VINGT-QUATRIÈME LEÇON
r tm cas de coxalgie hystérique de cause tranma^' que "*>— V**""™ {Suite).
SovuAitR. — néaultals de rexamen prat Phénomènes présentés en ce tnonienl ou h)stèro-orginii]ues. — Coialgies femmes prèscnlant lea phénomènes uu.
procédés employés pour produire celte c gie hystérique ■rlfllcielle. — Sliock nsrvt - Méthode de irnitement de la coiilgie
rtsultats trojisiloires; inOuence de l'élal sycbiqtii
I» Csctioii du ehloratomt. malade. — Coialgies miiii!
itletnetit produites cbdiltn id hypnotisme, — DilTweiti jie. — Caractères de la toiil — SuffeesUon Iraumaliipit.
GuérisoQ pr»
Messieurs,
J'ai fait de nouveau placer sous vos yeux le malade que je vous ai présenlé dans noire dernière leçon, comme olfranl un eiemple remarquable de l'affection qu'on est convenu d'appeler du nom de coxalgie hystérique.
Vous n'avez pas oublié les arguments nombreux el incontes!al)lement d'un grand poids, à l'aide desquels nous oou? sommes efforcé d'établir ce diagnostic. El cependant, quelque? doutes, quelques scrupules auraient pu subsister dans voire esprit. C'est qu'en effet, faute d'avoir pratiqué la chloroformisation du malade, nous n'avions pas pu nous assurer par nourmême de l'intégrité de la jointure.
Eh bien, Messieurs, ces doutes sont levés aujourd'hui. Le
PHÉNOMÈNES OBSERVÉS PENDANT l'aDMINIST. DU CHLOROFORME 387
malade qui Jusqu'ici, s'était refusé à remploi du chloroforme, sous Tempire de je ne sais quelle crainle, a mieux compris ses intérêts et s'est soumis à notre examen, vendredi dernier. Voici les résultats de notre exploration :
Au bout de six à sept minutes, après une période d'excitation très courte, contrairement à ce que nous avions lieu de craindre à cet égard, d'après ce que nous savons des effets de la chloroformisation chez les hystériques, le sommeil était complet. Les muscles étaient en entière résolution; ceux du membre malade furent les derniers à parvenir àcet état; la peau était devenue insensible au pincement, même aux endroits les plus hyperesthésiés ; on pouvait imprimer à la jambe et à la cuisse les mouvements les plus étendus sans être arrêtés par la moindre résistance ; la percussion du grand trochanter, celle du talon n'étaient nullement perçues. Ni la main, ni le stéthoscope n'ont, pendant qu'on exécutait tous ces mouvements, permis de constater le moindre craquement. Donc une conclusion s'impose à nous, c'est que la jointure est libre d'adhérences, que les surfaces articulaires et osseuses ne présentent aucune de ces déformations, de ces lésions qui ne sauraient manquer d'exister dans une coxalgie aussi ancienne, si elle était réellement de nature organique.
Permettez-moi encore, Messieurs, de vous faire connaître les phénomènes présentés par ce malade pendant la période du réveil : — la raideur commença à reparaître à un certain degré dans les muscles malades, avant qu'aucune manifestation douloureuse se montr&t du côté de la jointure. La sensibilité de la peau était déjà en partie revenue, le malade commençait à répondre à quelques questions, alors que la sensibilité des parties profondes (percussion du trochanter, du talon) n'était encore nullement exagérée ; c'est donc l'hyperesthésie profonde qui s'est reproduite en dernier lieu. Mais lorsque le réveil fut devenu complet, c'est-à-dire au bout de vingt à vingt-
368 COXALGIE nïSTËnO-ORGAKIQilE
cinq miaules, 1ad^forinnlion,la douleur, la claudication nâemrent absoliiinont ce qu'elle» ôlnicnl avant la chloroformisalJon,
Quoi qu'il en soil, voici le (tîagtioslic désormais coœplèlement a<surâ. Dien entendu, il n'en est pan de même du irailement ; lout reste ù Taire do ce cOlé, c'est Tcrs ce but qu« doivent maintenant tenJro nos efforts.
Mais avant d'aborder la question de thérapeuliqiie, je croi* utile d'arrêter voire :iltcntioa sur un point qui touche encon au diagnostic de la coxalgie byslérique.
Si j'ai tenu aussi instamment h donner le chloroforme à mcB malade, c'est qu'il eût pu se Taire, en somme, que dous&kons en présence de la combinaison suivante : I" Lésions o^ paniques de la coxalgie scroruicuse ; 2" lésions dynamiques àt i coxalgie hystérique. — Notre malade est hjslérique très certainement et présente nettement les symptômes de h wxalgie hystérique ; mais il pouvait se faire que ces phénomènes servissent de masque à une coxalgie vraie. — U r serait ngi alors d'une forme mixte hijstéro-orçanigiie ou ofyanieo-hysltyique, comme vous voudrez l'appeler.
Cette forme mixte eiiste-t-elle en réalité dans la clinique? Oui, très certainement, et peut-être est-elle môme plus fréquente qu'on ne le croit, bien que, si je ne me trompe, les auteurs la passent sous silence. Vu l'importance de ces faits, je tiens & vous en dire quelques mots. GrAce à l'obligeance de mes collègue?, M. Lannelongue et M. Jotfroy, je suis à même de vous faire connaître trois cas, dans lesquels celte combinaison s'est produite au milieu de circonstances qui rendaient l'erreur difCcile à éviter. Dans ces trois cas, la première impression avait élé qu'il s'agissait d'une affeclion hystérique ; mais un examen plus atleniif a montré que les phénomènes hvMériques masquaient une lésion organique de la hanche, restée inaperçue '. A propos de cette combinaison de lésions organi-