I. Voici du reste i'c:ij)09c sommaire de ces trois cas
C0XALGIE-HYSTÉR0-0R6ANIQUE 389
ques el de symplômes hystériques, je vous ferai remarquer, en passant, qu'il ne faudrait pas croire que des désordres matériels un peu accentués de l'organisme excluent forcément les phénomènes hyslériques ; cela peut arriver, sans doute, mais, s'il en est ainsi dans quelques cas, dans d'autres, les plus nombreux peut-être, on voit les stigmates hystériques persister pendant l'évolution des lésions organiques plus ou
!•» cas. (Observation communiquée par M. le professeur Lannelongue). Garçon de 11 ans; la mère a de nombreuses attaques d'hystérie. Le membre du côté malade est contracture non-seulement au niveau de la hanche, mah encore au niveau du genou et du pied. On ne peut toucher ce membre sans que l'enfant soit pris d'une véritable attaque de nerfs. Dans le sommeil chloroformique, on constate l'existence de craquements articulaires énormes. \\ existe un raccourcissement de deux centimètres dû à ce que la tète fémorale a chevauché sur la cavité cotyloîde. Plus tard, il s'est produit un abcès symptomatique.
2« cas, (Communiqué par. M. le professeur Lannelongue). Petite fille de 13 ans. Père atteint de paralysie infantile; mère ayant eu des attaques hystériques, jusqu'à l'âge de 30 ans. A l'âge de 7 ans, contracture douloureuse du pied droit. Â 9 ans, crises nerveuses. A l'âge de 10 ans, reprise des crises nerveuses. A 11 ans, survient une douleur de la hanche droite avic claudication. Il se produit une rémission complète qui fait croire à Vexislente d^une affection purement nerveuse et on laisse^ en conséquence, V enfant marcher. Un retour des douleurs étant survenu, on soumet l'enfant W l'emploi du chloroforme. On constate alors des craquements et une très grande difficulté du redressement de la jointure, consécutif à une déformation des os. Un gonflement profond fait redouter la formation d'un abcès.
3* cas, (Communiqué par M. le Dr Joffroy). Mlle X..., de St-Pétershourg, âgée de 18 ans. Antécédents héréditaires nuls. A 6 ans et à 14 ans, crises nerveuses nombreuses qui paraissent avoir été des accès d'hystérie à forme d'épilepsie partielle. A 6 ans, accidents coxalgiques transitoires, A U ans, réapparilion à plusieurs reprises de ces mêmes accidents. A 18 ans, réapparition des accidents qui datent de 5 mois, à l'époque où l'on examine la malade. Douleur vive à la hanche et au genou^ raccourcissement apparent; la malade marche à l'aide de béquilles, posant à peine à terre la pointe du pied; pas de stigmates hystériques. Cependant, en tenant compte de l'opinion des médecins antérieurement consultés^ de la marche singulière de la maladie et en particulier des rémissions, suivies de réapparitions qui ne cessent de se produire depuis près de 10 ans, on penche vers le diagnostic coxalgie hystérique, tout en faisant des réserves. L'emploi de douches tièdes générales amène d'abord une amélioration sérieuse ; il se produit une nouvelle rémission et la malade redevient capable de marcher sans trop de douleurs. Cependant, sur ces entrefaites, la chloroformisation étant pratiquée, on constate • qu'un complet relâchement de la hanche est impossible, que les mouvements imprimés à la jointure déterminent des craquements caractéristiques ne laissant aucun doute sur l'existence de lésions osseuses très avancées. •
llCIE rBOVOOUÉK OA!«S L'nTPSOTISME
ios graves ; ir exemple, et ici je fais alIusioD à un eu it-
Domfttit obseri 5 par nous dans lecoars du rhumatisme atticu-
e aigu le pi a iuleose, compliqué d'endûpérîcardiie truu
isécutiven . enlraloé la mort.
A n'insiîik pas plus longuement sur ce point, [<:
assez, je crois, pour montrer que chez un sujet tiji
, lorsqu'une iiffcclion organique se développe. 1':^
«Ornes relntifs h. charune des deux affections pemi
wnihiner de maniftr» h cnnotîtiier un métis paltubp
.e, dont l'histoire nu>urcU<^ ■ Ire bien connue da cli-
ieo.
Pour en revenir h. no est, nous l'avoDS démoc-
■; alteinl d*unc coxal neol hystérique sans
« d'aucune lésion orgaiiii ^ pouvons donc affinntt,
répète, qu'il guérira un jo l'autre ; mais quand
,-t-il, et qui.'ls moyens faut-il re en œuvre pour hilti
ce résuUal?
Je voudrais iMiiilier avec vous tout d'abord ta théorie, h physiologie palhologîque des cas qui nous occupent, espéra! rencontrer, chemin fai?ant, des indications qui puissent Doa> permettre de fonder notre intervention thérapeutique surdtbases ralionnollos. Un raoj'!!n d"étiide se présente à noas. moyen que j'ai dôjà mis k profit en semblable occurrence ; il s'agit de produire artificiellement les symptdmes de lacoulgie hystérique, dans l'espoir de mieux reconnaître les coaditiuns et le mécanisme qui président au développement de celle-ci.
Ce n'est pas un animal, quelque élevé qu'il soit dans l'èchclle, qui devra servir k ces études, mais bien, ainsi que vous l'avez compris, l'homme lui-môme placé dans les condilioni mentales spéciales t l'état hypnotique.
Les deux malades que je fais placer devant vous sont toutes
COXALGIE PROVOQUÉE DANS l'hTPNOTISMB 391
deux des femmes hystériques avérées offrant les caractères les plus nets du grand hypnotisme ; elles présentent, comme vous le voyez, à Tétat de veille, tous les grands symptômes de la coxalgie hystérique, douleur et claudication, symptômes sur lesquels je ne veux pas insister de nouveau. Mais ici, ce que je veux relever surtout, c'est que Taffectîon a été produite par nous, volontairement, artificiellement, pendant Tétat hypnotique; naturellement, chez ces malades, les choses n'ont pas été poussées très loin, mais tout en restant dans les limites de la prudence, elles Tout été assez cependant pour qu'on puisse nettement reconnaître chez elles, sous une forme bénigne, l'affection décrite par Brodie.
Chez une de ces femmes, c'est en produisant, pendant l'état somnambulique, une légère torsion de la cuisse sur le bassin que nous sommes arrivés à ce résultat; aussitôt elle se plaignit d'une douleur dans la hanche, et veuillez le remarquer expressément, dans le genou^ bim que celui-ci n'eût pas été soumis lui-même à la plus légère torsion.
Chez l'autre malade, nous nous sommes contentés, pendant qu'elle était plongée dans l'hypnotisme, de lui affi^^mer qu'elle venait d'avoir une attaque, pendant laquelle elle avait fait une chute sur la hanche ; le récit animé de l'événement supposé et la peinture des vives douleurs qui devaient s'ensuivre ont produit le résultat désiré; chose remarquable, ici encore, bien que nous n'ayons parlé que d'une contusion sur la hanche, la malade s'est plainte en môme temps d'une douleur dans celleci et dans le genou; et quoique auparavant la malade fût anesthésique de ce côté, on peut constater maintenant que la peau, au niveau de la hanche et du genou, est devenue très sensible. Je vous ferai remarquer de plus qu'une fois éveillées, nos malades ignoraient absolument notre intervention et croyaient fermement l'une et l'autre s'être heurté la hanche pendant une attaque.
392 SHOCK TRAUKATIOUB
Vous n*avez pas oublié, Messieurs, ces deux hommes^ Por... et Pin..., que je vous montrais tout récemment encore et pour la seconde fois, chez lesquels à la suite d*un traumatisme de l'épaule, s'était développée une paralysie hystérique du bras correspondant. Je vous ai fait voir que cette paralysie pouvait être reproduite de toutes pièces, chez des sujets plongés dans rhypnotisme ; au moyen de la suggestion verbale, ou bien encore au moyen d'une action traumatique légère portant sur Tépaule et constituant, si Ton peut ainsi parler, une véritable suggestion traumatique.
Mon sentiment est, Messieurs, que cet état hypnotique dans lequel la suggestion produit de tels effets, est assimilable, sur plus d'un point, h Télat, qu'en Angleterre on est convenu d*appeler du nom de shock nerveux [Nervous shock)^ par opposi* tion au shock traumatique^ avec lequel il se combine souvent, d'ailleurs, mais dont il peut rester indépendant. Ce shock nerveux se produit quand survient une émotion vive, une frayeur, la terreur déterminée par un accident, surtout quand cet accident menace la vie, comme cela se voit, par exemple, dans les collisions de chemin de fer. Dan« ces occasions, il se développe souvent un élat mental tout particulier, récemment étudié avec soin par M. Page, qui le rapproche d'ailleurs, très judicieusement à mon avis, de l'état d'hypnotisme '. Dans l'un et l'autre cas, en effet, la spoyitanéité psychique, la volonté^ le jugement étant plus ou moins déprimés ou obnubilés, les suggestions sont faciles ; aussi la plus légère action traumatique,
1. ^Ve are. . disposed to believe Ihat Ihe primary séant of functional dislurbancc lies in llie brain ilsclf, and Ihat as in the hypnotic state... there ÏH a tcinporary arrest in Ihe function of Ihat part of the sensorium >^'hich présides ovcr and controls the movcments and sensations of the periphery. (Page, Ifijuriet of the Spine anU nervous t^hovk, p i07, 2» édit., Lond. 1885). — Voir aussi: Wili^s, c on lUjsleria and wrest of cerebr/il Action.» {Guy'-" Hosp. Rep,, vol. X\II, p. 3.")), et Tuke « Influence of the Mind upon the ifody, p. 97. . — Nous pouvons, je pense, en français, écrire indiiïéremment Shock ou Choc, SiiocK, Synon. : fr Choc; germ. Shok. Voir Richard Quain, Dict. o' Uédecine, Lond., 188i, art. Suock.
SUGGESTION TRAUMATIQtE 393
par exemple, portant sur un membre peut-elle devenir alors l'occasion d'une paralysie, d'une contracture ou d'une arthralgie. C'est pourquoi, si souvent, dans les collisions de chemin de fer, on voit, suivant les cas, survenir des monoplégies, des paraplégies, des hémiplégies simulant des maladies organiques, bien qu'elles ne soient autres que des paralysies dynamiques, psychiques, fort analogues pour le moins aux paralysies hystériques.
Je regrette de ne pouvoir m'arrrèter plus longtemps sur le rapprochement que je vous indique entre 1 état mental produit par le shock nerveux et celui qui caractérise la période sornnambulique de Thypnotisme, mais je crois en avoir dit assez pour exciter votre attention sur ce point et vous engager à en faire l'objet de vos méditations.
Pour retourner à notre homme atteint de coxalgie hystérique, vous avez parfaitement compris, Messieurs, que, dans mon opinion, la coxalgie de ce malade doit être interprétée suivant la théorie appliquée, dans nos leçons du dernier semestre, aux cas de monoplégie hystérique de cause traumalique. Vous l'avez vu, en effet, la douleur peut être, de môme que la paralysie, suggérée dans l'état hypnotique, soit au moyen d'une suggestion orale, soit au moyen d'un léger traumatisme, et celte douleur, Tobservateur peut, à son gré, la localiser sur une partie quelconque du membre.
Ainsi, de même qu'il y a des paralysies psychiques produites par ce que nous appelions, dans une de nos dernières leçons, la suggestion traumatique^ de môme aussi il y a des coxalgies spasmodiques reconnaissant le même mécanisme. Notre scieur de long est un exemple de ce genre; le traumatisme qu'il a subi a produit chez lui un shock nerveux et l'état mental correspondant à celui-ci. Sans doute, la hanche a éprouvé un ébranlement, peut-être même une contusion plus
394 TRAITEMENT PSTGHIQUB
OU moins prononcée, mais celte action locale n^a pas déterminé de lésions organiques sérieuses, et la douleur qu'elle a produite ne s'est développée, exagérée et définitivement établie, sous forme d*arthra1gie permanente, qu*en raison de Tétai psychique produit par le shock nerveux.
Telle est, Messieurs, la théorie que je propose : si f ai un peu insisté sur ce point, c*est que le traitement en découle, en quelque sorte, tout naturellement. C'est d*une affection surtout psychique qu'il s'agit, c'est donc un traitement surtout mental qu'il faudra mettre en œuvre. — Mais comment s'y prendre ? Nous savons, par les observations de divers auteurs, que ces arthralgies psychiques, soit d'origine traumatique, soit dépendant d'une autre cause, guérissent quelquefois tout à coup, à la suite d'une émotion vive ou d'une cérémonie religieuse frappant vivement l'imagination. Malheureusement, aucun de ces moyens n'est entre nos mains ; nous avons bien essayé de faire acte d'autorité, de persuader avec insistance à ce malade, au moment où il sortait du sommeil chlorofonnique, et alors que la douleur et la claudication s'étaient atténuées, qu'il était guéri ; mais je dois vous avouer que nous u avons pas réussi. — Faudrail-il compter davantage sur l'influence d'une opération simulée, suivant le conseil de Hancock ei de Barwell?Je n'en suis pas convaincu. D'ailleurs, vous le savez, quand on emploie des moyens de ce genre, il faut être sûr de réussir, et faillir en pareille circonstance, ce serait nous compromettre en pure perle auprès du malade. — Quant à remploi des pratiques hypnotiques, qui peut-être nous fourniraient ici un puissant moyen d'action, notre homme ne veut at>$olunient pas en entendre parler.
D^epiùs une douzaine de jours, notre malade a été soumis i w» Uttlement fort simple consistant en manœuvres de Jusqu'à présent ce traitement n'a pas été suivi de