‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 3)Chapitre 58 sur 85 · CONTRACTURE SOMNAMBULIQUE · texte numérisé non relu

CONTRACTURE SOMNAMBULIQUE

caractéristique de Tétat de léthargie et qui a fait Tobjet du présent mémoire. Ces faits de contracture pendant Tétat somnambuliqué ont été cependant signalés en passant dans un ouvrage dé Tun de nous sur la grande hystérie (1).

Depuis le commencement de Timpression de ce mémoire, M. Dumontpallier a tout particulièrement attiré Tattentioa sur des phénomènes de contracture hypnotique qui nous paraissent devoir rentrer dans la catégorie des contractures de Télat somnambuliqué; il les obtient par l'excitation cutanée la plus légère, l'action du doigt à distance, du regard {sic)^ d'un rayon lumineux, du vent d'un soufflet capillaire, etc., etc.

Cliniquement, ces sortes de contractures doivent se distinguer de celles dont il a été question ici, et les principaux caractères distinctifs sont les suivants :

Pour la production de la contracture de l'état léthargique, les excitations cutanées seules demeurent inefGcaces, il faut une excitation mécanique, pression ou malaxation qui intéresse les parties sous-cutanées. Au contraire, la contracture de l'état somnambuliqué ne survient que sous l'influence des excitations cutanées les plus légères; dans ce cas, la pression ou la malaxation des masses musculaires, des nerfs ou des tendons, demeurent inefficaces.

Nous avons vu de quelle localisation précise était susceptible la contracture de l'état léthargique. Pendant Tétat somnambuliqué, la contracture est plus diffuse, elle envahit habi* luellement tout un membre.

Dans l'état léthargique, les réflexes tendineux sont exaltés, et le choc sur les tendons produit bientôt la contracture. Dans l'état somnambuliqué, les réflexes tendineux sont éga-

1. Eludes sur V/if/êtéro-épilepêie, par le D^ Paul Ricbcr, p. 425, p. 4Û8« note.

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lement exaltés, mais ils ne donnent jamais lieu à la conlrac-

lure.

Enfin la contracture de l'état léthargique ne se résout que par un seul procédé, qui est l'excitation mécanique portée sur les muscles antagonistes; tandis que la contracture soninambulique cède sous l'influence d'une nouvelle excitation cutanée aussi légère que la première, quel que soit son point d'application à la surface du membre contracture.

Nous rappellerons que l'état léthargique est provoqué d'emblée par l'emploi de manœuvres en quelque sorte violentes, comme la fixation d'une lumière vive subitement éteinte, ou bien encore les vibrations d'uo grand diapason brusquement suspendues. Qu'elle succède à l'état cataleptique par l'occlusion des paupières, ou qu'elle survienne par suite de la fixation du regard sur un objet quelconque suivant la méthode de Bruid, le début en est subit, en quelque sorte iipoplectiforme. Il est marqué le plus souvent par un bruit laryngé spécial el par la montée d'un peu d'écume au\ lèvres.

I/élatsomnambulique, au contraire, est provoqué d'emblée par des moyens plus doux, tels que les passes dites magnétiques, la pression des tempes, la pression ou friction douce sur les globes oculaires. Son invasion est d'ordinaire lealc. el le déhiil

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catégorie des phénomènes réflexes ; mais, malgré les difBcultes qui existent encore au sujet du mode de production de la contracture somnambulique, nous serions assez tentés d'admettre, du moins provisoirement, les différences suivantes : La contracture léthargique^ celle qui mérite de conserver le nom de phénomène de l'hyper excitabilité neuromuxculaire, aurait pour chemin Tare diastaltique musculaire, ainsi que nous avons essayé de le prouver plus haut, tandis que la contracture somnambulique suivrait la voie de Tare diastaltique cutané. — L'indépendance de ces deux arcs dias-* taltiques, démontrée par Tétude des affections nerveuses organiques, n'est pas sans donner quelque vraisemblance à l'interprétation que nous proposons.

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