‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 3)Chapitre 59 sur 85 · ACTION DU COURANT GALVANIQUE SUR LE CRANE · texte numérisé non relu

ACTION DU COURANT GALVANIQUE SUR LE CRANE

De récentes études m'ont permis de constater que cet état d'hyperexcitabilité n'appartient pas exclusivement aux muscles et aux nerfs, mais qu'il s'étend jusqu'au centre cérébral lui-même, du moins en ce qui concerne les parties motrices.

11 ne s'agit plus cette fois que de simples excitations mécaniques, mais de l'action du courant galvanique sur l'encéphale pendant l'élat de léthargie hypnotique.

Dans cet état, le courant galvanique, appliqué sur un des côtés du crnne. provoque, sans réveiller le sujet, des secousses musculaires, souvent très énergiques, du côté opposé du corps, à savoir dans les deux membres et dans la moitié de la face ; tandis que, la malade une fois réveillée, le même courant appliqué de la même façon ne donne lieu chez elle h aucun mouvement.

C'est par hasard que ce fait s'est présenté à moi, dans le cours de recherches sur la résistance des tissus au passage du courant galvanique, chez les hystériques dans l'état hypnotique et à l'état de la veille. 11 m'a semblé assez intéressant pour faire l'objet d'une étude spéciale, dont je communique aujourd'hui les premiers résultats à la Société.

Voici quelques détails relativement aux observations faites à ce sujet :

La malade une fois plongée dans l'état de léthargie, par les procédés habituels, la fixation du regard par exemple, et la présence de l'hyperexcitabilité neuro-musculaire caractéristique de cet état étant reconnue, un des tampons (le tampon négatif) était placé et maintenu sur le sternum (ligne médiane), et l'autre tampon était appliqué successivement soit sur la bosse frontale d'un seul côté, soit à un ou deux rentimètres au-dessus du pavillon de l'oreille.

On interrompait alors le courant, et, quelquefois à l'ouverture, le plus souvent à la fermeture, une secousse très nette

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était observée du côté du corps opposé & Tapplication àa tampon ïiur le crâne, soit dans la face (commissure labiale Urée eu dehors), soit dans le membre supérieur, soil daos ie membre inréricur (brusquement soulevés), soit enfin dan^ deux ou dans les trois parties à la fois.

L'expérience répétée par l'appiication du tampon, tantôt sur le côté droit, tantôt sur le c<Hé gauche de la télé, a toujours donné des résultats identiques et toujours les membre? et la face du côté correspondant à la région du crAne sur laquelle les électrodes étaient appliqués, sont restés sans présenter de mouvement.

Les secousses provoquées n'ont toujours eu lieu qu'au moment de l'interruption du courant, interruption simple ou inversion, et le courant galvîinique devait avoir en général, pour produire les secousses, une intensité suffisante pour l'aire dévier de 20° & 30° l'aiguille du galvanomètre, gradué en 1 0 milli-Weber. On s'est servi de 4 à 10 éléments Leclanché. (10 éléments Leclanché équivalent environ à 15 DaDiell).

Dans ce mode d'opérer avec un tampon appliqué sur le sternum et l'autre sur un rété du cr&ne, la face se trouve placée, d'une façon plus ou moins directe, sur le passage du ronr<mt, et les mouvements observés dans cette région pourraient, h la rigueur, élre attribués à une action plus ou moins directe du courant sur les muscles ou les nerfs de la face.

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