‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 4)Chapitre 113 sur 156 · Leçon recueillie par M. le D' Babinski · texte numérisé non relu

Leçon recueillie par M. le D' Babinski

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exploré et qui, si je ne me trompe, promet cependant, pour Tavenir, une ample moisson de résultats d*un grand inlérèl pratique.

Cet homme offre, comme tous le voyez, une contracture do membre supérieur gauche qui, depuis plusieurs mois, prive co membre de tout mouvement.

La contracture s*est développée chez lui, pendant le temps où le membre était enveloppé d*un appareil plâtré dont Tapplioation avait été nécessitée par une fracture des os de Fa* vaut'bras; fracture déterminée elle-même par la chute d'an corps lourd — à savoir une moitié de bœuf, pesant, paraltil, environ 300 kilos, — sur cette partie du corps.

Eh bien, Messieurs, nous nous proposons de démontrer que cotte contracture, qui est une conséquence plus ou moins directe du traumatisme, est de nature hystérique. Nous chercherons ensuite à interpréter le mécanisme qui a présidé! »on développement.

Viùoi, en quelques mots, l'histoire clinique de ce malade:

r.Vsl un homme de 30 ans, nommé Dum..., né dans la Dordo-

uuo et n'habitant Paris que depuis cinq ans. Il n'y a rien de

n,Arli^'ulier à signaler dans ses antécédents héréditaires ou per-

founols, (Vesl un garçon sans aucune éducation, quia vécu à

U oAmpas«H^ jusqu'à Tâge de 23 ans ; il gardait les moutons,

Al.Aii Jaus les foires et tuait les animaux pour les bouchers.

iVpuis qu'il est h Paris, il a travaillé chez différents bouchers

a^^Uvilloet dans les abattoirs. Il n'a jamais, assure-t-il, fait

(t>\o>^ do boisson ; il a, comme la plupart de ses camarades,

Mîrft-iK riwbilude assez répugnante de boire tous les jours

tv'vwieurs verres de sang. « J'aime mieux le sang que le vin,

A \-H, cola donne plus de force. »

i'ilCcW^^^ qui nous intéresse particulièrement est survenu

A û% k* conditions suivantes : Il y a de cela 4 mois et demi

MONOPLÉGIE flYSTÉRO-TRAUMATlQUE 401

environ — le malade ne peut préciser la date exacte, — il était aux halles centrales, occupé à décrocher, avec Taide d*un de ses camarades, un demi-bœuf dont le poids était considérable ; le crochet cassa, et le malade fut renversé, son bras gauche pris sous le bœuf. Il assure qu'il n*a pas perdu complètement connaissance sur le moment, mais il' reconnaît qu'il fut comme étourdi et que, pendant quelques instants, il ne savait pas au juste où il se trouvait, ni ce qui s'était passé ; on a dû le porter chez un pharmacien.

Il est probable que le shock nerveux qu'il a éprouvé là a été assez profond, car, actuellement, il paraît exister, chez notre sujet, un certain degré d'amnésie portant principalement sur les choses qui sont relatives à l'accident, mais, même aussi sur les choses présentes ; et il ne paraît pas qu*il y ait, à cet égard, simulation ou dissimulation : comme nous l'avons déjà fait remarquer, il ne sait indiquer exactement la date de l'accident ; de plus, quand on lui demande de désigner le lieu où il demeure actuellement, il hésite, mais presque aussitôt, il tire de sa poche un papier où son adresse est inscrite, et nous nous sommes assurés que le renseignement est exact. Nous n*avons donc aucune bonne raison pour douter de la véracité de son récit.

Revenant sur les circonstances de l'accident, il prétend qu'au moment où celui-ci s'est produit, il a entendu un bruit de craquement qui lui paraissait avoir pour siège son avant-bras gauche, mais il affirme qu'à ce moment, il n'a éprouvé aucune douleur, ni le jour même de la chute, ni les jours qui l'ont suivi. Non-seulement il n'éprouvait dans le bras aucune douleur en ce moment-là, mais, de plus, il déclare qu'il ne « sentait pas ce membre, » que celui-ci « était comme mort, » ou encore « comme absent, de l'épaule jusqu'au bout des doigts; » « au lieu d'un bras, ajoute-t-il, il me semblait, de ce côté, porter un poids de quarante livres. »

CiiARCOT. Œuvres complètes, t. m, Syxtè ue nerveux. 26

40} XOKOPltGIE PAR SLCGtSnO.t

Le membre, d'ailk'urs, jiareit svoir élé abâuIumentSuw;! on pouvait le mouvoir dans luutes les directioDs, d mouvement volonlaire ii'yélaîl possible.

D'aiirëii ce qui procède, il paraît, pour le moins, trti tnrembluble que les pliénomfrnes qui %e sont produits àittiMi homme, h celte È[<oque, dun» lu membre soumis au tmaD-: ti^mo ont coiu'<if)té àans une ane»lliésie superficielle et |»j fiiiide, avec impui^i^ance motrice absolue, «ans rigïdtU cnUire et que, par conséquent, }\» ont Hè en tout compv^l It ceux que nous avons minulîeuscmcnt 6ludi^g, don; If^'ncédenlc» li'cous, chez nus sujets aiasculins atteints de ms:.-! plagie hy-lfro-traumalique ' ; et à ce propos, je vous nffr lerai, M^sêiieur», cumtuent cliez plusieurs individus hypnft lés. noH^ somme» parvenus k produire, pendant la pcn» eumnaniliulique, ce mtme genre de paralysie, en appli^joiï un coup de poing d'inlen^iit* modérée sur la partie supérififl' du iiifiiibre. La seusalioii d<iig(turdissenient, d'aliîOiM ; membre, de faiblesse eiiiiu, qui se produisent à la suiie ik choc reçu par le membre, seraient, en pareil cas, comm^iiui les cas où ces mûmes phùDomènes *e produisent en M* de l'iiypnotisme, le point de départ de la suggestion quii pour etlel dedéveinpper la parésie déjà ébauchée en quflm Borle par le Tait mi'ime de la coiilusion et, en la compiéljn de l'élablir d'une f^çon définitive. Telle est du moins la l!i» rie que je vous ai proposée, vous ne l'avez pas oublit, poï l'interprélalion des Taits de ce genre '.

Je ne suis pas fAché, Messieurs, de relever, puisque l'o-tssion s'en présente, que ces troubles sensilifs et moteurs *i^' lesquels j'appelle iii votre attention et qui se produisent ^u les membres soumis à une conlusîon, n'appartiennenl pi-

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