s'adresse pas direclement au muscle antagoniste du muscle contracture, au lieu de faire cesser la contracture première, elle peut donner naissance à une seconde confraclurc localisée.

Celle action d'arrêt de l'excitation des antagonistes n'a lieu que pendant la léthargie, elle est impuissante contre la contracture qui

I I - — persiste pendant l'état cataleptique ~ " ou après le réveil.

La firjure 26 représente l'inscription de ce phénomène par les

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